AVANT-PAPIER-L'heure de vérité pour Fillon et Juppé

le
0
    * Le député de Paris en excellente posture 
    * Le maire de Bordeaux a choisi l'offensive 
    * La gauche attend son adversaire pour 2017 
 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - Les électeurs de la droite et 
du centre, qui ont réservé dimanche dernier un plébiscite 
inattendu à François Fillon aux dépens d'Alain Juppé, sont 
appelés à confirmer ou non les résultats du premier tour de la 
primaire après une ultime semaine de campagne marquée par une 
soudaine poussée de fièvre. 
    Ce second tour, organisé dimanche, est crucial aux yeux des 
dirigeants de la droite, persuadés que le vainqueur de ce 
scrutin inédit dans leur histoire aura toutes les chances de 
succéder à François Hollande à l'Elysée. 
    Avec 44,1% des voix obtenus dimanche dernier et le soutien 
de toute la Sarkozie orpheline, François Fillon part avec les 
meilleures chances, alors même que semblait se profiler un duel 
entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy selon les sondages, qui ont 
induit en erreur jusqu'au maire de Bordeaux. 
    "Ce que je regrette peut-être c'est, avant le premier tour, 
de ne pas avoir suffisamment décortiqué le programme de certains 
de mes concurrents", a-t-il concédé vendredi sur BFM TV. 
    "Tout s'est focalisé avant le premier tour entre Sarkozy et 
moi et, maintenant, on découvre le programme de François Fillon 
avec des convergences mais aussi de profondes différences 
vis-à-vis de moi", a-t-il ajouté. 
    Pris de court, l'héritier chiraquien, qui s'est longtemps 
contenté de réciter son programme et de prôner le rassemblement 
depuis son piédestal de favori, a opté dès lundi pour une 
tactique tournée vers l'offensive tous azimuts contre le député 
de Paris, dépeint en champion d'une droite "traditionaliste". 
    Certain d'être le plus à même de battre Marine le Pen en mai 
2017, le maire de Bordeaux, qui se propose de réunir sous son 
égide une droite et un centre réconciliés, a en outre dénoncé 
des soutiens de François Fillon venus de l'extrême droite. 
     
    "POLÉMIQUE INQUALIFIABLE" 
    Il a déclenché la plus violente passe d'armes de toute la 
campagne en réclamant à son concurrent des "clarifications" sur 
sa position concernant l'avortement, auquel François Fillon se 
dit personnellement hostile sans vouloir toucher à la 
législation en vigueur. 
    "C'est une polémique inqualifiable et jamais je n'aurais pu 
penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas", lui a rétorqué 
mardi l'ex-"collaborateur" de Nicolas Sarkozy lors d'un 
déplacement à Viry-Châtillon (Essonne). 
    Lors du débat de jeudi, durant lequel les deux candidats ont 
joué l'apaisement, François Fillon a redit que le second tour ne 
devait selon lui pas être un "combat", mais plutôt "la 
présentation des projets de deux hommes qui, je pense, ont la 
même éthique de l'action publique". 
    De fait, deux lignes sont apparues au fil de la campagne, 
celle d'une droite qui se veut moderne, mesurée et ouverte au 
centre, et une autre plus orthodoxe, qui a vu en François Fillon 
son meilleur porte-drapeau après la chute de Nicolas Sarkozy, 
renvoyé dimanche dernier aux "passions privées". 
    L'ancien Premier ministre, qui revendique un projet 
"radical" et "difficile" promettant notamment des suppressions 
massives de postes dans la fonction publique, est crédité de 65% 
des intentions de vote au second tour, selon un sondage 
Ifop-Fiducial paru mercredi. 
    De quoi laisser craindre à la gauche une campagne 
présidentielle ardue. 
    "François Fillon est un adversaire sérieux pour la gauche. 
Il ne faut pas le sous-estimer, bien au contraire, car il pourra 
rassembler la droite", déclaré le chef du gouvernement, Manuel 
Valls, dans une interview à Paris Normandie parue vendredi. 
 
 (Simon Carraud avec Marine Pennetier et Sophie Louet, édité par 
Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant