AVANT-PAPIER-Juncker exhorte les Vingt-Huit à s'engager sur l'investissement

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* Le nouvel attelage européen est désormais en place * Juncker attend de l'argent "sonnant et trébuchant" * Il veut se concentrer sur l'économie par Gilbert Reilhac STRASBOURG, 17 décembre (Reuters) - Le président de la Commission européenne a exhorté mercredi les dirigeants de l'UE à mettre la main au portefeuille pour financer le Fonds européen d'investissements stratégiques (FEIS) destiné à relancer la croissance, malgré des réticences. Jean-Claude Juncker a lancé son appel devant le Parlement européen réuni à Strasbourg à la veille du Conseil européen de Bruxelles, où ce fonds, pièce maîtresse de la stratégie de la nouvelle Commission, sera au centre des débats. "J'attends des propositions concrètes de participation et j'espère que le Conseil européen, demain, indiquera ses intentions plus clairement, pas seulement des paroles, mais de l'argent, sonnant et trébuchant", a-t-il déclaré. Moins d'un mois après son arrivée à la tête de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker a présenté le 26 novembre un projet de FEIS qui devrait permettre de mobiliser 315 milliards d'euros, essentiellement privés, sur trois ans. ID:nL6N0TG3DA La Commission mise sur un effet d'entraînement et prévoit de mettre sur la table huit milliards d'euros, qui permettraient eux-mêmes de doter le FEIS de 21 milliards d'euros. Dans le scénario espéré par Bruxelles, ces 21 milliards d'euros doivent à leur tour permettre de mobiliser au total 315 milliards d'euros d'investissements sur trois ans par effet de levier. Pour Jean-Claude Juncker, ce plan n'est qu'une première étape et la participation des Etats membres permettrait de mobiliser beaucoup plus que 315 milliards d'euros. "Ce fonds est autonome, cependant, il est clair que son impact serait multiplié si les Etats membres y contribuaient", a-t-il dit, en évoquant l'intérêt de plusieurs capitales. MULTIPLES PROJETS De source européenne, on souligne que l'Espagne, la Slovaquie et la Finlande se sont effectivement montrées intéressées mais d'autres pays sont très prudents. "La Commission a proposé de renforcer le FEIS, la voie est ouverte mais ce n'est pas le sujet maintenant", dit-on de source française. "Ce n'est pas mûr pour aller plus loin." Ces pays estiment surtout qu'il ne faut pas se lancer dans un débat qui risquerait de retarder la mise en oeuvre des projets, dont les premiers peuvent être lancés dès 2015. Les besoins identifiés vont pourtant bien au-delà des 315 milliards d'euros prévus par le FEIS. Les Etats membres ont fourni une liste de près de 2.000 projets d'un montant global de 1.300 milliards d'euros susceptibles d'être sélectionnés. ID:nL6N0TS2FI La liste française comporte 31 programmes, dont quelques projets précis comme les lignes de transports en commun parisiens Charles-de-Gaulle Express, Grand Paris Express et Eole, l'extension du port de Calais ou la ligne à très haute tension reliant la France à l'Espagne par le Golfe de Gascogne. Jean-Claude Juncker a rappelé mercredi que tous les projets ne pourraient pas être acceptés. "Il est clair que toutes ces propositions ne sont pas viables économiquement et stratégiquement", a-t-il dit. "L'objectif de ce nouveau fonds est d'investir dans les Etats membres les plus touchés par la récession économique." Il a cité comme exemples de projets "intéressants", ceux ayant trait aux infrastructures et interconnexions énergétiques dans les Etats baltes et en Finlande, les projets sur l'éducation en Italie ou hospitaliers en Belgique. PROGRAMME DE TRAVAIL RESSERRE Le Conseil européen de jeudi et vendredi sera le premier depuis la mise en place du nouveau dispositif européen. Outre Jean-Claude Juncker, qui a lui-même dit qu'il présidait la Commission "de la dernière chance" pour le projet européen, l'ex-Premier ministre polonais Donald Tusk a pris ses fonctions de président du Conseil européen. Le chef de l'exécutif européen a présenté mardi à Strasbourg un programme de travail pour 2015 resserré sur quelques priorités pour agir plus vite face à la crise économique et alléger le cadre réglementaire imposé aux Etats. ID:nL6N0U04HK Sa Commission lancera 23 initiatives relatives au marché du travail, l'économie numérique, l'énergie, le renforcement de l'Union monétaire, la politique commune d'immigration ou la lutte contre l'évasion fiscale. Elle envisage dans le même temps d'abandonner ou de modifier 80 propositions législatives actuellement dans ses cartons mais jugées inutiles, obsolètes ou non susceptibles d'aboutir. L'activisme de Jean-Claude Juncker est salué dans les capitales européennes, qui y voient des raisons d'espérer en des jours meilleurs, notamment grâce à la baisse de l'euro et du pétrole, ainsi qu'au maintien de taux d'intérêt bas. La situation en Ukraine reste toutefois un sujet d'inquiétude et l'ancien Premier ministre luxembourgeois a, là aussi, invité les Etats à accroître leur effort financier. Il a souligné que l'UE avait déjà fourni un "effort sans précédent" pour aider ce pays confronté à une récession économique et à une guerre civile attisée par la Russie dans l'est de son territoire, mais que les crédits affectés à l'aide extérieure atteignaient leur limite. (avec Yves Clarisse, édité par Yves Clarisse)

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