AVANT-PAPIER-La BoJ s'orienterait vers le statu quo

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par Leika Kihara TOKYO, 26 octobre (Reuters) - L'incertitude prévaut concernant l'issue de la réunion de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) de vendredi, d'autant plus que la série d'indicateurs macroéconomiques à l'agenda cette semaine devraient peser sur sa décision, mais l'hypothèse d'un statu quo reste légèrement privilégiée. Le scénario de la BoJ selon lequel le pays est sur la voie d'une accélération de l'inflation vers l'objectif de 2% semble compromis, alors que la troisième économie mondiale est menacée de récession du fait de la faiblesse de ses exportations. Selon des sources au fait du dossier, la banque centrale nippone devrait commencer à revoir en baisse ses anticipations de croissance et d'inflation pour l'exercice budgétaire en cours dans son rapport semestriel sur ses prévisions économiques, également attendu vendredi. ID:nL8N12N1DC En revanche, elle devrait à peine diminuer sa projection d'une inflation de 1,9% pour l'exercice budgétaire qui s'ouvrira le 1er avril prochain, ce qui suggère que l'inflation pourrait atteindre l'objectif fixé sans qu'une accélération de son programme massif de rachats d'actifs soit nécessaire. L'objectif d'une inflation de 2% devrait en revanche probablement être atteint avec quelques mois de retard par rapport à la date espérée de septembre 2016. Mais selon des responsables de la BoJ, un tel délai ne justifie pas une accélération immédiate des rachats d'actifs puisque le freinage de l'inflation résulte principalement de la chute des prix du pétrole et non d'une faiblesse de l'économie. Le gouverneur de la BoJ Haruhiko Kuroda a écarté l'éventualité d'un prochain assouplissement supplémentaire, dans la mesure où le resserrement du marché de travail devrait soutenir les salaires et donc alimenter la consommation. Par ailleurs, l'absence de pression du gouvernement sur l'institut d'émission peut donner à penser que celui-ci va épargner des ressources monétaires somme toutes limitées. "Il y a une limite à ce que la politique monétaire peut faire pour stimuler les prix", a déclaré vendredi le ministre des Finances Taro Aso, suggérant que de nouvelles mesures de soutien monétaire seraient pour le moment superflues. Selon Mari Iwashita, de SMBC Friend Securities, "la BoJ devrait probablement maintenir sa prévision d'une reprise modérée de l'économie" et par conséquent "maintenir sa position inchangée en termes de politique monétaire même si elle abaisse ses prévisions de croissance et d'inflation". Certains intervenants de marché estiment au contraire que la multiplication des signes de faiblesse de l'économie pourrait encourager la banque centrale à agir. Selon eux, les différents indicateurs au programme cette semaine, dont les chiffres de septembre de la production industrielle, attendus jeudi, pourraient renforcer les inquiétudes autour des perspectives de redressement de l'économie japonaise et donc faire pencher la balance en faveur d'un nouvel assouplissement. "Il ne fait aucun doute que l'économie est plutôt en mauvais état, donc il serait logique que le BoJ décide d'un assouplissement vendredi", estime Yoshiki Shinke, de Dai-ichi Life Research Institute. Globalement, les économistes sont partagés sur la décision qu'adoptera la BoJ. Sur les treize experts interrogés, six s'attendent à une accélération des rachats d'actifs. (Myriam Rivet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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