AVANT-PAPIER-L'Union européenne se penche sur les moyens d'éviter un "Brexit"

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    * Premier échange de fond au Conseil sur le projet de 
référendum 
    * Un accord avec Cameron espéré d'ici février 
    * La question des prestations sociales domine les débats 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 16 décembre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union 
européenne auront jeudi soir leur première discussion de fond 
sur les réformes réclamées par le Premier ministre David Cameron 
pour convaincre son opinion de voter pour le maintien de son 
pays parmi les Vingt-Huit. 
    Ils espèrent pouvoir jeter d'ici le Conseil européen de 
février les bases d'un accord permettant au Premier ministre 
britannique de lancer, en prônant le "oui", sa campagne sur le 
référendum qu'il a promis d'organiser d'ici 2017.   
    Les discussions, qui ont commencé au printemps après la 
victoire des conservateurs aux législatives, n'avaient jusqu'à 
présent été qu'effleurées, tant les partenaires européens du 
Royaume-Uni redoutent de jeter de l'huile sur le feu, le but de 
tous étant d'éviter tant que faire se peut un "Brexit".  
    Un haut diplomate britannique insiste sur l'oreille 
compréhensive dont bénéficie le Royaume-Uni à Berlin et à Paris, 
qui s'efforcent selon lui de trouver une solution. 
    "C'est la première fois qu'il y aura (jeudi) dans ce format 
une discussion politique à Vingt-Huit sur le fond des sujets", 
dit un diplomate français. "Cela permettra au Premier ministre 
britannique de présenter ses arguments au Conseil européen, et 
aux chefs d'Etat et de gouvernement de réagir." 
    "Si on peut obtenir un accord en février, c'est le mieux", 
ajoute-t-il, évoquant d'ici là un "travail de rédaction 
minutieux car les demandes britanniques sont assez larges et les 
questions juridiques "difficiles à résoudre".  
    De l'avis général, la principale pierre d'achoppement 
concerne les prestations sociales dont bénéficient les 
ressortissants étrangers venant travailler au Royaume-Uni.  
    C'est sur ce point, écrit le président du Conseil Donald 
Tusk dans une lettre adressée début décembre aux dirigeants 
européens, que la discussion est "la plus délicate et 
nécessitera un débat politique de fond lors du Conseil" européen 
de jeudi.  ID:nL8N13W39W  
     
    D'AUTRES SOLUTIONS ? 
    David Cameron réclame que les ressortissants de l'espace 
communautaire soient soumis à une période de carence de quatre 
ans avant de pouvoir prétendre à certaines allocations. 
    Sa porte-parole a démenti dimanche des informations de 
presse évoquant un recul sur ce sujet délicat, a priori 
incompatible avec le droit européen.  ID:nL8N1420FQ  
    Cela reste la proposition, même s'il a fait savoir à ses 
partenaires qu'il était ouvert à d'autres solutions pour arriver 
au même résultat, souligne un diplomate britannique.  
    Le Royaume-Uni a accueilli quelque 300.000 étrangers en 
2014, en immigration nette, contre environ 30.000 en France, 
souligne-t-on de source britannique.  
    Les propositions de David Cameron visent à rendre la 
Grande-Bretagne moins attractive pour les migrants, en 
particulier ceux des pays d'Europe de l'Est membre de l'UE.  
    Mais cela mettrait le Royaume-Uni en violation du droit 
européen sur la libre-circulation des travailleurs et, lors 
d'une tournée en Europe de l'Est, David Cameron a pu se rendre 
compte que sa demande sur les prestations sociales constituait 
un problème épineux pour les gouvernements de ces pays. 
    Les Polonais sont les principaux bénéficiaires des mesures 
de libre circulation depuis l'entrée de leur pays dans l'Union 
en 2004, ainsi, depuis 2007, que les Roumains et Bulgares.  
    D'autres demandes britanniques posent moins de problème, 
comme la revendication d'améliorer la compétitivité de l'Union 
européenne. Londres souhaite aussi une procédure permettant de 
tenir compte des intérêts des pays qui ne sont pas membres de la 
zone euro lorsque l'Eurogroupe prend des décisions et que l'on 
change l'objectif actuel des traités de l'UE, qui est de créer 
une "union sans cesse plus étroite". 
    Selon un sondage publié fin novembre, plus de la moitié des 
Britanniques (52%) souhaitent quitter l'Union européenne.   
    Une sortie constituerait un séisme majeur pour l'UE, étant 
donné le poids économique et stratégique du Royaume-Uni. 
Puissance militaire au même titre que la France, le pays 
représente l'une des économies les plus puissantes du continent 
et l'un des principaux contributeurs au budget de l'Union.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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