AVANT-PAPIER-L'extrême droite aux portes de la présidence en Autriche

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    VIENNE, 1er décembre (Reuters) - L'Autriche pourrait devenir 
dimanche le premier pays de l'Union européenne à élire un chef 
d'Etat appartenant à l'extrême droite. 
    Candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et 
eurosceptique, Norbert Hofer, 45 ans, compte bénéficier de 
"l'effet Trump" pour obtenir la victoire face à l'ancien 
dirigeant écologiste Alexander Van der Bellen, 72 ans. 
    Ce dernier a remporté de peu - 31.000 voix d'avance - 
l'élection présidentielle en mai, mais le résultat a été annulé  
par la Cour constitutionnelle en raison d'irrégularités dans le 
dépouillement des votes par correspondance. 
    Ce qui explique la tenue d'un nouveau second tour dimanche, 
que toute l'Europe va suivre avec attention et à l'approche 
duquel les deux hommes étaient très proches dans les sondages 
d'opinion. 
    Norbert Hofer se voit comme un nationaliste proche du peuple 
et tient un discours que ne renieraient pas Marine Le Pen en 
France ou Donald Trump. 
    Le FPÖ, comme le futur président des Etats-Unis l'a fait 
durant sa campagne électorale ou le Front national en France le 
pratique depuis des années, profite des peurs d'une partie de la 
population au sujet du chômage et de l'immigration, ainsi que de 
la colère contre la classe politique dominante en général. 
    Alexander Van der Bellen entend, lui, tourner à son avantage 
les propos populistes de son adversaire et, comme il l'a dit ces 
dernières semaines, retourner l'arme Trump contre son rival. 
     
    RÔLE PAS SEULEMENT PROTOCOLAIRE  
    Les deux candidats se retrouvent à briguer la présidence à 
la faveur d'un effondrement des deux partis traditionnels, les 
sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs de l'ÖVP, qui 
dominent la vie politique autrichienne depuis la fin de la 
Seconde Guerre mondiale. 
    Le chef de l'Etat en Autriche, pays de près de neuf millions 
d'habitants, joue traditionnellement un rôle protocolaire mais 
il dispose de certains pouvoirs, comme celui de nommer le 
chancelier, de révoquer le gouvernement et il est le chef des 
armées. 
    Les prochaines élections législatives sont prévues en 2018 
et une victoire de Norbert Hofer pourrait placer le FPÖ en 
position de l'emporter en cas de scrutin anticipé. Les sondages 
le créditent de jusqu'à 35% des intentions de vote. 
    Historiquement, le FPÖ trouve ses racines dans l'immédiat 
après-guerre. Son premier dirigeant fut Anton Reinthaller, 
ancien Nazi qui fut ministre de l'Agriculture après l'annexion 
de l'Autriche par Hitler en 1938.  
    Et plus récemment, il y eut Jörg Haider, qui prit les rênes 
du parti en 1986 et le propulsa sur le devant de la scène 
politique, jusqu'à sa mort dans un accident de voiture en 2008.  
    Aujourd'hui, nombre de militants du FPÖ se revendiquent 
nationalistes d'abord et balaient d'un revers de main toute 
référence à un passé nazi.  
    "Nous ne sommes pas un parti nazi, je ne me considérerais 
jamais nazi", assure ainsi Patricia Haginger, vendeuse dans un 
magasin de chaussures d'un quartier ouvrier de Linz. "Ce que 
nous voulons, c'est la sécurité et défendre l'Autriche en 
premier." 
     
    LA "MENACE" DES MIGRANTS MUSULMANS 
    Les deux adversaires n'ont pas été avares d'attaques acerbes 
durant la campagne. 
    Norbert Hofer a qualifié son rival de "fasciste écologiste", 
ce dernier ayant annoncé que s'il était élu, il empêcherait la 
formation d'un gouvernement par le patron du FPÖ, 
Heinz-Christian Strache. 
    Alexander Van der Bellen, qui est professeur d'économie, a 
pour sa part accusé Norbert Hofer de chercher à trouver 
n'importe quel prétexte pour destituer le gouvernement en place 
et le remplacer par un cabinet de droite. 
    Ancien ingénieur de l'aéronautique, le candidat du FPÖ cache 
derrière un style discret et policé une détermination de fer 
comme en témoigne son accident de parapente en août 2003 qui 
l'avait cloué sur une chaise roulante. Après six mois de 
rééducation, il était parvenu à retrouver la motricité de ses 
jambes et à marcher à l'aide d'une canne. 
    Il a annoncé qu'il ne nommerait jamais une ministre portant 
le voile, qu'il considère comme un symbole de l'oppression subie 
par les femmes. "Je dis les choses telles qu'elles sont", a-t-il 
l'habitude de répéter. 
    Ses déclarations sur la menace posée par l'arrivée de 
migrants musulmans ont fait les titres de la presse mais la 
progression du FPÖ est perceptible depuis des années et ne 
résulte pas seulement de la récente crise migratoire. 
    Le sentiment électoral est plus diffus et se cristallise 
aussi, comme ailleurs en Europe, sur les questions du chômage, 
de sécurité et de la conviction que l'évolution sociale, ou la 
mondialisation, s'accomplissent au détriment des gens. 
    Favorable à l'Europe, Alexander Van der Bellen est un 
écologiste typique qui attire l'électorat féminin, éduqué et 
celui des grandes villes, dont Vienne. Les électeurs de Norbert 
Hofer sont plus souvent des hommes, beaucoup d'extraction 
modeste, avec un faible niveau d'éducation. 
 
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INTERVIEW Hofer veut s'inspirer de Trump      
INTERVIEW Van der Bellen veut retourner l'arme Trump contre son 
rival      
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 (Rédaction de Vienne, Gilles Trequesser avec Pierre Sérisier 
pour le service français) 
 
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  • M3121282 il y a 6 jours

    où allons nous ?