AVANT-PAPIER-G20-Protectionnisme et Brexit tiendront le haut du pavé

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    SHANGHAI, 20 juillet (Reuters) - Les retombées du Brexit et 
les craintes d'un regain de protectionnisme dans un monde dont 
la croissance économique patine figureront à l'ordre du jour de 
la réunion des grands argentiers du Groupe des Vingt (G20). 
    Tenue samedi et dimanche à Chengdu, une ville du sud-ouest 
de la Chine, elle sera l'occasion pour le nouveau Chancelier de 
l'Echiquier Philip Hammond de faire ses débuts sur la scène 
internationale, après le référendum du 23 juin par lequel les 
Britanniques ont décidé de quitter l'Union européenne (UE), et 
d'expliquer comment Londres compte gérer cet événement. 
    Son homologue allemand Wolfgang Schäuble compte d'ailleurs 
le rencontrer personnellement en marge de la réunion, a fait 
savoir mercredi un haut fonctionnaire gouvernemental allemand. 
    L'Allemagne espère que cette réunion sera l'occasion de se 
pencher sur la création des conditions d'une croissance durable 
et d'un renforcement de la résistance des économies, a-t-il 
ajouté. "La question des réformes structurelles sera primordiale 
(...) Nous n'aurons pas de débat pour savoir s'il faut plus de 
stimulant ou pas", a-t-il déclaré.  
    Il est probable également que la campagne présidentielle de 
Donald Trump aux Etats-Unis, qui devrait être riche de rappels à 
l'ordre protectionnistes, sera l'une des préoccupations de cette 
rencontre des ministres des Finances et banquiers centraux du 
G20.    
    "(Pour ce qui concerne le Brexit), on s'attachera surtout au 
message que le G20 pourra délivrer pour apaiser les craintes", 
explique un responsable asiatique au fait des dossiers du G20. 
"Il nous faut rester vigilant".  
    Le Fonds monétaire international (FMI) a réduit cette 
semaine ses prévisions pour la croissance mondiale, évoquant en 
particulier le Brexit.   
    L'accumulation des risques pour la croissance économique 
mondiale sera également abordée par le G20, selon un haut 
fonctionnaire sud-coréen aux Finances.  
    "Il sera primordial de discuter d'un renforcement de la 
coopération sur les plans monétaire, budgétaire et 
macro-économique pour rétablir la croissance mondiale", a-t-il 
dit. 
    Prenant acte du mécontentement croissant des populations 
face à la mondialisation, un haut fonctionnaire du Trésor des 
Etats-Unis a observé que le G20 devait s'attacher à ce que ses 
avantages soient également répartis entre les citoyens.  
    "Nous devons également mieux expliquer en quoi la 
coopération est importante pour nos citoyens en termes d'emploi, 
de croissance économique et de stabilité", a déclaré ce haut 
fonctionnaire. 
     
    MOINS D'INQUIETUDES SUR LA CHINE 
    Au vu des réunions de la Banque centrale européenne (BCE) 
demain jeudi, et de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque du 
Japon (BoJ) la semaine prochaine, on peut penser que les changes 
et l'évolution des différentes politiques monétaires seront 
également examinés. 
    Pour la Chine, pays hôte, cette réunion sera sans doute 
moins tendue que celle qui s'était tenue à Shanghaï en février, 
lorsqu'elle avait dû apaiser ceux qui redoutaient qu'elle ne 
dévalue le yuan et relance une guerre des monnaies. 
    Cinq mois plus tard, le yuan a bel et bien baissé contre le 
dollar, tombant à 6,7 pour la première fois depuis la fin 2010, 
mais sans que cela fasse sourciller les autres grandes 
puissances économiques. 
    Frederic Neumann, co-directeur de la recherche économique en 
Asie de HSBC, ne pense pas que l'évolution du yuan soit quelque 
chose qui préoccupe fort le G20 à l'heure actuelle. 
    "Il semble que se dégage un consensus suivant lequel les 
Chinois ne tentent pas de gagner des parts de marché par le 
biais d'une dépréciation de la monnaie", dit-il. 
    Le G20 s'est engagé à éviter toute manipulation des taux de 
change et a promis en février que ses membres s'informeraient 
les uns les autres de toute décision susceptible de se traduire 
par une dépréciation monétaire.  
    La croissance économique de la Chine n'est plus non plus un 
sujet de grande inquiétude, même si elle n'a jamais été aussi 
basse depuis un quart de siècle. 
    "Nous parlerons aussi de la Chine mais le G20, pour 
l'essentiel, est convaincu que ce pays parviendra à atterrir en 
douceur", dit un délégué européen. 
    En revanche, la question de la réduction des capacités 
industrielles excédentaires ne sera pas oubliée, si l'on en 
croit le secrétaire au Trésor des Etats-Unis Jack Lew. 
    En échange, Pékin pourrait avoir ses propres interrogations 
à soumettre à Washington.  
    "La Chine pourrait aussi demander aux Etats-Unis de mieux 
guider les anticipations des marchés lorsqu'ils prennent des 
décisions de politique monétaire et celles-ci ne devraient pas 
seulement prendre en compte leur propre situation économique 
mais également celle du monde en général", note Zhang Yongjun, 
économiste du China Centre for International Economic Exchanges, 
un cercle de réflexion de Pékin.    
     
     
 
 (John Ruwitch à Shanghaï, Tetsushi Kajimoto à Tokyo, Christine 
Kim à Séoul, Kevin Yao à Pékin, David Lawder à Washington, 
Michael Nienaber à Berlin, Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Marc Joanny) 
 
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