AVANT-PAPIER-Chine-La croissance prévue à 6,7% au T1, plus bas depuis 2009

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 (Aux deux derniers paragraphes, prière de lire que le 
comparatif pour la production industrielle et les ventes au 
détail est la période janvier-février et non le seul mois de 
février) 
    * Les chiffres du PIB du 1er trimestre attendus vendredi 
    * Ils devraient marquer un nouveau ralentissement de la 
croissance 
    * Les indicateurs de mars pourraient confirmer la 
stabilisation 
 
    SHANGHAI, 14 avril (Reuters) - La croissance économique de 
la Chine devrait être tombée au premier trimestre à son plus bas 
niveau depuis la crise financière internationale, estiment les 
économistes, ce qui confirmerait le ralentissement de la 
deuxième économie mondiale en dépit des indices récents de 
stabilisation.  
    Le produit intérieur brut (PIB) chinois devrait afficher une 
croissance de 6,7% sur un an pour janvier-mars, après 6,8% au 
dernier trimestre de l'an dernier, selon une enquête de Reuters 
auprès de 64 économistes.  
    Il s'agirait du chiffre le plus bas depuis le premier 
trimestre 2009, quand la croissance chinoise était tombée à 
6,2%. Sur l'ensemble de 2015, le PIB a progressé de 6,9%, sa 
performance la plus faible depuis plus de 20 ans.  
    Les prévisions des économistes pour janvier-mars 
s'échelonnent de 5,8% à 7,2% et leur médiane ressort à 6,7%.  
    Si la croissance continue de souffrir de la faiblesse de la 
demande mondiale, des surcapacités accumulées par certains 
secteurs importants et de la dégradation de la productivité dans 
le secteur public, plusieurs indicateurs récents suggèrent un 
début de rebond dans l'immobilier et l'industrie.  
    La croissance des investissements en actifs fixes s'est 
ainsi accélérée à 10,2% en rythme annuel en janvier et février 
contre 10% sur l'ensemble de 2015 et les profits du secteur 
industriel ont enregistré sur les deux premiers mois de l'année 
une hausse inattendue de 4,8% sur un an, après sept mois de 
baisse. 
    Les enquêtes auprès des directeurs d'achats et les chiffres 
des prix à la production ont eux aussi alimenté les espoirs 
d'une stabilisation, sinon d'une amélioration.  
     
    ESPOIRS DE STABILISATION 
    "On a observé une certaine stabilisation en mars dans 
l'économie réelle et l'investissement immobilier a rebondi en 
janvier-février, ce qui montre que l'activité de fond semble 
s'être légèrement améliorée", dit Yang Zhao, chef économiste 
pour la Chine chez Nomura à Hong Kong.  
    "Mais la contribution du secteur financier devrait avoir 
nettement diminué au premier trimestre. C'est pourquoi nous 
pensons que le PIB global aura continué de ralentir par rapport 
au quatrième trimestre." 
    Plusieurs observateurs estiment qu'en dépit des signes 
d'amélioration de la conjoncture observés ces derniers mois et 
de la remontée de l'inflation, la banque centrale chinoise 
devrait maintenir une politique monétaire accommodante pour 
atteindre ses objectifs de croissance et de masse monétaire tout 
en favorisant le refinancement des dettes de certaines 
entreprises industrielles. 
    "L'inflation de détail est déjà supérieure au taux de dépôt 
à un an, ce qui signifie que la marge de réduction 
supplémentaire des taux est limitée", explique Ding Shuang, 
économiste de Standard Chartered à Hong Kong. 
    "Mais la baisse des réserves obligatoires des banques va 
continuer car elle est nécessaire pour atteindre l'objectif de 
13% de croissance de la masse monétaire cette année." 
    Outre les chiffres du PIB, Pékin publiera vendredi plusieurs 
indicateurs importants qui pourraient conforter le scénario 
d'amélioration progressive de la conjoncture.  
    La production industrielle est ainsi attendue en hausse de 
5,9% par rapport à mars 2015, après +5,4% sur janvier-février, 
et la hausse des investissements en actifs fixes dans les zones 
urbaines, un baromètre important de l'activité économique, 
devrait s'être accélérée à 10,3% sur l'ensemble du premier 
trimestre après 10,2% sur janvier-février.  
    Les ventes au détail, elles, sont attendues en progression 
de 10,4% sur un an en mars après +10,2% sur les deux mois 
précédents.  
 
 (Nathaniel Taplin et Kevin Yao; Marc Angrand pour le service 
français) 
 
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