AVANT-PAPIER-Italie-Scrutins tests ce dimanche pour Matteo Renzi

le , mis à jour à 09:47
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* Les Italiens aux urnes pour des régionales et des municipales * Le PD peut marquer des points face à une droite morcelée * Un scandale de corruption pourrait toutefois l'handicaper * Renzi espère profiter des signes de reprise économique par James Mackenzie ROME, 28 mai (Reuters) - Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, aura l'opportunité dimanche, lors d'élections régionales et municipales, de jauger l'impact des signes de reprise de l'économie sur la popularité du Parti démocrate (PD), éclaboussé par un scandale de corruption. Critiqué par l'aile gauche du PD, Matteo Renzi devra également compter avec le Mouvement 5 étoiles qui espère profiter de la lassitude d'une partie de l'électorat vis-à-vis de la classe politique et s'inspirer du succès en Espagne du mouvement anti-austérité Podemos. Mais Matteo Renzi peut paradoxalement compter sur une alliée inattendue, son opposition de droite morcelée entre la nouvelle génération qui tente de s'affirmer et le camp de Silvio Berlusconi, qui n'a pas abandonné la partie. Le Parti démocrate est en mesure de l'emporter dans la majorité des régions en jeu, à commencer par la Vénétie où la puissante Ligue du Nord, qui fonde son discours sur la lutte contre l'immigration, fait figure de principale force d'opposition. Soutenu par les premiers frémissements de la reprise, le gouvernement de centre-gauche de Matteo Renzi devrait aussi sortir vainqueur en Toscane, le fief du chef du gouvernement, ancien maire de Florence, mais aussi en Ombrie, dans les Marches et dans les Pouilles. Le combat sera plus compliqué en Campanie et en Ligurie, où se présentent des listes de gauche alternative qui pourraient coûter des voix au PD. LÉGITIMITÉ Nommé président du Conseil l'an dernier après un coup de force au sein du PD qui lui a permis d'accéder au pouvoir sans avoir remporté d'élection, Matteo Renzi compte sur cette élection pour asseoir sa légitimité et faciliter l'adoption de sa réforme de l'éducation par le Sénat. ID:nL5N0YB4CW La campagne du PD a toutefois été assombrie par une série de scandales éclaboussant plusieurs candidats, dont Vincenzo De Luca, qui tente de s'emparer de la Campanie, la région de Naples. Secrétaire d'Etat dans le gouvernement de l'ancien président du Conseil Enrico Letta, Vincenzo De Luca est mis en cause par la justice qui le soupçonne d'abus de pouvoir lors de l'octroi d'un marché public d'incinération. Condamné en première instance, il a fait appel. Matteo Renzi a néanmoins soutenu Vincenzo De Luca, lui même désigné après une primaire, mais cette candidature illustre son absence de contrôle sur les puissantes structures locales du parti. Plusieurs autres candidats qui se présentent en Campanie pourraient d'ailleurs figurer sur une liste de 17 "impresentabili", littéralement des "imprésentables", qui doit être publiée vendredi par une commission parlementaire anti-mafia. Contraint à la démission de son poste de maire de Salerne après sa condamnation, Vincenzo De Luca a balayé les critiques et les sondages lui accordent une légère avant sur l'actuel président de région de centre-droit, Stefano Caldoro. S'il était condamné en appel, Vincenzo De Luca pourrait devoir quitter son poste en vertu de la législation anti-corruption qui interdit aux condamnés d'occuper des postes publics. (Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand)

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