AVANT-PAPIER-Daniel Ortega favori pour un troisième mandat au Nicaragua

le
0
    MANAGUA, 4 novembre (Reuters) - Ancien guérillero converti 
aux bienfaits de l'économie de marché, le président Daniel 
Ortega est de loin l'homme politique le plus populaire au 
Nicaragua. 
    Sans rival crédible, il sollicite un troisième mandat 
présidentiel de cinq ans dimanche, et sa victoire fait peu de 
doute. 
    Selon un sondage de M&R Consultants publié mardi, le 
président sortant et son Front sandiniste de libération 
nationale (FSLN) obtiendraient 69,8% des suffrages, contre 8,1% 
au candidat de droite Maximino Rodriguez. 
    A 70 ans, Daniel Ortega peut s'enorgueillir de présider aux 
destinées d'un pays certes pauvre, mais stable et doté d'une 
croissance économique régulière depuis dix ans. 
    Les investissements étrangers affluent dans le petit pays 
d'Amérique centrale où, inexistants il y a quelques années, des 
centres commerciaux flambant neufs, des hôtels sont construits. 
    "C'est le progrès", dit Carlos Romer, un militaire de 45 ans 
rencontré à un meeting d'Ortega, à Ciudad Sandino, près de la 
capitale, Managua.  
    "Avant on avait des coupures de courant, pas de véritable 
éducation nationale, pas de système de santé. Maintenant, ils 
s'occupent de nous".  
    Depuis le retour au pouvoir de Daniel Ortega en 2006, après 
une décennie dans l'opposition, le PIB par habitant au Nicaragua 
a augmenté de 67%, selon la Banque mondiale. Il se situait en 
2015 à 2.087 dollars. 
    "Il a construit des routes et des maisons", dit de lui 
Marlon Laguna, un boucher de 57 ans. "Les choses se sont 
améliorées au Nicaragua." 
    Mais tout le monde ne partage pas cet avis et les 
détracteurs de Daniel Ortega voient en lui un autocrate aux 
tendances despotiques.   
    On dit de lui qu'il a la mainmise sur l'appareil judiciaire, 
la police et les forces armées. Il a nommé de nombreux proches à 
des postes clés et fait adopter un changement de la Constitution 
levant la limite au nombre de mandats présidentiels. 
    Ses rivaux l'accusent de mettre en place une dynastie 
similaire à celle des Somoza que le jeune Ortega et les 
Sandinistas renversèrent en 1979. 
    Le rôle grandissant de son épouse, Rosario Murillo, qui se 
présente à ses côtés aux suffrages des électeurs au poste de 
vice-présidente, est particulièrement critiqué par l'opposition. 
 
 (Enrique Pretel, avec Ivan Castro, Gilles Trequesser pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant