AVANT-PAPIER-L'Opep va maintenir le cap malgré la crainte d'un baril à $20

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    par Alex Lawler et Rania El Gamal 
    LONDRES/DUBAI, 25 novembre (Reuters) - L'Organisation des 
pays exportateurs de pétrole (Opep) devrait persister dans sa 
stratégie de défense de ses parts de marché via un maintien de 
ses niveaux de production lors de sa prochaine réunion à Vienne 
le 4 décembre, malgré le coût de cette politique sur les 
finances de ses membres, y compris l'Arabie saoudite. 
    Cette persévérance inquiète néanmoins les membres les plus 
fragiles du cartel, à l'image du Venezuela, qui craignent de 
voir le baril sombrer vers les 20 dollars le baril et expriment 
de plus en plus ouvertement leurs critiques à l'égard de cette 
stratégie. 
    Un revirement de l'Opep ne pourrait cependant survenir que 
si les grands producteurs non membres du cartel, 
particulièrement la Russie, participent à une réduction 
coordonnée de la production mondiale. 
    Si des consultations devraient certes avoir lieu entre 
Moscou et les ministres du Pétrole de l'Opep avant le 4 
décembre, il paraît peu probable qu'elles aboutissent à un 
effort commun. 
    "A moins que les pays non-Opep disent qu'ils sont prêts à 
coopérer, je pense qu'il n'y aura aucun changement", a dit un 
représentant d'un membre de premier plan de l'Opep. "L'Opep ne 
réduira pas toute seule (sa production)." 
     
    RETOUR ATTENDU DE L'IRAN 
    Lors de la dernière réunion semestrielle de l'Opep en juin, 
le ministre saoudien du Pétrole Ali al Naïmi et ses homologues 
des riches monarchies du Golfe dissimulaient à peine leur 
satisfaction. 
    A leurs yeux, la décision prise par l'Opep en novembre 2014 
de défendre ses parts de marché portaient ses fruits alors que 
les cours du pétrole étaient tombés à quasiment 65 dollars le 
baril contre 115 dollars en juin 2014. Depuis, la chute des 
cours s'est poursuivie et le baril de Brent de la mer du Nord 
 LCOc1  se traite aux alentours de 45 dollars. 
    Certains pays membres de l'Opep s'inquiètent de cette 
tendance, d'autant que l'Iran pourrait revenir en force sur le 
marché avec la levée des sanctions internationales à son 
encontre. 
    La banque Goldman Sachs a même évoqué cette année 
l'hypothèse d'un baril de pétrole à moins de 20 dollars en 
raison de la nette surabondance de l'offre par rapport à la 
demande, de la vigueur du dollar et du ralentissement économique 
de la Chine. 
    L'Opep a néanmoins partiellement atteint ses objectifs. Avec 
la faiblesse des cours, la demande mondiale progresse et la 
croissance de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis 
a été brisée. La production des pays hors Opep devrait en outre 
baisser en 2016 pour la première fois en près de 10 ans en 
raison de coupes dans les investissements. 
    Mais la production mondiale demeure supérieure aux besoins 
et même les finances de l'Arabie saoudite, architecte de cette 
stratégie suivie par l'Opep, s'en ressentent. L'agence Standard 
& Poor's a ainsi prédit que son déficit budgétaire devrait 
bondir à 16% du PIB en 2015 contre 1,5% en 2014. 
    Ryad se dit toutefois en mesure de maîtriser cette situation 
et ne semble guère disposer à changer de cap. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraeten) 
 

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