AVANT-PAPIER-Le pape devrait attirer les foules aux Etats-Unis

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par Scott Malone BOSTON, Massachusetts, 21 septembre (Reuters) - Le pape devrait attirer de nombreux fidèles et curieux séduits par son message d'ouverture et d'humilité à l'occasion de sa première visite aux Etats-Unis. Après trois jours passés à Cuba, François est attendu mardi à Washington, où il sera accueilli par le président Barack Obama et le vice-président Joe Biden, et passera six jours dans le pays. Il s'adressera aux deux chambres du Congrès (le 24 septembre), à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York (le 25) et présidera une messe en plein air à Philadelphie (le 27) à laquelle pourraient assister 1,5 million de personnes, avant de regagner le Vatican lundi prochain. "Il faut s'attendre à quelques surprises. Je pense que ce pape est un modèle de contrastes", déclare Thomas Groome, directeur du centre pour l'Eglise du XXIe siècle au Boston College. "Au lieu de se focaliser sur la rigueur et le légalisme, il insiste sur la pitié et la compassion." Depuis son élection en mars 2013, François s'est distingué de ses prédécesseurs en prenant position contre le réchauffement climatique, en s'exprimant fréquemment contre les excès du capitalisme ou en appelant de ses voeux une Eglise plus tolérante, à l'égard des couples divorcés par exemple. Ce discours, couplé au respect du dogme sur des sujets comme l'avortement ou l'homosexualité, est populaire auprès des Américains, même s'il froisse une partie des conservateurs. Un sondage Gallup paru en juillet montrait que 59% des Américains voyaient le pape sous un jour favorable, une popularité que peuvent lui envier Barack Obama ou le Congrès. C'est toutefois moins qu'en février 2014, quand le Saint-Père atteignait un pic à 76% d'opinions favorables. Cette baisse s'explique en partie par le désaveu de la frange conservatrice des catholiques américains, désarçonnés par certaines de ses prises de position. Ces catholiques conservateurs sont plus souvent susceptibles de voter républicain mais ce lien est loin d'être automatique tandis que dans le camp démocrate, on se garde bien de considérer le souverain pontife comme un allié. "Le pape est une personnalité très indépendante, il est impossible de savoir à l'avance ce qu'il va dire", résume Charlie Kupchan, directeur des affaires européennes à la Maison blanche. "Il y aura certainement des messages avec lesquels nous serons respectueusement en désaccord." L'administration Obama n'en espère pas moins que les messages de François sur la lutte contre la pauvreté ou le réchauffement climatique feront écho à ses propres desseins. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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