AVANT-PAPIER-BPCE-Incertitudes sur la gouvernance avant le verdict sur Pérol

le
0

* Le verdict est attendu jeudi 24 septembre * Pérol n'a jamais dit s'il démissionnerait * Klein, Mignon ou Wahl évoqués comme possibles successeurs * L'hypothèse d'un "parachutage" rejeté en interne par Julien Ponthus PARIS, 21 septembre (Reuters) - Qui sera jeudi soir à la tête des 108.000 employés de BPCE ? A quelques jours de l'annonce du jugement concernant François Pérol, poursuivi pour prise illégale d'intérêts, cette question taraude le secteur bancaire, tant la position du patron du groupe serait fragilisée en cas de condamnation. Le Parquet national financier a requis début juillet la condamnation de François Pérol à deux ans de prison avec sursis, 30.000 euros d'amende et demandé que soit prononcée à son encontre une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique. ID:nL8N0ZI3CM Il lui est reproché d'avoir pris en 2009 la tête de BPCE, maison mère de la banque Natixis CNAT.PA , après avoir été associé de manière étroite aux négociations sur la fusion de l'organe central des Banques populaires et des Caisses d'épargne lorsqu'il était secrétaire général adjoint à l'Elysée. François Pérol conteste pour sa part toute prise illégale d'intérêts, assurant n'avoir eu aucune "autorité décisionnelle" à l'Elysée et n'avoir eu aucun doute déontologique au moment de sa nomination. "Le sort de Monsieur Pérol est entre vos mains, les conséquences d'une condamnation seraient considérables", avait lancé lors du dernier jour d'audience son avocat, Me Pierre Cornut-Gentille, laissant entendre que son client pourrait être contraint de quitter le groupe bancaire en cas de condamnation. Joint par Reuters, l'avocat, qui a plaidé la relaxe "pure et simple" de son client face à un dossier qu'il juge "vide de preuves", n'a pas souhaité s'exprimer davantage sur le sujet. Si rien ne permet de préjuger de la décision du tribunal, un maintien de François Pérol à la tête du groupe semblerait difficile en cas de condamnation. Dans cette hypothèse, "je vois mal comment il pourrait rester en poste, indépendamment de la qualité de son travail de redressement du groupe", estime Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit/CFE-CGC. "C'est l'image du groupe qui est en jeu et cela peut avoir des conséquences sur la cotation, sur la confiance, sur les marchés, je ne vois pas comment il pourrait ne pas en tirer les conclusions", souligne le syndicaliste. François Pérol n'a jamais fait savoir s'il entendait démissionner ou rester à son poste en cas de condamnation. Qu'il fasse appel ou non, la Banque centrale européenne, qui supervise depuis novembre 2014 les grandes banques françaises, aura à se prononcer en cas de condamnation - une décision qui ferait sans doute jurisprudence - tout comme le conseil de surveillance du groupe. UNE NOUVELLE GUERRE DES 'ROUGES" ET DES "BLEUS" ? Alors que BPCE se refuse à tout commentaire, l'incertitude persiste quant à l'homme ou la femme qui pourrait lui succéder à la tête d'un groupe né en pleine crise financière pour sauver, avec l'aide de l'Etat, la banque d'affaires Natixis de la faillite. La perspective d'un départ de François Pérol, étranger aux rivalités historiques entre les dirigeants des Caisses d'Epargne et des Banques populaires, pourrait faire resurgir de vieilles querelles. "Il y a un risque que la guerre revienne", estime un dirigeant d'une banque concurrente. En interne, certains estiment en revanche que la culture a changé depuis quelques années, grâce notamment à une politique de mobilité entre les deux réseaux. "Je ne pense pas que ce sera une guerre des rouges (Caisse d'Epargne) contre les bleus (Banques populaires)", estime Régis Dos Santos du Syndicat national de la banque. Le nom d'Olivier Klein, directeur général de Bred Banque Populaire revient régulièrement comme étant le favori, alors que Laurent Mignon, directeur général de Natixis, n'aurait pas assez de soutiens au sein des réseaux pour s'imposer. Des informations de presse avait donné l'ancien banquier de BNP Paribas, François Villeroy de Galhau, à la tête du BPCE, mais ce banquier classé à gauche a été finalement retenu par François Hollande pour occuper le poste de gouverneur de la Banque de France. "Il y a un certain ras-le-bol", chez les banquiers devant l'interventionnisme du gouvernement", note une source proche du secteur qui pointe que la nomination de Stéphane Boujnah, de Santander France, au poste de directeur général d'Euronext ENX.PA , a nourri ce sentiment. "On ne souhaite pas de parachutage", dit-on de source syndicale alors que d'autres noms extérieurs à BPCE ont circulé, comme celui de Philippe Wahl, une hypothèse jugée cependant hautement improbable dans l'entourage du PDG de la Poste. (Avec Chine Labbé et Maya Nikolaeva, édité par Jean-Michel Bélot)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant