AVANT-PAPIER-La BCE pourrait agir préventivement sur ses rachats d'actifs

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    par Dhara Ranasinghe 
    LONDRES, 5 septembre (Reuters) - La légère remontée des 
rendements des obligations souveraines dans la zone euro a 
allégé la pression sur la Banque centrale européenne mais il 
n'est pas exclu que la BCE agisse de manière préventive cette 
semaine pour faire face au risque de raréfaction des titres 
éligibles à son vaste programme d'assouplissement quantitatif 
(QE). 
    Après avoir chuté rapidement et fortement dans la foulée du 
vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne le 
23 juin, les rendements obligataires dans la zone euro ont 
redressé la tête ces dernières semaines: le rendement à 10 ans 
du Bund allemand est remonté de 15 points de base depuis son 
creux historique touché en juillet et ses homologues français, 
néerlandais ou encore finlandais sont 7 à 9 points de base 
au-dessus de leurs plus bas record. 
    La BCE a ainsi retrouvé un peu de marge de manoeuvre pour 
ses rachats d'actifs, un programme de 80 milliards d'euros par 
mois destiné à redresser l'activité et l'inflation dans la zone 
euro et censé expirer en mars 2017. 
    La BCE pourrait en profiter pour assouplir les règles 
qu'elle s'est fixées lui interdisant d'acheter des titres au 
rendement inférieur à son taux de dépôt, actuellement négatif à 
-0,40%, et d'acquérir plus de 33% d'une ligne obligataire 
spécifique. 
    "Même pour la Finlande, à ce niveau de rendements, la (BCE) 
peut probablement encore en acheter pendant cinq ou six mois. 
Une nouvelle baisse des rendements pourrait toutefois rapprocher 
cette horizon, donc la BCE pourrait vouloir agir de manière 
préventive", écrivent les analystes de Société générale dans une 
note. 
    Alors que l'Allemagne est le principal émetteur de la zone 
euro, environ 57% des obligations souveraines allemandes ne sont 
pas éligibles au QE car leur rendement est inférieur au taux de 
dépôt de la BCE, selon le gestionnaire suisse de fortunes 
Pictet. 
    D'après Nordea, la BCE pourrait ne plus trouver de titres 
éligibles aux alentours de la fin de l'année si elle n'assouplit 
pas ses propres règles. 
    Les analystes ne s'attendent pas en revanche à ce que le 
conseil des gouverneurs de la BCE qui se réunit jeudi modifie la 
clé de répartition de son QE, qui définit la quantité de dette 
souveraine des pays de la zone euro qu'elle peut acquérir en 
fonction de leur poids respectif dans son capital. 
    Les taux ne devraient pas non plus être modifiés bien que 
l'inflation reste nettement inférieure à l'objectif de la BCE 
d'une hausse des prix légèrement inférieure à 2%. 
    "Il y a déjà eu 1.000 milliards d'euros dépensés dans le 
programme de rachats d'actifs et l'inflation est toujours 
faible, il faut donc qu'il se passe quelque chose", dit Matthew 
Cairns, chargé de la stratégie chez Rabobank. 
     
    Voir aussi l'ENQUETE de Reuters sur la politique monétaire 
de la BCE:   
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
 
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