AVANT-PAPIER-La Banque d'Angleterre s'apprête à baisser ses taux

le
0
    * La BoE réagit aux effets du vote en faveur du Brexit 
    * La première baisse de taux depuis 2009 se profile 
    * Des mesures de soutien à la croissance attendues 
 
    par David Milliken 
    LONDRES, 1er août (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) 
devrait annoncer jeudi qu'elle baisse ses taux d'intérêt pour la 
première fois depuis 2009 pour tenter d'atténuer les effets 
néfastes sur l'économie britannique du référendum du 23 juin. 
    La victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de 
l'Union européenne a provoqué un ralentissement marqué que la 
banque centrale n'a rien fait pour atténuer lorsqu'elle a 
surpris les marchés en décidant le mois dernier de laisser ses 
taux inchangés. 
    La BoE avait laissé entendre alors qu'elle préparait un 
ensemble de mesures de stimulation sur lesquelles elle pourrait 
lever le voile à l'issue de la réunion de politique monétaire 
qui se tiendra jeudi. 
    Les indicateurs peu rassurants se multiplient depuis le vote 
en faveur du Brexit avec notamment l'annonce, lundi, d'une forte 
contraction de l'activité du secteur manufacturier en juillet. 
  
    Si le principe d'une baisse des taux semble acquis, les 
décideurs monétaires sont divisés sur l'ampleur à donner aux 
mesures de soutien à la croissance, tous ne partageant pas la 
position de l'économiste en chef de la BoE, Andrew Haldane, en 
faveur d'une action "rapide et musclée".   
    La quasi-totalité des économistes interrogés par Reuters 
s'attendent à ce que la banque centrale ramène son taux 
d'intervention de 0,5% à 0,25% le 4 août et certains tablent 
même sur un taux zéro. 
     
    DAVANTAGE D'INFLATION, MOINS DE CROISSANCE 
    Le consensus donne un taux d'intervention à 0,25% au moins 
jusqu'à la fin 2018, alors qu'une enquête menée avant le 
référendum le voyait à 1,5% dans le même laps de temps. 
    Une nette majorité des économistes table aussi sur une 
relance du programme d'assouplissement quantitatif (QE), 
probablement dès jeudi. La médiane des prévisions donne un 
montant de 80 milliards de livres supplémentaires à ce programme 
qui représente 375 milliards déjà dépensés. 
    La BoE dévoilera par ailleurs jeudi ses dernières prévisions 
en matière d'inflation et de croissance.  
    La hausse des prix est désormais jugée susceptible de 
dépasser l'objectif de 2% de la banque centrale dès l'an 
prochain, sous l'effet notamment de la baisse du sterling, qui 
alourdit la facture des importations. 
    La croissance devrait pour sa part être revue à la baisse, 
la question étant de savoir si la BoE prédira un simple 
ralentissement ou bien une récession. 
    La prévision de croissance médiane des économistes 
interrogés par Reuters pour 2017 est tombée à 0,6% seulement, 
moins d'un tiers du chiffre de 2,1% attendu avant le référendum 
du 23 juin. Le produit intérieur brut (PIB) britannique devrait 
stagner sur le trimestre en cours et se contracter de 0,1% sur 
le prochain, toujours selon l'enquête Reuters. 
      
 
 (Patrick Vignal pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant