AVANT-PAPIER-Guerre en Syrie et crise migratoire s'invitent au sommet du G20

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par Nick Tattersall et Matt Spetalnick ISTANBUL/WASHINGTON, 13 novembre (Reuters) - La guerre en Syrie, la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme seront largement débattues lors du sommet du G20 dimanche et lundi prochains à Antalya, en Turquie, un pays en première ligne face à ces trois défis. A l'origine, le sommet des vingt plus grandes puissances économiques devait être avant tout consacré, selon la tradition, aux questions économiques mais la guerre en Syrie, qui dure depuis plus de quatre ans et demi, et ses corollaires, le terrorisme et l'afflux de réfugiés en Europe, se sont imposés au programme des discussions. "Quand les dirigeants du G20 se réuniront ce week-end en Turquie, ils auront à l'esprit les images déchirantes des personnes déplacées qui fuient les conflits armés et la misère économique", a déclaré Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). "La migration est un problème mondial. Nous devons tous travailler ensemble pour y répondre." Certains pays comme la Chine et la Russie, toutefois, ne semblent guère désireux d'en parler à Antalya. Une référence à la crise migratoire, dit-on de source informée, pourrait figurer dans un communiqué, ce qui signifie que le texte devra obligatoirement être approuvé à l'unanimité des vingt membres -- avec le risque, probablement, de ne pas dépasser le stade des lieux communs. DIVERGENCES SUR LA SYRIE La Turquie, qui accueille sur son sol 2,2 millions de réfugiés syriens et irakiens, réclame pour sa part une déclaration forte, sans trop d'illusions. Le président russe Vladimir Poutine, allié du président syrien Bachar al Assad, sera bien moins isolé à Antalya que lors du sommet de Brisbane l'an dernier, lors duquel son pays avait été vivement critiqué pour son rôle en Ukraine. Il est peu probable qu'il ait un entretien officiel avec son homologue américain Barack Obama mais le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, n'a pas exclu une rencontre informelle qui pourrait être l'occasion d'un échange entre les deux hommes. Il est pratiquement sûr qu'Obama s'entretiendra en tête-à-tête avec Erdogan, pour tenter de rapprocher les positions de leurs deux pays sur les moyens de lutter contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) qui contrôlent une grande partie de la Syrie et de l'Irak. Le rôle des combattants kurdes devrait notamment être évoqué. La Turquie, qui a ouvert en juillet ses bases aériennes aux avions de la coalition anti-islamiste conduite par les Etats-Unis, voit avec méfiance les succès des Kurdes syriens à sa frontière, alors qu'elle combat sur son propre territoire les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). STABILITÉ FINANCIÈRE Les débats économiques devraient porter sur trois questions principales: les risques que font peser sur la stabilité financière les politiques monétaires divergentes aux Etats-Unis et en Europe, le ralentissement de la croissance chinoise et les conséquences de la baisse des prix des matières premières. La Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine savent que les voies opposées qu'elles s'apprêtent à suivre en matière de politique monétaire entraîneront des turbulences sur les marchés. Mais la BCE et la Fed, qui paraissent se préparer respectivement à un assouplissement et à un resserrement, considèrent ce risque comme inévitable du fait des fortunes contrastées des économies de la zone euro et des Etats-Unis. ID:nL8N137065 Les dirigeants du G20 seront également invités à approuver la dernière grande réforme financière destinée à épargner aux contribuables le prix du renflouement des établissements bancaires en difficulté, à la lumière des enseignements de la crise financière de 2007-2009. Cette règle dite du "TLAC", pour "Total Loss Absorption Capacity", doit s'appliquer à partir de 2019 aux trente principales banques du monde, auxquelles elle imposera de constituer, sous forme d'obligations, des réserves supplémentaires, mobilisables en cas de difficulté. ID:nL5N11A1Z6 (Avec Krista Hughes à Washington, Lidia Kelly à Moscou, Gernot Heller à Berlin, Jan Strupczewski à Bruxelles, Huw Jones à Londres et Dasha Afanasieva à Ankara; Guy Kerivel pour le service français, édité par Marc Angrand)

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