AVANT-PAPIER-FRANCE 2017-Macron devrait être sacré président dimanche

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    * L'écart dans les sondages grandit après le débat 
    * Le Pen a raté la dernière partie de sa campagne 
    * Macron prépare déjà son gouvernement et ses réformes 
    * Un pays déchiré en deux sur la mondialisation 
 
    PARIS, 5 mai (Reuters) - Sauf énorme surprise dimanche soir, 
Emmanuel Macron sera élu huitième président de la Ve République 
à l'issue d'une campagne électorale qui a vu le naufrage des 
deux familles politiques françaises traditionnelles et la montée 
des extrêmes. 
    Tous les sondages, qui avaient prédit de manière très 
précise les résultats d'un premier tour pourtant complexe, 
donnent l'ancien ministre de l'Economie gagnant par une marge 
telle que la victoire de Marine Le Pen paraît impossible. 
    L'écart de 20 points entre le candidat d'En Marche ! et 
celle du Front national s'est même creusé depuis le vif débat de 
l'entre-deux-tours, mercredi soir, Emmanuel Macron étant 
désormais crédité d'un score supérieur à 60% des voix, malgré 
une participation modeste attendue.     
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    La confusion entretenue par Marine Le Pen sur l'abandon de 
l'euro dans la dernière ligne droite, la brutalité assumée de sa 
prestation lors du débat, critiquée y compris par certains de 
ses soutiens, et la multiplication des appels à voter pour son 
adversaire ont, semble-t-il, sapé ses chances.   
    La candidate du Front national a revendiqué sa posture en 
disant jeudi soir lors de son dernier meeting avoir été 
"l'expression de la colère de cette majorité silencieuse". 
    Elle a même semblé se placer dans la perspective d'une 
défaite en laissant entendre qu'Emmanuel Macron pourra appliquer 
son programme, selon elle dangereux pour le pays. 
    "Ma parole a été l'écho de la violence sociale qui va 
exploser dans ce pays", a-t-elle dit lors de son meeting. 
     
    MACRON A CHOISI SON PREMIER MINISTRE 
    Sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, avait déclaré dans une 
interview à Boursorama et L'Opinion jeudi qu'atteindre 40% des 
voix serait déjà "une énorme victoire". 
    Emmanuel Macron se refuse à crier victoire trop tôt mais se 
place clairement dans cette perspective, prévoyant même 
l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le mode de 
scrutin dès la première année de son quinquennat pour que le 
Front national ait une représentation à l'Assemblée.  
    Il a déclaré sur RTL avoir choisi son Premier ministre et 
annoncé qu'il dévoilerait, s'il est élu, la composition de son 
gouvernement alliant nouveaux visages et personnalités 
d'expérience, dont le centriste François Bayrou.   
    "Si je suis élu, je travaillerai sur la finalisation d'un 
gouvernement la semaine prochaine mais il sera annoncé après la 
passation de pouvoir", a-t-il dit en annonçant aussi pour la 
semaine prochaine l'annonce des investitures des candidats d'En 
Marche ! pour les législatives des 11 et 18 juin. 
    Les grandes manoeuvres pourront alors commencer pour bâtir 
une majorité, avec peu d'éléments d'analyse, à l'exception d'un 
seul un sondage OpinionWay-SLPV Analytics pour les Echos. 
    Le mouvement d'Emmanuel Macron obtiendrait de 249 à 286 
députés - la majorité absolue est de 289 parlementaires dans une 
chambre de 577 élus -, la droite environ 200 députés, le Front 
national et la gauche se partageant de maigres restes. 
     
    PAS D'ÉTAT DE GRÂCE 
    Mais quels que soient leurs résultats aux législatives, les 
"extrêmes" - la gauche de la gauche dont la figure de proue est 
Jean-Luc Mélenchon et la droite de la droite représentée par 
Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan désormais alliés - 
représentent la moitié de l'électorat. 
    Or ces Français ont exprimé une profonde défiance envers la 
mondialisation, représentée selon eux par une Union européenne 
accusée de tous les maux, l'économie de marché et les réformes 
structurelles qu'Emmanuel Macron veut mettre en place. 
    Le seul changement de fond qui a pu être constaté en fin de 
campagne est l'abandon de l'idée d'une sortie rapide de l'euro, 
à la fois par l'extrême gauche et par l'extrême droite. 
    En outre, Emmanuel Macron devra, en cas de victoire, compter 
avec une opposition de droite qui rêve de lui imposer un Premier 
ministre de cohabitation en la personne de François Baroin. 
    "Il aura zéro jour d'état de grâce", dit une ministre. 
    A l'Elysée, on se prépare au départ de François Hollande qui 
interviendra une semaine après le second tour, à l'issue d'un 
quinquennat marqué par une lutte peu fructueuse contre le 
chômage, une croissance atone, les attentats et de multiples 
opérations militaires extérieures.   
    Mais l'heure de la retraite a-t-elle sonné pour le président 
sortant ? Personne n'y croit dans son entourage.  L8N1I55A9  
    "Il prendra des vacances, un peu de champ. Mais le jeu entre 
nous c'est en quoi se comptera le temps qu'il va mettre avant de 
craquer : en heures, en jours ou en semaines", plaisante un ami. 
 
 (Yves Clarisse, avec service France, édité par Jean-Baptiste 
Vey) 
 
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  • bsdm il y a 10 mois

    Le premier parti de France sera l'abstention !

  • j14840 il y a 10 mois

    "sacré", avec 20% des voix pour, ils n' ont peur de rien, ces journaleux!