Aux États-Unis, l'amorce de reprise fait divorcer !

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Les divorces entraînent la formation de nouveaux foyers. Il s'en est créé 5,3 millions au cours des quatre dernières années dans le pays.

L'amorce de reprise économique aux États-Unis fragilise-t-elle l'institution ancestrale qu'est le mariage? C'est, en tout cas, le constat des démographes américains qui observent que l'amélioration du contexte économique va de pair avec une progression des divorces des ménages américains.

Pendant la crise, les velléités de séparation étaient restées assez limitées, les couples préférant tenir bon plutôt que de se retrouver dans l'inconnu. Le nombre de divorces a même atteint son niveau le plus bas en quarante ans en 2009, au plus fort de la récession, selon les données du service fédéral du recensement.

Mais cette embellie statistique de la stabilité conjugale ne fut que de courte durée. En 2012, le nombre de divorces a augmenté pour la troisième année consécutive pour atteindre 2,4 millions de foyers. Entre 1940 et 1981, il avait déjà doublé.

Mais si les valeurs familiales en prennent un coup, ce n'est finalement pas si mauvais pour l'économie. Car les divorces entraînent la formation de nouveaux foyers. Il s'en est créé 5,3 millions au cours des quatre dernières années aux États-Unis. Ce qui déclenche un cercle vertueux économique, relève l'agence Bloomberg. La création de nouveaux foyers tire la demande de logements: le marché de la construction a ainsi crû de 67% entre 2009 et 2013. Il s'en est suivi une augmentation des prix des logements: +22% en un an, selon le syndicat professionnel. La reprise du marché immobilier a entraîné dans son sillon l'augmentation de la demande de meubles et d'équipements divers.

Des cas d'extrême pauvreté

Les divorces conduisent aussi davantage de femmes à rejoindre les rangs de la population active: 67% des Américaines qui se sont séparées de leur mari travaillaient en 2011, contre 58% des femmes en général aux États-Unis, selon le ministère du Travail. Cela leur permet de récupérer un certain pouvoir d'achat. Mais le fait de se retrouver seule avec un ou plusieurs enfants à charge fragilise la situation de nombre d'entre elles. Avec parfois des cas d'extrême pauvreté. Le tableau n'est donc évidemment pas rose pour tout le monde.

Il n'empêche, une universitaire de l'Arizona s'est risquée à sortir des statistiques sur la corrélation entre chômage et mariage. Lorsque le taux de chômage progresse de 1%, le taux de divorces recule de 1,5%, selon Jessamyn Schaller. De quoi éclairer sous un jour nouveau la réalité de nos sociétés modernes.

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