AVANT-PAPIER-France-Débat à enjeux entre candidats à la primaire

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    * Premier rendez-vous à sept sur TF1 et RTL 
    * Précédé de plusieurs jours d'échanges acerbes 
    * L'occasion pour Nicolas Sarkozy de reprendre la main 
    * Et pour les autres de se faire entendre 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Un tournant ? Le premier débat 
entre les sept candidats à l'investiture présidentielle de la 
droite, jeudi soir, donnera une idée plus précise de la tournure 
de la campagne et de la capacité de Nicolas Sarkozy à reprendre 
la main face à Alain Juppé à moins d'un mois et demi du premier 
tour. 
    Jusqu'à présent relégués au second plan, les autres 
prétendants voient dans cette soirée, retransmise en direct sur 
TF1 et RTL, une occasion de faire entendre leur voix dans une 
primaire qui tourne de plus en plus au duel de deux ambitieux. 
    Sous-entendus assassins et échanges acerbes ont fusé de 
toutes parts ces derniers jours, les uns invoquant à mots 
couverts les ennuis judiciaires de leurs rivaux, les autres 
accusant leurs concurrents de courtiser des électeurs étrangers 
aux valeurs de la droite et du centre. 
    Dans cette ambiance délétère, Alain Juppé s'est plus que 
jamais affirmé comme le favori, fort d'une série de ralliements 
en sa faveur et d'enquêtes d'opinion qui lui prêtent désormais 
au deuxième tour une avance d'une vingtaine de points sur un 
Nicolas Sarkozy à la peine.    
    L'ancien chef de l'Etat attend donc le débat de jeudi, 
consacré aux sujets régaliens et à l'économie, pour enrayer la 
dynamique amorcée fin septembre avec la résurgence de l'affaire 
de ses comptes de la campagne de 2012 et le réquisitoire dressé 
sous la forme d'un livre par son ex-conseiller Patrick Buisson. 
    Dans l'entourage d'Alain Juppé, on dit espérer un débat 
"apaisé" et on promet une prestation sérieuse, à l'image de la 
campagne voulue par l'ex-Premier ministre. Mais on ne s'interdit 
pas de répondre aux éventuelles piques. 
    "On est là pour faire campagne pour les propositions d'Alain 
Juppé, pour défendre sa personnalité, son projet politique, pas 
pour flinguer les autres. Mais enfin on n'est pas non plus nés 
de la dernières pluie", a par ailleurs déclaré cette semaine le 
député juppéiste Benoist Apparu sur Radio Classique.     
     
    "CRÉER LA SURPRISE" 
    Devant l'enjeu, des représentants de toutes les équipes se 
sont donné rendez-vous à plusieurs reprises au siège de TF1 pour 
négocier les moindres détails - temps de parole accordé à 
chacun, thèmes abordés, disposition du plateau, entre autres.  
    Et tous les candidats ont allégé leur planning pour se 
laisser le temps de réviser leurs fiches. 
    Bruno Le Maire n'a donné que deux interviews, l'une lundi et 
l'autre mardi, et s'est dispensé de toute réunion publique en 
début de semaine. De même, François Fillon n'avait prévu aucun 
meeting dimanche, mercredi et jeudi. 
    "Le travail en amont a déjà été accompli. François Fillon a 
commencé cet été, lorsqu'il était en vacances, à travailler et à 
préparer ces débats (...). Ce n'est pas quelque chose qui 
s'improvise dans les 48 heures", selon Jérôme Chartier, 
porte-parole de l'ex-Premier ministre.     
    Dans les camps de François Fillon et de Bruno Le maire, on 
veut croire que le premier des trois débats marquera un tournant 
dans la campagne : pour la première fois, ils seront traités à 
égalité avec les deux favoris et jouiront d'une large audience. 
    En 2011, le premier débat entre candidats à la primaire de 
la gauche, diffusé sur France 2, avait attiré 4.920.000 
téléspectateurs.     
    Jeudi, chacun des prétendants disposera du même temps de 
parole, y compris les trois "petits" candidats - Nathalie 
Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson 
-, qui tentent de se débarrasser de cette étiquette. 
    "C'est moi qui peux créer la surprise", a dit au Monde 
Jean-François Copé, crédité de moins de 2% des intentions de 
vote. 
    "Les autres candidats ont déjà raconté leur histoire et les 
médias ont déjà tout écrit sur eux. Ce n'est pas le cas pour 
moi", a ajouté l'ex-président de l'UMP, qui avait lancé fin 
septembre une violente charge contre Nicolas Sarkozy, dans le 
même journal, au sujet de l'affaire Bygmalion. 
    Face aux journalistes de TF1, de RTL et du Figaro, il 
occupera le pupitre à côté de celui de l'ex-président. Qui sera 
lui-même séparé d'Alain Juppé par Nathalie Kosciusko-Morizet. 
    Les deux débats suivants auront lieu les jeudis 3 et 17 
novembre. 
 
 (Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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