AVANT-PAPIER-La Fed confortée dans sa politique de normalisation

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    par Lindsay Dunsmuir 
    WASHINGTON, 11 mars (Reuters) - Le rebond des marchés 
financiers après les remous du début d'année et des indicateurs 
économiques qui ont dissipé les craintes d'une rechute en 
récession de l'économie américaine conforte le scénario avancé 
par la Réserve fédérale elle-même d'un relèvement graduel des 
taux d'intérêt. 
    "Les marchés financiers ont été pendant un moment 
complètement à côté de la plaque, partant dans tous les sens et 
se focalisant sur des choses qui finalement ne se sont pas 
révélées être de véritables risques", a dit Torsten Slok, 
économiste de la Deutsche Bank. 
    Lorsque la Fed a relevé l'objectif du taux des fonds 
fédéraux en décembre pour la première fois depuis une décennie, 
les hypothèses d'évolution des taux de ses responsables 
monétaires, les "dot plots", annonçaient quatre relèvements 
cette année. Les marchés tablaient alors sur trois hausses. 
    Aucun relèvement n'est attendu à l'issue de la réunion de 
son comité de politique monétaire qui se déroulera les 15 et 16 
mars mais les "dot plots" pourraient ne plus annoncer que trois 
hausses d'ici la fin de l'année. 
    Il y a encore quinze jours, les marchés ne tablaient sur 
aucun relèvement en 2016. Les futures sur les fonds fédéraux 
montrent qu'il est en désormais attendu un, selon une analyse 
réalisée par le CME. 
     
    REBOND DES MARCHES ET INDICATEURS ROBUSTES 
    L'indice S&P 500  .SPX  a chuté de près de 10% entre le mois 
de janvier et la mi-février du fait de craintes renouvelées sur 
l'ampleur du ralentissement chinois et la solidité de la reprise 
économique mondiale, et de la chute des cours du pétrole.  
    Le décrochage de Wall Street pouvait avoir des conséquences 
négatives sur l'économie américaine en entraînant un 
durcissement des conditions financières. Cette inquiétude s'est 
dissipée avec la bonne tenue du marché de l'emploi et de la 
consommation des ménages. 
    L'économie américaine a créé 242.000 emplois le mois 
dernier, bien plus qu'attendu, et à 4,9% le taux de chômage est 
proche d'une situation de plein emploi. Depuis 2010, pas moins 
de 14,3 millions d'emplois ont été créés dans le secteur privé. 
    La consommation des ménages, qui représente les deux tiers 
de l'économie américaine, s'est aussi raffermie, enregistrant en 
janvier sa plus forte progression en dix mois. 
    Le S&P 500 a rebondi de 9,5% par rapport à son plus bas de 
deux ans atteint le 11 février et le rendement des Treasuries à 
10 ans  US10YT=RR  est remonté de 35 points de base à 1,90%. 
    La perception des investisseurs sur les perspectives 
d'inflation et leur goût du risque se sont aussi améliorés. Les 
anticipations d'inflation à cinq ans se sont redressées à 1,7% 
la semaine dernière, au plus haut depuis janvier, avant de 
rechuter à 1,59% cette semaine. 
    La prime de risque des obligations spéculatives par rapport 
aux Treasuries a baissé de 150 points de base cette semaine, à 
un peu plus de 7%, au plus bas depuis deux mois, montre l'indice 
correspondant calculé par Bank of America Merrill Lynch. 
    Le cours du baril de Brent  LCOc1  a bondi à près de 40 
dollars, en hausse de 45% par rapport au plus bas de 12 ans 
touché il y moins de deux mois. 
    Les responsables monétaires comptent sur la dissipation des 
effets de la chute des cours du pétrole sur l'évolution des prix 
pour espérer un retour progressif de l'inflation vers l'objectif 
de 2% de la banque centrale. 
    La Fed a dit en décembre que les hausses de taux 
dépendraient à l'avenir des progrès constatés sur l'inflation, 
qui est inférieure à l'objectif depuis quatre ans. L'inflation 
de base est remontée à 1,7% en glissement annuel en janvier, au 
plus haut depuis juillet 2014. 
    Lors de la réunion du comité de politique monétaire du mois 
de janvier, la Fed, contrairement à son habitude, n'avait pas 
fait état dans son communiqué de son évaluation des risques 
pesant sur l'économie. Elle pourrait y revenir la semaine 
prochaine, estiment les économistes qui suivent tout 
particulièrement sa politique. 
    Au vu des progrès de l'inflation, le communiqué pourrait 
aussi refléter le souhait de la Fed de ne pas apparaître trop en 
décalage face à la réalité du marché.  
    "Je crois vraiment qu'ils veulent envoyer le message au 
marché que ce (la hausse des taux) n'est pas terminé", a dit 
Beth Ann Bovino, économiste de Standard & Poor's pour les 
Etats-Unis. "Ce n'est pas un 'fusil à un coup' comme cela a pu 
être dit."     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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