AVANT-PAPIER-A Varsovie, l'Otan va renouer avec ses principes fondateurs

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    par Robin Emmott 
    BRUXELLES, 6 juillet (Reuters) - Les dirigeants de l'Otan se 
réunissent vendredi et samedi à Varsovie pour un sommet qui sera 
avant tout consacré à leurs relations avec la Russie, renouant 
avec le rôle que l'Alliance atlantique jouait au plus fort de la 
Guerre froide. 
    Le résultat du référendum sur le Brexit, la crise des 
migrants et la menace djihadiste imposent au président Barack 
Obama d'utiliser le dernier sommet de l'Otan auquel il 
participera pour montrer à la Russie que les Occidentaux restent 
soudés. 
    "Le sommet de l'Otan n'était pas censé être consacré à la 
Grande-Bretagne", souligne Ian Bond, du Centre for European 
Reform, un cercle de réflexion basé à Londres. "Mais les 
dirigeants de l'Otan ne pourront pas passer sous silence les 
implications sécuritaires de la décision britannique de quitter 
l'UE", poursuit-il. 
    La multiplication des dossiers à aborder, auxquels il faut 
ajouter la recrudescence des combats en Afghanistan ou encore 
les essais de missiles iraniens, n'empêchera pas les dirigeants 
de l'Alliance atlantique de concentrer leurs discussions sur la 
question russe et sur le conflit en Ukraine. 
    La modernisation de l'Otan axée sur sa présence dans les 
pays baltes et en Pologne est là pour rappeler à Moscou que 
l'Alliance atlantique revient à ses principes fondateurs, la 
défense de son territoire après des années à intervenir au-delà 
de ses frontières. 
     
    RASSURER LES ETATS DE L'EST 
    "Il y a une nouvelle relations avec une Russie devenue 
agressive et qui a pris de l'assurance", explique Douglas Lute, 
représentant de Washington. "Cela nous ramène à ce qui était 
notre objectif initial, la défense collective, notre voisinage 
immédiat." 
    La défense du bloc occidental européen reposera sur une 
nouvelle force de 4.000 hommes qui serviront aux frontières de 
l'Est, sur un nouveau réseau de huit avant-postes, sur des 
exercices militaires nombreux et, en cas de besoin, sur la 
mobilisation d'une force de réaction rapide réunissant jusqu'à 
40.000 hommes. 
    La protection de l'espace aérien des pays baltes, 
l'élaboration d'une stratégie contre les éventuelles 
cyberattaques russes et le renforcement de la présence de l'Otan 
sur les rives de la mer Noire seront elles aussi explorées, ont 
déclaré des diplomates de l'Otan. 
    L'organisation a expliqué que l'installation de bataillons 
dans l'est de l'Europe a notamment pour objectif de garantir aux 
pays de l'ancien bloc soviétique qu'ils ne subiront pas le sort 
de l'Ukraine qui a perdu en février 2014 le contrôle de la 
Crimée, annexée par la Russie. 
     
    MISSILES 
    Mais l'Otan cherche parallèlement à ne pas revenir 
formellement à l'époque de la Guerre froide, période lors 
laquelle quelque 300.000 militaires américains stationnaient en 
Europe, respectant en cela un accord conclu en 1997 qui 
prévoyait de limiter le nombre de soldats occidentaux déployés 
aux frontières de l'Alliance. 
    Les Etats-Unis restent cependant les principaux 
contributeurs à la force de dissuasion de l'Otan grâce à leurs 
bases allemandes, le millier d'hommes stationnés en Pologne et à 
une brigade blindée qui sillonne l'Europe centrale. 
    Cette situation remet les Américains à la position qui était 
la leur après la Seconde Guerre mondiale et leur confère à 
nouveau un rôle de défenseur des alliés européens, allant à 
l'encontre des efforts de Barack Obama qui s'est efforcé de 
basculer la stratégie de Washington en direction de l'Asie et 
d'encourager l'Europe à prendre en charge la défense de son 
territoire. 
    "C'est comme essayer de quitter la mafia", a déclaré un haut 
responsable occidental en évoquant la stratégie définie en 2011 
par Barack Obama. "Au moment où vous pensiez en être sorti, ils 
vous replongent dedans", a-t-il dit. 
    Avec la décision des Britanniques de quitter l'Union, qui 
remet en question la crédibilité du bloc communautaire, Barack 
Obama aura d'autant plus besoin de confronter ses partenaires 
européens à leurs dépenses militaires. 
    Si les dépenses de défenses ont augmenté en Europe après 
cinq années de coupes budgétaires, le candidat républicain à la 
Maison blanche, Donald Trump, a accusé les Européens de voler 
les Etats-Unis et de ne pas payer leur part. 
    La question des systèmes de missiles de défense est 
également un dossier sensible que l'Otan devra aborder. Prévus 
pour prémunir l'Europe des attaques iraniennes, leur présence 
irrite Moscou qui y voit une menace pour sa propre défense et 
les Etats-Unis veulent en confier la gestion à l'Otan. 
    Paris, en revanche, ne souhaite pas que l'Alliance 
atlantique hérite de cette responsabilité afin de ne pas 
envenimer les relations avec Moscou. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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  • M7097610 le mercredi 6 juil 2016 à 18:19

    A dissoudre depuis la dissolution du pacte de varsovie.