Avancée rapide sur Mossoul, dit Bagdad, des villages repris

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LA RECONQUÊTE DE MOSSOUL PLUS RAPIDE QUE PRÉVU
LA RECONQUÊTE DE MOSSOUL PLUS RAPIDE QUE PRÉVU

par Stephen Kalin et Babak Dehghanpisheh

A L'EST DE MOSSOUL, Irak (Reuters) - L'opération de reconquête de Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak aux mains du groupe Etat islamique (EI), progresse plus vite que prévu, a déclaré jeudi le Premier ministre irakien, au moment où une nouvelle offensive était lancée sur les villages alentour.

S'exprimant par visioconférence de Bagdad dans le cadre d'une conférence internationale à Paris consacrée à la stabilisation de la deuxième ville du pays, Haïdar al Abadi a dit que les forces irakiennes, appuyées par la coalition internationale sous commandement américain, avançaient vers Mossoul "plus rapidement que ce que nous avions escompté".

Une unité d'élite de l'armée irakienne et des combattants peshmergas kurdes ont lancé jeudi matin une offensive en direction de villages des alentours de Mossoul.

Des salves de lance-roquettes multiples et de mortiers ont visé des positions situées à une vingtaine de kilomètres de la dernière grande ville encore aux mains de l'EI en Irak.

"L'objectif est de nettoyer un certain nombre de villages et de prendre des zones stratégiques pour réduire encore la marge de manoeuvre" de Daech, explique le commandement des forces kurdes.

Des dizaines de véhicules Humvee noirs du Service antiterroriste de l'armée irakienne ont ainsi fait route vers Bartella, principal enjeu du front est. Les djihadistes ont, en vain, tenté de les repousser à coups de voitures piégées, de bombes artisanales et de tirs de mortier et ont subi 15 pertes.

Bartella, village chrétien vidé de sa population à l'arrivée de l'EI en 2014, est considéré comme la porte orientale de Mossoul. "Après Bartella, c'est Mossoul, si Dieu le veut", a déclaré le commandant de ces forces spéciales, le général Tali Chaghati.

Cette mission, a ajouté un porte-parole, est la première du Service antiterroriste dans le cadre de la reconquête de la métropole du Nord, qui compterait 1,5 million d'habitants.

L'unité a supervisé la plupart des offensives menées cette année en Irak contre l'EI. Elles ont notamment permis de reprendre Falloudja et Ramadi, dans la province d'Anbar (ouest).

"AUCUNE RÉSISTANCE DE DAECH"

Sur le front nord, les peshmergas dans leur progression ne rencontrent que des villages abandonnés, dont certaines maisons sont truffées d'explosifs.

Les djihadistes semblent être tous partis. "On n'a rencontré aucune résistance de Daech. Les djihadistes battent en retraite vers Mossoul ou la Syrie," explique Ahmed Midhat Abdallah après la prise du village de Naouarane.

Les peshmergas ont abattu un drone qui avait décollé du village. On ignore si l'engin, d'une envergure d'un à deux mètres, était armé ou s'il s'agissait d'un vol de reconnaissance.

L'assaut proprement dit sur Mossoul, où l'EI disposerait de 5.000 à 6.000 combattants, selon le général Chaghati, pourrait donner lieu à une bataille sans précédent depuis l'intervention américaine de 2003.

Face aux inquiétudes exprimées sur le "jour d'après" à Mossoul, dans un pays où les rivalités confessionnelles entre communautés se sont souvent soldées par des cycles de violence, le chef du gouvernement irakien s'est voulu rassurant.

"Les forces des peshmergas se battent aux côtés des forces irakiennes fédérales, dans une totale harmonisation (...)", a-t-il dit, selon la traduction de ses propos par une interprète.

La guerre menée aujourd'hui à Mossoul "est une guerre irakienne, sous conduite irakienne, pour les Irakiens, pour la libération du territoire irakien".

Préparée de longue date, l'offensive contre l'EI à Mossoul a suscité les craintes d'organisations de défense des droits de l'homme, notamment Amnesty International qui a appelé à tout mettre en oeuvre pour protéger les civils de l'opération militaire et de possibles actes de vengeance.

Au-delà de la reconquête de Mossoul, la question d'une fuite des djihadistes de l'EI vers Rakka, capitale autoproclamée de l'organisation en Syrie, suscite l'inquiétude.

"Nous devons être exemplaires sur le plan de la poursuite des terroristes qui déjà quittent Mossoul pour rejoindre Rakka" , a ainsi estimé François Hollande.

"Nous ne pouvons pas admettre qu'il puisse y avoir simplement comme réussite une évaporation de ceux qui étaient à Mossoul vers d'autres lieux où ils pourraient là encore mener des actions", a-t-il souligné en ouvrant la réunion à Paris.

(Avec Marine Pennetier et John Irish à Paris, Gilles Trequesser pour le service français)

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