AVANT-PAPIER-France-Reprise sous tension des négociations Unedic

le , mis à jour à 23:39
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 (Répétition intertitre) 
    * Des négociations prises en otage par la loi Travail 
    * Le Medef et la CGPME menacent de sen retirer 
    * Les syndicats contestataires dans la rue jeudi 
    * Une assurance-chômage fortement endettée 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 27 avril (Reuters) - Les partenaires sociaux 
reprennent jeudi leurs négociations sur l'assurance chômage dans 
un climat tendu par les soubresauts du projet gouvernemental de 
réforme du Code du travail, en début de parcours au Parlement, 
et par les exigences patronales. 
    Cette session coïncide avec une nouvelle journée d'action 
des syndicats contestataires, CGT et Force ouvrière en tête, et 
d'une vingtaine de mouvements de jeunes, qui exigent le retrait 
du texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. 
    Les intermittents du spectacle, qui discutent parallèlement 
de leurs règles spécifiques d'indemnisation, menacent d'ouvrir 
un autre front à l'approche des festivals d'été.   
    Le Medef a pour sa part menacé de se retirer de ces 
négociations si le gouvernement ne rétablit pas dans sa version 
initiale le projet El Khomri, qu'il juge vidé de sa substance 
par les modifications qui lui ont été apportées.   
    La CGPME a quant à elle annoncé qu'elle ne signerait pas un 
accord sur l'assurance chômage s'il prévoit de surtaxer les 
contrats de travail à durée déterminée (CDD).   
    Or c'est précisément un des points clefs de la négociation 
pour les syndicats qui veulent, avec le soutien du gouvernement, 
mettre fin à un abus croissant d'alternance de contrats courts 
et de périodes de chômage indemnisé, très coûteux pour l'Unedic, 
l'organisme gestionnaire de l'assurance-chômage. 
    Plusieurs pistes sont sur la table, de la surcotisation 
dégressive selon la durée du contrat de travail proposée par la 
CFDT à un système de bonus-malus en passant par l'idée d'un taux 
de cotisation pivot. Mais le Medef n'en évoque aucune dans le 
document de travail qu'il a transmis mardi soir aux syndicats. 
    Plusieurs de ses neuf propositions risquent au contraire de 
braquer les syndicats, comme l'idée de faire varier la durée 
d'indemnisation en fonction de l'évolution du taux de chômage 
constatée sur deux trimestres consécutif ou le relèvement de 
l'âge d'entrée dans la catégorie senior.   
    "C'est un mélange de provocation inutile et de règlement de 
comptes avec le gouvernement et un mauvais document de départ", 
a dit à Reuters la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq. 
     
    EN ATTENDANT LE 9 MAI 
    Il n'est pas question notamment, pour la CFDT, d'accepter 
une dégressivité des allocations, quelles que soient les 
circonstances, a-t-elle précisé. 
    "Nous, nous souhaitons travailler en priorité sur les 
cotisations dégressives en fonction des contrats et le maintien 
dans l'emploi des seniors", a ajouté la dirigeante cédétiste, 
selon qui la session de jeudi risque d'être "chaude". 
    Son homologue de la CFTC, Eric Courpin, ne désespère pas 
d'un compromis, à terme, sur la question des contrats courts 
mais rien de conclusif ne pourra, selon lui, être fait jeudi. 
    Côté Medef, on assure que le document transmis mardi soir 
n'est encore qu'un ensemble de pistes et non un texte structuré. 
    On annonce de même source une session encore consacrée pour 
l'essentiel au diagnostic et à des discussions techniques, dans 
l'attente d'une réponse du gouvernement à l'ultimatum adressé le 
19 avril par le président de l'organisation, Pierre Gattaz.  
    "Nous sommes toujours dans l'expectative. On n'est pas 
encore dans la négociation. On verra après le conseil exécutif 
du 9 mai", explique-t-on au Medef. 
    C'est ce jour-là que cette instance dirigeante du Medef est 
censée décider de la suite qu'il donnera à la négociation, en 
fonction de l'évolution du débat sur la loi Travail. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a invité le 20 avril 
Pierre Gattaz à ne pas "prendre en otage la négociation sur 
l'assurance chômage". 
    Selon les dernières prévisions financières de l'Unedic, 
l'assurance chômage sera en déficit de 4,2 milliards d'euros en 
2016 et 3,6 milliards en 2017, portant son endettement à 33,6 
milliards fin 2017 si rien n'est fait pour y remédier. 
    Malgré le plus fort recul du chômage depuis septembre 2000 
en mars dernier, le nombre de chômeurs sans aucune activité 
reste supérieur en France à 3,5 millions, proche de 5,5 millions 
en comptant ceux qui ont une activité réduite.   
 
 
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