Autriche : l'extrême droite au pouvoir... par intérim

le , mis à jour à 07:19
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Autriche : l'extrême droite au pouvoir... par intérim
Autriche : l'extrême droite au pouvoir... par intérim

En Europe, c'est une première. L'extrême droite, qui a échoué de peu au second tour de la présidentielle du 22 mai, va tout de même exercer partiellement le pouvoir en Autriche, où débute aujourd'hui une présidence partagée. Le 1er juillet, la Cour constitutionnelle a annulé l'élection pour cause d'irrégularités. Concrètement, le président sortant, Heinz Fischer, laissera aujourd'hui son fauteuil à un trio composé de la présidente du Conseil national (NDLR : la chambre basse du Parlement), la sociale-démocrate Doris Bures, et de ses deux vice-présidents, le conservateur Karlheinz Kopf et... le nationaliste Norbert Hofer. Ce dernier sera, sans surprise, candidat au nouveau scrutin présidentiel programmé le 2 octobre.

 

Trois présidents temporaires

 

Une situation pour le moins baroque, qui est pourtant loin d'alarmer Anton Pelinka, professeur à l'université centrale de Budapest (Hongrie) et spécialiste des mouvements nationalistes. « C'est une solution provisoire sans conséquences dramatiques. L'attitude traditionnelle en Autriche est de préférer une présidence harmonieuse. Cela ne changera pas pendant la période d'intérim. » De fait, les trois coprésidents temporaires proviennent de trois tendances politiques différentes. Selon Pelinka, cette répartition du pouvoir ne laisse donc « pas beaucoup d'espace pour manoeuvrer. Pour Norbert Hofer, trop en faire pourrait avoir un effet contre-productif ».

 

Le candidat d'extrême droite n'a nul besoin d'en rajouter, puisqu'il vient d'enregistrer une victoire politique de poids : c'est par suite du recours déposé par son parti que le second tour de la présidentielle, qu'il avait perdu de 30 863 voix, a été annulé.

 

Le Brexit change aussi la donne. Si le FPÖ ne souhaite pas que l'Autriche quitte l'Union européenne (il veut la réformer de l'intérieur), Hofer surfera sans doute sur ce précédent pour alimenter un discours antieuropéen. ...

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