Aux USA, la high-tech n'a pas fini de réduire ses effectifs

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    par Malathi Nayak et Deborah M. Todd 
    NEW YORK, 18 août (Reuters) - L'annonce mercredi par Cisco 
Systems  CSCO.O  d'un projet de suppression de 5.500 postes ne 
devrait pas être le dernier plan de réduction d'effectifs décidé 
par la Silicon Valley, les entreprises de "hardware" peinant à 
s'adapter à l'évolution rapide des technologies, estiment des 
analystes financiers et des recruteurs. 
    Les sociétés qui réalisent la majeure partie de leur chiffre 
d'affaires dans la vente de matériel - ordinateurs, 
semi-conducteurs, serveurs, routeurs ou autres - sont 
particulièrement vulnérables, précisent les analystes, car le 
poids des applications mobiles et de l'informatique 
dématérialisée, le "cloud", ne cesse d'augmenter à leur 
détriment. 
    Les licenciements chez Cisco arrivent après l'annonce en 
avril par Intel  INTC.O  de la suppression de jusqu'à 12.000 
emplois. En janvier, Dell  DI.UL  avait supprimé 10.000 postes 
et il devrait encore réduire ses effectifs une fois bouclé le 
rachat du spécialiste du stockage de données EMC  EMC.N . 
    Depuis le début de l'année, les entreprises américaines de 
hautes technologies ont supprimé au total 63.000 postes selon le 
cabinet de reclassement Challenger, Gray & Christmas.  
    "Le secteur de la high-tech traverse une période de 
déconstruction importante", résume Trip Chowdhry, analyste de 
Global Equities Research. "Il n'a pas fini de souffrir." 
    Il explique s'attendre notamment à ce que les effectifs 
subissent l'impact de la popularité croissante des services dits 
de "super cloud" fournis par des sociétés comme Amazon  AMZN.O  
ou Microsoft  MSFT.O , qui permettent de gérer à distance et de 
manière globale équipements, logiciels, réseaux et bases de 
données, rendant donc obsolètes les services spécialisés des 
clients. 
     
    DOMMAGES COLLATÉRAUX 
    En janvier, Chowdhry estimait à 330.000 le nombre de postes 
menacés dans le secteur cette année. Mercredi, il a dit avoir 
relevé cette estimation à 370.000, un chiffre que d'autres 
analystes jugent toutefois trop pessimiste. 
    Outre Dell, IBM  IBM.N , Hewlett Packard Enterprise  HPE.N , 
Oracle  ORCL.N  pourraient figurer parmi les prochains groupes 
touchés par la réduction des effectifs, estiment certains 
analystes. 
    Hewlett Packard Enterprise, Dell et Oracle se sont refusés à 
tout commentaire. IBM n'a pas pu être joint dans l'immédiat. 
    "Les acteurs historiques des hautes technologies souffrent 
tous des effets du changement", dit Glenn O'Donnell, du cabinet 
Forrester Research. "Nous nous attendons à beaucoup de dommages 
collatéraux, pas seulement pour Cisco." 
    Ce dernier, numéro un mondial des équipements de réseaux de 
données, est en train de réorienter sa stratégie vers les 
services, un domaine qui génère de meilleures marges que le 
matériel et assure des revenus récurrents, "avec moins de 
personnel dans la base de coûts", note Roger Kay, analyste 
d'Endpoint Technologies Associates. 
    Pour les spécialistes du hardware qui se préparent désormais 
à perdre leur emploi, les pronostics des professionnels du 
reclassement sont mitigés. 
    "Personne n'a envie d'être licencié mais si une suppression 
d'emploi est inévitable, 2016 n'est pas le pire moment", dit 
John Reed, directeur général senior du cabinet de recrutement 
Robert Half Technologies. 
    Moins optimiste, Andy Price, du cabinet SPMB, estime que 
"personne ne veut de concepteurs et de techniciens du hardware". 
    Pour l'instant, ajoute-t-il, "technicien en hardware est 
probablement la qualification la moins attractive dans la 
Silicon Valley". 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayt) 
 

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