AVANT-PAPIER-Kerry à Moscou pour réduire les divergences sur la Syrie

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    * Le secrétaire d'Etat américain doit rencontrer mardi 
Poutine et Lavrov 
    * Doutes sur la tenue d'une réunion le 18 décembre à New 
York 
    * Le sort d'Assad et le choix des négociateurs de 
l'opposition font débat 
 
    par Lesley Wroughton 
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - Le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry se rend mardi à Moscou pour tenter de 
réduire les divergences entre Washington et la Russie sur la 
crise syrienne, et en particulier sur le rôle du président 
Bachar al Assad dans un processus de transition, a déclaré lundi 
un haut responsable du département d'Etat.  
    Le chef de la diplomatie américaine s'emploiera aussi à 
préparer le terrain en vue d'une nouvelle réunion de l'ISSG sur 
la Syrie. John Kerry espère qu'elle se tiendra à New York 
vendredi, mais le doute subsiste.  
    L'ISSG (Groupe de soutien international à la Syrie), qui 
intègre la coalition des pays hostiles à Bachar al Assad mais 
aussi la Russie et l'Iran, alliés de Damas, s'est réuni à Vienne 
les 30 octobre et 14 novembre.  
    Il s'est entendu sur une feuille de route prévoyant 
notamment de réunir des représentants du gouvernement et de 
l'opposition syriens pour des négociations officielles sous les 
auspices des Nations unies, avec le 1er janvier en date butoir.  
   
    Dans un communiqué diffusé lundi soir, le ministère russe 
des Affaires étrangères a déclaré que John Kerry et son 
homologue russe Sergueï Lavrov avaient convenu, lors d'un 
entretien téléphonique, qu'il fallait qu'un certain nombre de 
conditions préalables à la réunion de l'ISSG soient remplies, ce 
qui pourrait retarder la réunion de New York.  
    Il faut notamment, ont-ils dit selon le ministère russe, un 
accord sur la composition de la délégation de l'opposition 
syrienne qui participerait à des pourparlers de paix ainsi que 
sur une liste des groupes terroristes islamistes contre lesquels 
les puissances conviendraient de lutter en commun. 
     
    "BONS ET MAUVAIS TERRORISTES" 
    S'exprimant à Paris en marge d'une réunion de travail sur le 
processus de Vienne regroupant la France, les Etats-Unis, 
l'Allemagne, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la 
Jordanie, l'Italie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie, le 
haut responsable du département d'Etat a déclaré que John Kerry 
comptait protester auprès de Moscou contre les bombardements 
russes visant des forces de l'opposition et non les djihadistes 
de l'Etat islamique. Moscou a lancé le 30 septembre une campagne 
de frappes aériennes pour soutenir le régime de Damas.  
    De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a 
estimé que Washington devait revoir sa politique consistant à 
"séparer les bons des mauvais terroristes".  
    Réunis la semaine dernière à Ryad, plusieurs groupes de 
l'opposition et de la rébellion syriennes, dont le groupe 
islamiste armé Ahrar al Cham, sont convenus qu'une délégation 
commune rencontrerait dans les dix premiers jours de janvier des 
représentants du gouvernement syrien. 
    John Kerry a déclaré qu'il restait des questions à régler au 
sujet de cet accord mais s'est dit optimiste sur une issue 
favorable. Le Kremlin a en revanche rejeté le résultat de la 
réunion de Ryad, estimant qu'elle ne pouvait revendiquer le 
droit de s'exprimer au nom de l'opposition. 
    Quant à Bachar al Assad, il a accusé les Etats-Unis et 
l'Arabie saoudite de vouloir que des "groupes terroristes" 
participent aux négociation à venir.  
    Les groupes d'opposition réclament que le président syrien 
quitte le pouvoir au début du processus de transition. 
    A Moscou, John Kerry s'entretiendra avec Sergueï Lavrov dans 
la matinée avant de rencontrer le président Vladimir Poutine. 
Outre le sort de Bachar al Assad, la question d'un cessez-le-feu 
sera abordée, ainsi que les récentes déclarations de la Russie à 
propos de l'Armée syrienne libre (ASL), opposée à Bachar al 
Assad, que le Kremlin dit soutenir.  ID:nL8N1432VU  
    "Cela nous intéressera d'entendre ce que les Russes ont en 
tête à ce propos, étant donné l'inquiétude de l'ASL concernant 
la manière dont Assad traite son propre peuple", a déclaré le 
haut responsable du département d'Etat. 
 
 (Avec Andrew Osborn et Dmitri Soloviov à Moscou, John Irish à 
Paris; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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