AVANT-PAPIER-L'heure de vérité pour Fillon et Juppé

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    * Le député de Paris en excellente posture 
    * Le maire de Bordeaux a choisi l'offensive 
    * Derniers échanges de piques à distance 
    * Un sondage donne Fillon vainqueur avec 61% des suffrages 
    * La gauche attend son adversaire pour la présidentielle de 
2017 
 
 (Avec derniers meetings et sondage) 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - Les électeurs de la droite et 
du centre, qui ont réservé au premier tour de leur primaire un 
plébiscite inattendu à François Fillon aux dépens d'Alain Juppé, 
sont appelés à confirmer ou non ce résultat dimanche au second 
tour. 
     A l'issue d'une ultime semaine de campagne marquée par une 
poussée de fièvre, un sondage Opinionway paraît confirmer que le 
maire de Bordeaux n'a pas réussi à inverser la tendance. 
    Cette enquête réalisée après le débat de jeudi entre les 
deux candidats crédite l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy 
de 61% des intentions de vote, contre 39% pour Alain Juppé. 
    Au moment où elle était publiée, vendredi soir, les deux 
candidats tenaient leurs derniers meeting de campagne, le 
premier à Paris et le second à Nancy, en Meurthe-et-Moselle. 
    L'occasion pour les deux hommes d'échanger à distance une 
dernière salve d'attaques.   et   
    Ce second tour est crucial aux yeux des dirigeants de la 
droite, persuadés que le vainqueur de ce scrutin inédit dans 
leur histoire aura toutes les chances de succéder au socialiste 
François Hollande à l'Elysée. 
    Avec 44,1% des voix obtenus dimanche dernier et le soutien 
de toute la Sarkozie orpheline, François Fillon part avec les 
meilleures chances, alors même que semblait se profiler un duel 
entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy selon les sondages, qui ont 
induit en erreur jusqu'au maire de Bordeaux. 
    "Ce que je regrette peut-être c'est, avant le premier tour, 
de ne pas avoir suffisamment décortiqué le programme de certains 
de mes concurrents", a-t-il concédé vendredi sur BFM TV. 
    "Tout s'est focalisé avant le premier tour entre Sarkozy et 
moi et, maintenant, on découvre le programme de François Fillon 
avec des convergences mais aussi de profondes différences 
vis-à-vis de moi", a-t-il ajouté. 
     
    "POLÉMIQUE INQUALIFIABLE" 
    Pris de court, l'héritier de Jacques Chirac, qui s'est 
longtemps contenté de réciter son programme et de prôner le 
rassemblement depuis son piédestal de favori, a opté lundi pour 
l'offensive tous azimuts contre le député de Paris, dépeint en 
champion d'une droite "traditionaliste". 
    Certain d'être le plus à même de battre Marine le Pen en mai 
2017, le maire de Bordeaux, qui se propose de réunir sous son 
égide une droite et un centre réconciliés, a en outre dénoncé 
des soutiens de François Fillon venus de l'extrême droite. 
    Il a déclenché la plus violente passe d'armes de toute la 
campagne en réclamant à son concurrent des "clarifications" sur 
sa position concernant l'avortement, auquel François Fillon se 
dit personnellement hostile sans vouloir toucher à la 
législation en vigueur. 
    "C'est une polémique inqualifiable et jamais je n'aurais pu 
penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas", lui a rétorqué 
mardi l'ex-"collaborateur" de Nicolas Sarkozy lors d'un 
déplacement à Viry-Châtillon (Essonne). 
    Lors du débat de jeudi, durant lequel les deux candidats ont 
joué l'apaisement, François Fillon a redit que le second tour ne 
devait selon lui pas être un "combat", mais plutôt "la 
présentation des projets de deux hommes qui, je pense, ont la 
même éthique de l'action publique". 
    De fait, deux lignes sont apparues au fil de la campagne, 
celle d'une droite qui se veut moderne, mesurée et ouverte au 
centre, et une autre plus orthodoxe, qui a vu en François Fillon 
son meilleur porte-drapeau après la chute de Nicolas Sarkozy, 
renvoyé dimanche dernier aux "passions privées". 
    L'ancien Premier ministre, qui revendique un projet 
"radical" et "difficile" promettant notamment des suppressions 
massives de postes dans la fonction publique. De quoi laisser 
craindre à la gauche une campagne présidentielle ardue. 
    "François Fillon est un adversaire sérieux pour la gauche. 
Il ne faut pas le sous-estimer, bien au contraire, car il pourra 
rassembler la droite", a déclaré le chef du gouvernement, Manuel 
Valls, dans une interview à Paris Normandie parue vendredi. 
 
 (Simon Carraud avec Marine Pennetier, Sophie Louet et Gilbert 
Reilhac, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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