AVANT-PAPIER-La BoJ devrait observer le statu quo malgré le yen

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    par Leika Kihara 
    TOKYO, 13 juin (Reuters) - La nouvelle poussée du yen 
observée depuis quelques jours, évolution dommageable pour les 
exportateurs japonais, est susceptible d'être un élément de 
contrariété supplémentaire pour la Banque du Japon, mais cette 
dernière devrait s'abstenir à ce stade de toute mesure 
supplémentaire de soutien à l'économie. 
    La Banque du Japon (BoJ) est l'une des quatre grandes 
banques centrales internationales qui réunissent cette semaine 
leurs comités de politique monétaire. Celle de la BoJ couvrira 
les deux journées des 15 et 16 juin. 
    La Réserve fédérale américaine annoncera sa décision de 
politique monétaire le 15 juin, à l'issue d'une réunion de deux 
jours. La Banque d'Angleterre et la Banque nationale suisse 
(BNS) publieront leur décision le 16 juin. 
    Un statu quo est attendu partout étant donné la prudence de 
rigueur avant les résultats du référendum de 23 juin organisé en 
Grande-Bretagne sur le futur du pays au sein de l'Union 
européenne. 
    Pour la Banque du Japon, un "Brexit" est la plus importante 
source d'inquiétude à court terme. La vive poussée du yen, une 
des principales valeurs refuge par temps d'incertitudes, 
s'explique largement par l'imminence du référendum. 
    Vers 09h40 GMT, la devise japonaise progresse de quelque 1% 
face au dollar, ce qui porte son avance depuis le début de 
l'année à 13,6%. 
    Mais le problème plus grave auquel est confrontée la BoJ est 
le retour dans le rouge de l'inflation de base au Japon en dépit 
de trois années d'un programme d'assouplissement quantitatif : 
les prix à la consommation ont reculé en avril (-0,3%) pour le 
deuxième mois de suite dans l'archipel, selon les dernières 
statistiques disponibles.  ID:nL5N18O0KB  
    Certains craignent que le Japon retombe dans le phénomène de 
déflation qui a étranglé pendant des années la croissance de la 
troisième économie mondiale. 
     
    ASSOUPLISSEMENT ATTENDU EN JUILLET 
    Il y a près d'un mois, Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la 
BoJ, a dit que la banque centrale n'hésiterait pas à assouplir 
encore sa politique monétaire si les fluctuations des marchés, 
changes compris, remettaient en cause son objectif d'atteindre 
un taux d'inflation de 2%.  ID:nL5N18G4R9  
    Mais les doutes émanant de nombre d'investisseurs, y compris 
étrangers, sur la possibilité pour la BoJ d'aller encore plus 
loin dans l'assouplissement quantitatif ou de pousser plus en 
avant le taux de dépôt au jour le jour en territoire négatif, 
compliquent la tâche de l'institut d'émission. 
    Selon une enquête publiée vendredi par Reuters, la Banque du 
Japon observera le statu quo ce mois-ci mais elle assouplira à 
nouveau sa politique monétaire en juillet, pour tenter une fois 
de plus de relancer l'inflation vers son objectif de 2%. 
 ID:nL8N1921JT  
    Lors de sa réunion de politique monétaire d'avril, la Boj a 
repoussé cet objectif à mars 2018 au plus tard.  ID:nL5N17V30A  
    Certains membres du conseil de politique monétaire de la 
BoJ, dont Takehiro Sato, se sont déjà publiquement interrogés 
sur la possibilité pour la banque centrale de s'en tenir à cet 
objectif. 
    Aux yeux des économistes, un assouplissement monétaire est 
plus probable à l'issue de la réunion des 28 et 29 juillet parce 
que le référendum du 23 juin en Grande-Bretagne sera passé ainsi 
que les élections sénatoriales du Japon prévues le 10 juillet. 
    La Banque du Japon, qui réactualisera à l'occasion de sa 
réunion de fin juillet ses prévisions de croissance et 
d'inflation, aura également eu le temps d'intégrer d'autres 
éléments, dont son rapport trimestriel sur la confiance des 
grandes entreprises du pays, le "tankan" dont la publication est 
prévue le 1er juillet. 
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 
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