AVANT-PAPIER-France-Loi Travail, l'heure de vérité pour le gouvernement

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    * Manuel Valls reçoit lundi les partenaires sociaux 
    * Des points contestés seraient retouchés, voire supprimés 
    * La CFDT menace sur les indemnités prud'homales 
    * La disposition sur les apprentis abandonnée 
 
 (Complété avec source syndicale) 
    PARIS, 13 mars (Reuters) - Manuel Valls soumettra lundi aux 
partenaires sociaux des amendements au projet de réforme du Code 
du travail avec l'espoir de lever les résistances des syndicats 
réformistes, dont la CFDT, et de désamorcer la contestation 
étudiante. 
    Le Premier ministre a promis "un compromis dynamique et 
ambitieux" vendredi au terme de consultations avec les 
syndicats, le patronat et les organisations de jeunesse; 
François Hollande avait évoqué jeudi des "corrections". 
    Les "réformistes" (CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FAGE) et une 
partie du Parti socialiste exigent la réécriture des 
dispositions emblématiques du texte. La CGT, Force ouvrière et 
une vingtaine d'organisations de jeunes réclament son retrait. 
    Selon Le Journal du Dimanche, le couple exécutif décidait 
dimanche des retouches au projet de loi sans les ministres 
Myriam El Khomri (Travail) et Emmanuel Macron (Economie), qui 
aurait laissé vendredi des recommandations par écrit. 
    "Il y a des contacts au niveau des cabinets. Pour l'instant 
il y a une volonté de bouger et de rééquilibrer le projet de 
loi", a dit à Reuters Philippe Louis, le président de la CFTC. 
    "Il y a eu des échanges sur les lignes rouges, sur ce qu'on 
veut garder. On sent bien qu'ils écoutent mais à part ça on ne 
sait rien. Ça risque de se régler seulement lundi à midi", 
précise-t-on par ailleurs de source patronale. 
    Manuel Valls reçoit les partenaires sociaux à 14h30. 
     
    BERGER N'EST "L'ALLIÉ DE PERSONNE" 
    Les points les plus contestés du projet de loi dit "El 
Khomri", dont la présentation en conseil des ministres a été 
repoussée au 24 mars, pourraient être révisés voire supprimés : 
plafond des indemnités prud'homales, définition des 
licenciements économiques, forfait jours pour les PME, 
augmentation du temps de travail des apprentis qui est 
abandonnée, selon une source syndicale, renforcement du compte 
personnel d'activité, extension de la garantie jeunes.  
    Sur ce dernier point, François Hollande a dit samedi sa 
volonté d'aller "le plus loin possible".   
    "Aucun renoncement ne nous paraît acceptable", prévient dans 
le JDD le négociateur du Medef, Alexandre Saubot. "Si nous 
devions finir par un grand marchandage, article par article, 
c'est l'emploi qui serait perdant et les jeunes et les moins 
qualifiés qui seraient sacrifiés." 
    Le secrétaire général de la CGT a de nouveau réclamé 
dimanche le retrait d'une "loi de droite"."On fera le point 
lundi. On a remis au Premier ministre notre projet de Code du 
travail du XXIe siècle, peut-être qu'il va s'en inspirer", a dit 
Philippe Martinez au "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro. 
    "Le problème, c'est l'inversion de la loi. Le risque c'est 
que la loi soit dorénavant à l'entreprise", a-t-il plaidé en 
référence aux indemnités prud'homales. "La barémisation, c'est 
monétiser le licenciement, c'est inadmissible". 
    L'exécutif espère en l'appui de Laurent Berger, le 
secrétaire général de la CFDT, syndicat "réformiste" en première 
ligne dans ces négociations. Mais ce dernier s'est montré 
dimanche soir déterminé à ne rien céder. 
    "Je ne suis l'allié de personne", a-t-il prévenu sur iTELE. 
    "A l'heure qu'il est, je ne suis certain de rien", a-t-il 
précisé, ajoutant qu'il n'avait pas eu de contact avec le 
gouvernement durant le week-end. 
    "Il faut le retrait du plafonnement obligatoire des 
indemnités prud'homales. (...) Si le gouvernement ne le retire 
pas, la CFDT ne sera pas d'accord", a-t-il souligné. "Faire 
croire qu'on créera de l'emploi avec des mesures comme ça, c'est 
complètement illusoire, c'est même un mensonge". 
    Une source syndicale a indiqué dimanche soir à Reuters que 
que cette question cruciale n'était "pas tranchée". "Il y aura 
encore demain matin une rencontre au niveau Elysée-Matignon. 
Est-ce que ce sera un barème indicatif, un changement de barème, 
un retrait pur et simple, les trois options sont ouvertes." 
     
    "FEUE LA LOI TRAVAIL" 
    L'opposition de droite, qui se disait prête pour partie à 
voter le texte en l'état, appréhende une reculade. 
    "Je crains que ce ne soit feue la loi Travail. (...) Lâcher 
du lest, ça va donner quoi? Une non-réponse", a déclaré dimanche 
le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher. 
    "Je vais vous dire comment on va terminer si mes 
renseignements sont bons : on va terminer avec plus de taxes, 
plus de rigidités, et on n'aura rien résolu des questions des 
relations du travail", a-t-il dit au "Grand Rendez-Vous" Europe 
1-Le Monde-iTELE. 
    La piste d'une surtaxation des contrats à durée déterminée 
(CDD) a été confirmée par le gouvernement mais cette disposition 
relève des partenaires sociaux. 
    Selon un sondage Odoxa réalisé par internet le 10 mars 
auprès de 1.012 personnes âgées de 18 ans et plus et publié dans 
Le Parisien Dimanche, 78% des 18-34 ans sont opposés au texte. 
    Les organisations de jeunesse ont prévu de redescendre dans 
la rue jeudi avant une nouvelle mobilisation nationale le 31 
mars des opposants les plus radicaux. 
    Voir également :  
    France-Etat des lieux du projet de loi Travail   
 
 (Sophie Louet avec Emmanuel Jarry) 
 
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