AVANT-PAPIER-La réunion du G20 suscite peu d'espoirs de coordination

le , mis à jour à 13:49
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 (Actualisé avec déclaration d'un responsable allemand §§10-11) 
    par John Ruwitch et Pete Sweeney 
    SHANGHAI, 24 février (Reuters) - La réunion des ministres 
des Finances et des banquiers centraux du G20 vendredi et samedi 
à Shanghaï, en Chine, risque de décevoir ceux qui en espèrent un 
grand plan concerté de relance de l'économie mondiale et 
d'apaisement sur les marchés financiers. 
    Aux yeux de certains, la situation actuelle, avec une 
demande mondiale obstinément atone, des Bourses en baisse et une 
volatilité sur le marché des changes, est comparable à celle 
d'avril 2009.  
    A cette époque, au paroxysme de la crise économique et 
financière mondiale, les ministres du G20 s'étaient entendus sur 
des mesures coordonnées pour éviter au monde de sombrer dans une 
dépression généralisée. 
    Le souvenir des Accords du Plaza, qui ont mis fin en 1985 au 
raffermissement continu du dollar, est aussi invoqué pour 
plaider en faveur d'une meilleure coordination au sein du G20. 
    Mais ces Accords du Plaza avaient été conclus entre cinq 
grandes puissances industrielles quand il faut aujourd'hui 
tenter de s'entendre entre 20 pays aux profils variés et aux 
intérêts divergents menant parfois des politiques monétaires 
opposées, comme entre les Etats-Unis d'une part et la zone euro 
et le Japon d'autre part. 
    "Les marchés financiers ont besoin d'un revigorant mais nous 
ne nous attendons pas à un accord du type Plaza", dit un 
responsable japonais. "Il n'y a pas de recette magique." 
    La Chine, qui préside le G20 cette année, a érigé en "tâche 
urgente" le renforcement de la coordination politique et la 
lutte contre les "débordements négatifs" des mesures prises 
individuellement, alors qu'elle est elle-même soupçonnée d'avoir 
contribué à la déstabilisation en pilotant depuis l'été dernier 
une dépréciation du yuan. 
    D'autres, tels les Etats-Unis et le Japon, comptent insister 
sur des mesures budgétaires de soutien à l'activité pour 
relancer l'économie mondiale. 
    "Le tableau global est moins rose qu'il y a un an", juge un 
responsable italien s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, 
selon lequel la réunion de fin de semaine "ne débouchera 
probablement sur aucune réponse de court terme à la crise". 
    Côté allemand, on s'attend à des "discussions intenses" sur 
l'affaiblissement des perspectives de croissance mondiale, tout 
en soulignant la reprise modérée en Europe. 
    "C'est pourquoi l'Europe ne sera pas au coeur des attentions 
en ce qui concerne les perspectives économiques", a dit un 
responsable allemand ayant requis l'anonymat. 
    Cette absence d'initiative au niveau politique alimente les 
craintes d'une récession. 
    "Nous sommes préoccupés par le fait que, si l'on assiste à 
un désordre financier durable, à un renforcement de l'aversion 
au risque, à une poursuite de la chute des actifs risqués, à de 
nouvelles turbulences, en particulier en Chine, cela pourrait 
être suffisant pour faire basculer l'économie mondiale du côté 
de la récession", avertit Charles Collyns, chef économiste à 
l'Institut de la Finance internationale (IIF). 
 
 (Avec Tetsushi Kajimoto à Tokyo, Gavin Jones à Rome, Michael 
Nienaber à Berlin et David Lawder à Washington; Bertrand Boucey 
pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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