Avant de construire, la SNCF «boboïse» ses terrains

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Bars éphémères, soirées électro, art contemporain et ferme urbaine...: avant de réaménager en bureaux et logements ses anciennes parcelles ferroviaires, la SNCF les transforme en lieux branchés pour quelques mois.

Pour se donner une image bien dans l’air du temps, la SNCF Immobilier a trouvé une solution imparable: créer des lieux éphémères branchés tendance arty. Dès 2015, elle transformait l’ancien dépôt ferroviaire de la Chapelle en un espace accueillant bars, espaces de troc et lieux d’exposition. Une opération qui avait séduit 200.000 visiteurs avant le démarrage du chantier Chapelle International et ses 900 logements en construction.

Et ce n’est pas près de s’arrêter puisque la branche qui gère l’immense patrimoine immobilier de la compagnie ferroviaire dispose de pas moins de 3000 hectares de terrains urbanisables et compte faire de ce genre d’opération sa «marque de fabrique». La fête et la convivialité avant l’arrivée des pelleteuses.

En ce moment et jusqu’au 16 octobre, le site «Grand Train» rue Ordener dans le 18e arrondissement de Paris, a déjà accueilli 250.000 personnes venues boire un verre ou écouter de la musique au milieu des locomotives anciennes. Et d’ici à la fin de l’année prochaine, une bonne quinzaine de «sites artistiques temporaires» verront le jour, surtout en région parisienne pour l’instant. Mais les transformations de ces terrains SNCF, généralement situés en centre-ville et proches des gares permettront aussi à l’avenir de faire évoluer des quartiers entiers à Toulouse, Bordeaux, Nice, Lyon...

Opéra et jardins urbains

Après le chantier déjà bien engagé à Chapelle International suivront ceux de la gare des Mines, au carrefour de Paris, Saint-Denis et Aubervilliers ou encore un vaste réaménagement à proximité de la gare de Lyon. Et en attendant, le public pourra assister à un opéra au dépôt de la Chapelle (le 5 octobre), profiter de la programmation musicale pointue de la gare des Mines en attendant le «grand verger», qui doit s’installer dans le secteur gare de Lyon Daumesnil avec des jardins urbains dans un premier temps avant de se transformer en marché urbain dédié aux circuits courts.

Des initiatives sympathiques et bobo, mais qui pourraient se retourner parfois contre leurs initiateurs. À force de profiter de vastes espaces conviviaux, on ne voit pas forcément d’un bon œil l’arrivée des bétonnières. C’est ainsi que du côté de la rue Ordener, des opposants au projet tel qu’il est prévu actuellement s’organise pour réclamer une proportion plus généreuse d’espaces verts dans le programme.

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  • lhonderm il y a 2 mois

    Ce n'est pas le rôle de la SNCF de construire des logements en profitant de son monopole....