AVANT-PAPIER-La croissance chinoise attendue stable à 6,7% au T3

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    * Les résultats de l'enquête cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=CNGDP%3DECI 
    * Croissance attendue de 6,7% sur un an au T3, comme au T2 
    * Du mieux attendu dans les statistiques de septembre 
    * Inquiétudes sur le marché immobilier 
 
    par Kevin Yao 
    PEKIN, 17 octobre (Reuters) - L'économie chinoise devrait 
avoir enregistré au troisième trimestre une croissance du même 
ordre que celle des six mois précédents, la hausse des dépenses 
publiques et le boom de l'immobilier permettant de compenser la 
faiblesse persistante des exportations. 
    Cinquante-huit économistes interrogés par Reuters prévoient 
en moyenne une hausse de 6,7% sur un an du produit intérieur 
brut (PIB) en juillet-septembre, comme au premier semestre. 
    La statistique sera publiée mercredi à 02h00 GMT. 
    La croissance devrait ainsi rester à son plus bas niveau 
depuis la crise financière, en dépit des efforts du gouvernement 
pour relancer la deuxième économie mondiale par des dépenses 
d'infrastructures et un accès facilité au crédit. 
    Dans ce contexte, les économistes s'inquiètent de voir 
l'économie de plus en plus tributaire des dépenses publiques 
tandis que le marché immobilier montre des signes de surchauffe. 
    Le Premier ministre, Li Keqiang, a affirmé cette semaine que 
l'économie avait enregistré des performances meilleures 
qu'attendu au troisième trimestre grâce à un rebond de la 
production industrielle, des bénéfices des entreprises et de 
l'investissement.  
    Il a ajouté que la situation de la dette était "sous 
contrôle". Ce risque est devenu important en Chine avec un 
endettement qui représente à présent 250% du PIB.  
    La Banque des règlements internationaux a récemment mis en 
garde contre le risque d'une crise bancaire dans les trois ans à 
venir en raison d'une croissance excessive du crédit. 
    Par rapport au deuxième trimestre, les économistes 
interrogés par Reuters ont dit tabler en moyenne sur une 
croissance de 1,8%, identique à celle des trois mois précédents. 
Seuls 15 d'entre eux ont toutefois répondu à cette question. 
    Des chiffres meilleurs que prévu mercredi seraient 
probablement bien accueillis par les marchés mondiaux, notamment 
ceux des matières premières, qui ont bénéficié depuis le début 
de l'année de la hausse des importations chinoises de pétrole et 
d'autres ressources nécessaires à son secteur de la 
construction, de nouveau en plein essor. 
    A l'inverse, une statistique inférieure aux attentes ferait 
craindre une augmentation des sorties de capitaux et 
augmenterait la pression sur le yuan  CNY=CFXS , tombé récemment 
à son plus bas niveau depuis six ans.  
    Elle pourrait aussi dissuader Pékin de poursuivre sur la 
voie de réformes politiquement sensibles visant à réduire les 
surcapacités industrielles et les niveaux d'endettement. 
     
    CORRECTION DANS L'IMMOBILIER 
    Avant même les inquiétudes sur la dette, les économistes 
conviennent que le risque le plus important à court terme est 
celui d'une correction du marché immobilier, qui représente 
environ 15% du produit intérieur brut.  
    Plus d'une dizaine de villes ont imposé ou durci ces 
dernières semaines des restrictions sur les achats immobiliers 
pour tenter de contenir l'envolée des prix.   
    "Nous ne pensons pas que la correction qui s'annonce des 
prix immobiliers sera une source importante d'instabilité 
financière, mais elle aura un impact économique", ont écrit les 
analystes de Capital Economics dans une note de recherche. 
    "C'est une des raisons pour lesquelles nous pensons qu'après 
son récent redressement, l'activité économique va de nouveau 
commencer à ralentir l'an prochain." 
    Les chiffres du commerce extérieur du mois de septembre 
publiés jeudi dernier, avec une chute de 10% des exportations et 
un recul inattendu des importations, ont fait craindre que la 
stabilisation de la croissance chinoise ne soit que temporaire. 
  
    Ceux de la production industrielle, des ventes au détail et 
de l'investissement en septembre, qui seront publiés en même 
temps que le PIB mercredi, pourraient toutefois montrer des 
signes d'amélioration. 
    La production industrielle est ainsi prévue en hausse de 
6,4% par rapport à septembre 2015, grâce notamment à l'industrie 
sidérurgique, tandis que les ventes au détail pourraient avoir 
augmenté de 10,6% sur un an, comme en août. 
    Les investissements en actifs fixes sont pour leur part 
attendus en progression de 8,2% en rythme annuel sur la période 
janvier-septembre, après +8,1% sur les huit premiers mois de 
l'année, tout en restant à leur plus bas niveau depuis décembre 
1999. 
    Cette hausse devrait être due pour l'essentiel aux dépenses 
publiques, comme c'est le cas depuis le début de l'année. 
L'investissement privé n'a augmenté que de 2,1% sur 
janvier-août, le taux le plus faible jamais enregistré. 
    Le gouvernement vise une croissance comprise entre 6,5% et 
7,0% pour l'ensemble de 2016. Elle avait été de 6,9% en 2015, 
son plus faible niveau depuis un quart de siècle.  
    L'enquête de Reuters donne une croissance de 6,6% en 2016, 
qui ralentirait encore à 6,5% en 2017. 
 
 (avec Shaloo Shrivastava à Bengalore pour l'enquête, Véronique 
Tison pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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