[Autres Sports] Pour Christophe Guénot, la lutte est une nouvelle discipline

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[Autres Sports] Pour Christophe Guénot, la lutte est une nouvelle discipline
[Autres Sports] Pour Christophe Guénot, la lutte est une nouvelle discipline

Christophe Guénot, tout le monde doit être très content dans votre discipline du maintien de la lutte aux Jeux Olympiques 2020 et 2024 ?Oui, tout les passionnés le sont. C'est vrai que des sports comme le squash ou le baseball doivent être déçus. Mais pour nous, les lutteurs, ce n'est que du bonheur. Du coup, je pense qu'on va ressentir sur les tapis des jeunes motivés sachant qu'ils pourront participer aux Jeux en 2020.

Y avez-vous toujours cru ces dernières semaines ?L'annonce en février (ndlr : du retrait de la lutte du programme des JO après Rio 2016), c'était un coup dur. Au fur et à mesure, on a commencé à y croire. Au premier vote du CIO, on était bien partis. Plus de 50% des voix, c'est rassurant. On se dit qu'il y a vraiment eu un effort de la Fédération internationale de lutte (FILA). Mais tant que la décision n'était pas annoncée, il y avait toujours un petit doute.

Vous attendiez-vous à ce qu'on prononce la disparition de la lutte ?Non, c'est arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe. On avait déjà entendu, il y a quelques années, qu'ils allaient peut-être supprimer un style, la lutte libre ou la gréco-romaine. Mais on se disait qu'ils ne pouvaient pas enlever la lutte de par son historique. C'est vraiment un sport universel. Mais grâce à la modernisation de notre sport, on reste jusqu'en 2024. Donc on a encore un petit peu de temps.

Si la lutte avait disparu des JO, pensez-vous que cela aurait pu « tuer » cette discipline ?Oui c'est sûr. A part les luttes traditionnelles qui restent dans leurs pays (mongole, sénégalaise, chinoise?), en France, par exemple, sans les JO, les jeunes seraient démotivés. Ils ne rentreraient plus dans les structures. On perdrait nos moyens, comme notre salle ici à l'INSEP, par exemple. C'est réservé aux sports olympiques, donc si tu n'y es plus?

On a observé une forte mobilisation de la part du monde sportif, notamment dans le rugby, pour soutenir le maintien de la lutte aux JO.Oui, et merci à eux pour leur soutien. A l'INSEP, tous les sportifs voient à quel point on s'entraîne dur pour participer aux Jeux. La lutte n'est pas un sport professionnel donc le rêve de tout lutteur, c'est d'aller aux Jeux. Donc si on nous enlève ça, on est mort.

« En Afrique, on joue peu au baseball »

Vous dites que la lutte se modernise. Est-ce une évolution nécessaire, selon vous ?Oui, les règles ont changé ces derniers temps. Donc on verra aux Championnats du monde à Budapest (du 16 au 22 septembre). C'est une lutte plus offensive, on favorise la prise de risques. Donc peut-être que la tenue va changer, les catégories de poids? Pas mal de changements sont prévus jusqu'aux JO à Rio. Cela ne peut être que bénéfique pour ce sport. Le CIO avait demander à la FILA de moderniser un peu la lutte car ce sont les Jeux Olympiques « modernes ». C'est pour cela qu'il y l'apparition de nouveaux sports. Avec cette évolution, c'est comme si c'était une nouvelle discipline qui arrivait.

Avec la première décision du CIO, y a-t-il eu moins de pratiquants ?Non, surtout une démotivation. Je l'ai beaucoup ressenti avec les jeunes. Tant que la décision finale n'avait pas été prononcée, ils étaient un peu démotivés à l'entraînement surtout les premières semaines. Je pense qu'aujourd'hui, on va ressentir un regain sur les tapis. Je pense que le groupe que j'avais l'an dernier, à Dijon, va se défouler. Cela devrait être sympa.

L'avantage de la lutte par rapport au baseball ou au squash, est-ce le fait d'être un sport historique ?C'était déjà au programme des Jeux antiques. Mais c'est surtout pratiqué dans tous les pays du monde. Je pense qu'en Afrique, on joue peu au baseball. La lutte, on peut en faire n'importe où, juste avec un caleçon. La licence n'est pas chère. C'est pratiqué sur tous les continents et c'est ce qui fait notre force.

Certains ont-ils fêté cette bonne nouvelle de façon excessive dimanche soir ?Ça je ne sais pas, je ne vais pas vous sortir les dossiers (sourire). En tout cas moi, je n'ai pas trop fêté cela. J'aurais l'occasion de le faire plus tard.

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