AVANT-PAPIER-La crise migratoire dominera le conseil franco-allemand de Metz

le
0
    * XVIIIe conseil des ministres franco-allemand 
    * Hollande et Merkel évalueront les politiques migratoires 
    * Grèce et construction européenne également au menu 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 6 avril (Reuters) - François Hollande, Angela Merkel 
et une partie des gouvernements français et allemand se 
retrouvent jeudi à Metz pour un 18e sommet franco-allemand 
notamment consacré à la crise des migrants, gérée de façon 
disparate par les deux pays. 
    Le scandale des "Panama Papers", fichier répertoriant des 
milliers de personnes ayant recouru à des montages offshore pour 
dissimuler leurs actifs, sera aussi abordé par les dirigeants et 
leurs ministres des Finances, qui plaideront pour un 
renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale.  
    En amont de ce conseil, François Hollande a accordé un long 
entretien au tabloïd allemand Bild, où il affiche sa fermeté sur 
la crise des réfugiés, face à laquelle il regrette que "l'Europe 
ait tardé".  
    "Je sais l'effort réalisé par l'Allemagne et je salue la 
solidarité dont elle fait preuve", dit-il. "Elle devra consacrer 
à l'accueil et à l'intégration des réfugiés des moyens 
importants. Mais il ne pouvait être question de reproduire en 
2016 ce qui s'était passé en 2015". 
    L'Allemagne a accueilli des centaines de milliers de 
migrants tandis que la France, qui s'est engagée en septembre à 
recevoir 30.000 réfugiés syriens et irakiens sur deux ans en 
provenance de pays comme l'Italie et la Grèce, n'en a pour 
l'instant accepté que quelques centaines. 
    "Je tiendrai parole", dit le président dans Bild à ce sujet. 
"Mais il y a des migrants qui viennent en France par d'autres 
moyens. En 2015 nous avons eu une augmentation par ailleurs du 
nombre de demandeurs d'asile, avec près de 80.000 personnes 
accueillies en France à ce titre".  
     
    LUTTER CONTRE L'ÉVASION FISCALE  
    A ses yeux, "la réponse ne peut être qu'européenne. Sinon ce 
sera la fin de Schengen et le retour aux frontières nationales, 
c'est-à-dire une régression historique. Ce risque était réel 
jusqu'à ces derniers jours".  
     Angela Merkel et François Hollande jaugeront l'application 
du récent accord passé entre l'Union européenne et la Turquie, 
qui s'est engagée à reprendre les migrants arrivés en Grèce 
depuis le 20 mars, y compris les Syriens. Ankara a notamment 
obtenu en contrepartie que l'Union prenne directement en charge 
des Syriens réfugiés en Turquie.  
    "Ce mécanisme de répartition ne peut véritablement marcher 
que s'il y a un véritable contrôle de nos frontières 
extérieures", dit François Hollande dans Bildt.  
    France et Allemagne continuent également d'oeuvrer de 
concert pour aider la Grèce à sauver son économie, en vertu de 
l'accord trouvé l'été dernier, et réfléchissent ensemble aux 
moyens de relancer la construction européenne, en particulier au 
sein de la zone euro. 
    L'avenir de l'Union est pour l'heure suspendue au référendum 
britannique du 23 juin sur le maintien, ou non, du royaume au 
sein de l'UE.  
    "Le choix que fera le peuple britannique aura un impact pour 
l'Europe, et les initiatives futures devront intégrer ce 
contexte", rappelle un diplomate à Paris. 
    François Hollande se dit quant à lui "favorable, au 
lendemain de cette consultation, à une initiative pour que les 
pays qui veulent aller plus vite et plus loin dans l'intégration 
puissent le faire." 
    Le volet diplomatique du conseil organisé au palais du 
gouverneur de Metz abordera les conflits en cours, en Syrie, en 
Libye, en Ukraine, mais aussi au Haut-Karabakh, région 
séparatiste d'Azerbaïdjan peuplée majoritairement d'Arméniens, 
où des violences ont repris ces derniers jours.   
    Au coeur d'une actualité marquée par le scandale des "Panama 
Papers", le conseil franco-allemand devrait redire l'importance 
de lutter contre l'évasion fiscale au niveau européen.   
    "Les informations de ces derniers jours montrent que ce 
n'est pas fini", souligne un diplomate français, évoquant une 
"position commune" franco-allemande sur le sujet et un travail 
"dans les semaines qui viennent pour poursuivre l'agenda déjà 
décidé, et le renforcer." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant