[Autres Sports] M.Rolland : " Je ne me vois pas aller jusqu'aux JO 2018 "

le
0
[Autres Sports] M.Rolland : " Je ne me vois pas aller jusqu'aux JO 2018 "
[Autres Sports] M.Rolland : " Je ne me vois pas aller jusqu'aux JO 2018 "
De retour de blessure après une longue convalescence des suites d'une rupture des ligaments croisés du genou droit, Marion Rolland aborde ce début de saison plus sereinement. Si la championne du monde de descente compte retrouver le rythme avant de se fixer des objectifs pour la suite, elle semble toutefois avoir tiré un trait sur les Jeux d'hiver à Pyeongchang, en 2018.

Marion Rolland, comment vous sentez-vous physiquement aujourd'hui ?
Plutôt bien ! Dans l'ensemble, il y a de l'évolution un peu tous les jours depuis le début de l'été. Je suis plutôt satisfaite. Surtout que je reviens de trois semaines de stage dans l'hémisphère sud - au Chili - et cela ne m'a pas empêché de skier. C'est sûr qu'il y a encore pas mal de douleur dans mon genou, mais cela va plutôt bien.

L'année dernière a été compliquée avec cette rupture des ligaments croisés du genou droit. Comment vit-on cette longue convalescence au quotidien ?
Disons que dans le ski, on est un peu habitués à vivre avec la blessure. Je le sais bien. Personnellement, c'est la troisième fois que je me casse le genou. Cette fois-ci, c'était toutefois plus conséquent. Il n'y avait pas qu'un seul ligament croisé de cassé mais aussi tout le reste du genou. Ces moments-là sont assez difficiles. Puis certains jours, les petites gestes du quotidien, comme descendre les escaliers, sont moins douloureux que la veille. On se dit alors que cela évolue bien. En préparation physique, faire des bondissements passe tout de suite mieux. Il faut savoir prendre toutes les petites choses positives et garder les objectifs en tête dans les moments difficiles. Les miens étaient de remettre les skis et retrouver de bonnes sensations. Là-dessus, tout est rempli !

« On ne perd jamais vraiment son ski »

Les sensations sont donc revenues progressivement...
Au début, c'étaient deux jours de ski à la suite pour tester comment le genou allait. Cela faisait assez mal donc il ne fallait pas insister. Entretenir le fait de skier sans trop pousser est important. Puis le gros stage du Chili - trois semaines - a été plus intensif. L'objectif était alors de revenir progressivement sur de la vitesse. Les premiers jours, je faisais deux pistes sur le tracé quand les autres filles en faisaient six. J'étais au départ très habillée. Au fur et à mesure, j'enlevais des couches et reprenais l'habitude de la vitesse, les portes qui arrivent vite, tout ce qui fait notre sport en quelque sorte. Puis à la fin du stage, je faisais des journées à peu près normales. Certes, en mettant beaucoup moins d'intensité que ce que pouvaient mettre mes collègues, mais en tout cas, pour moi, c'était déjà une grosse évolution.

N'est-ce pas trop frustrant de repartir à zéro après une longue blessure ?
On ne perd pas vraiment le savoir au niveau du ski. Moi, j'en fais depuis toute petite et c'est un peu comme le vélo : cela ne s'oublie pas. En plus j'avais arrêté sur une saison où j'étais bien techniquement. Tout avait été mis en place et du coup je n'ai rien perdu. Par contre, on perd assez vite l'habitude de la vitesse et de l'engagement. Tout cela, reprendre confiance, se balancer, vouloir prendre de la vitesse, c'est un peu bizarre au début. Les portes arrivent très vite, on ne retrouve plus les mêmes trajectoires. On sait par contre que si l'on parvient à tailler correctement la courbe, on retrouve de la vitesse. Il faut alors se réhabituer à tout cela.

Vous ne pourrez donc juger votre niveau réel qu'en compétition...
Oui ! Pour moi la première compétition aura lieu début décembre à Lake Louise, au Canada. Une piste que je connais plutôt bien pour l'avoir pratiquée plusieurs fois en Coupe du monde. Je suis assez contente de repartir là-bas, où je serai plutôt en confiance.

« Être championne du monde de mon sport, c'est très gratifiant ! »

Vous êtes-vous quand même fixé des objectifs ?
Pas sur le début de saison, en tout cas. J'espère déjà retrouver continuité et confiance, pour ensuite arriver début février, au meilleur de ma forme, de mon mental et, je l'espère, de mon genou. Ce sera alors l'heure des Championnats du monde. J'espère monter en puissance depuis les premières courses jusqu'aux Mondiaux !

Le long terme n'est pas encore planifié, donc...
Non, c'est sûr... Je ne me vois pas aller jusqu'aux prochains Jeux Olympiques de Pyeongchang en 2018 (Corée du Sud). Déjà je ne suis pas sûre que cette compétition soit faite pour moi (ndlr : en 2010 à Vancouver, elle s'était blessée aux ligaments croisés)... Je prends les choses comme elles viennent. Je vais d'abord faire cette saison, donner le maximum et je verrai ensuite si je repars sur une autre ou pas.

Cette compétition ne risque-t-elle pas de rester un souvenir amer pour toujours ?
C'est sûr que c'est un regret ! C'est le rêve de tous les sportifs de pouvoir montrer que sur un tel rendez-vous international on est présent. Après, de belles choses, j'en ai connues avec les Championnats du monde (ndlr : Schladming 2013, Autriche). Être championne du monde de mon sport, c'est très gratifiant ! Les JO, je regrette bien sûr. Mais cela ne m'enlèvera pas ce que j'ai réalisé autour.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant