[Autres Sports] Toulon : Laporte parmi les très grands

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[Autres Sports] Toulon : Laporte parmi les très grands
[Autres Sports] Toulon : Laporte parmi les très grands
Le triplé de Toulon, la domination sur l'Europe du rugby, c'est lui. Même s'il ne cesse de minimiser son rôle au sein de cet effectif de stars, Bernard Laporte a su construire un groupe à son image depuis son arrivée dans le Var. Ce samedi soir, c'est un homme ému qui a peut-être conquis l'une de ses plus belles victoires.

Le rugby lui manquait. Normal, Bernard Laporte est fait pour ça. Dans ses veines coulent le sang de l’ovalie. Il n’y avait qu’à voir l’agitation du personnage dans les vestiaires du RCT à la mi-temps de cette finale de Champions Cup. Au milieu de ses joueurs assis et éreintés par un premier acte très physique, le manager s’agitait dans tous les sens en donnant de la voix. Comme pour mieux évacuer cette pression intense ressentie par un homme quasi-impuissant assis dans sa tribune. Mais de son poste de vigie, Bernard Laporte a aussi cet avantage de pouvoir apprécier, chaque jour un peu plus, le talent de cette équipe qu’il a largement bâti. Car outre Mourad Boudjellal, ce succès historique est aussi celui de l’ancien sélectionneur du XV de France.

« J’entraîne des mecs formidables »

D’un effectif de stars, Bernard Laporte a su faire naître une famille. Un groupe plus soudé que jamais, décidé à écrire l’histoire ce samedi 2 mai 2015, de l’autre côté de la Manche. « J’entraîne des mecs formidables. C’est un plaisir d’être avec eux. Même quand tu hausses le ton, il n’y a pas de problème. La réussite de cette équipe, c’est qu’au-delà du talent, il y a des mecs humainement très grands », confiait-il, au bord des larmes, en conférence de presse après le match. Hyper tendu pendant toute la finale de ce samedi, l’entraîneur varois a explosé, le mot est faible, sur les essais de Bastareaud et Mitchell. Sentant l’histoire et la légende s’écrire un peu plus sur la pelouse de Twickenham.

Un palmarès unique

 

Ce samedi soir, l’ancien entraîneur du Stade Bordelais et du Stade Français a ajouté une nouvelle ligne à son immense palmarès. Depuis son arrivée au Stade Français, en troisième division en 1995, le chauve le plus célèbre du rugby français ne cesse d’engranger des victoires toutes plus belles les unes que les autres. Deux titres de champion de France, trois couronnes européennes, sans compter deux finales de Top 14 perdues avec le RCT en 2012 et 2013. « Ce sont les joueurs qui rentrent dans la légende. Nous on ne fait rien, on regarde. On applaudit quand on marque des points et on pleure quand on prend. Je veux bien me retourner sur mon titre de champion de France en 1991 puisque j’y ai participé. Mais les autres… Je suis comme vous, je suis un peu impuissant à certains moments », nuançait Laporte en toute modestie ce samedi soir.

Prêt à passer la main

Sous sa gouverne, le XV de France a également écrit quelques-unes des plus belles pages de son histoire. Sa gouaille, souvent moquée et caricaturée, a mené les Bleus vers deux demi-finales de Coupe du monde, dont une en 2007 en France, a largement contribué à populariser le rugby dans l’Hexagone. C’était aussi avec Laporte comme sélectionneur que le XV de France s’est offert quatre Tournois, dont deux avec le Grand Chelem. Un palmarès exceptionnel pour un homme de tout juste 50 ans prêt à passer la main. Dans un an, Diego Dominguez lui succédera à la tête d’un RCT qui sera déjà transformé cet été par les départs de Botha, Williams , Hayman et Masoe. Il sera alors temps pour Bernard Laporte de voguer vers de nouvelles aventures, sans doute plus politiques, après une première expérience de secrétaire d’Etat entre 2007 et 2009. Mais le terrain risque de manquer à cet amoureux du rugby. Lui aussi manquera au rugby français. Et pas seulement au RCT.

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