[Autres Sports] La France, du rêve au cauchemar

le
0
[Autres Sports] La France, du rêve au cauchemar
[Autres Sports] La France, du rêve au cauchemar
Tous les ingrédients y étaient. Le contexte, le lieu, l'engouement et même l'adversaire. Mais tout s'est achevé si brutalement dimanche après-midi. Retour sur la désillusion des Bleus lors de cette finale de Coupe Davis 2014.

Si, dans la semaine précédant l'événement, on avait laissé aux Français le soin d'écrire le scénario, pas une seule ligne n'aurait été différente. Chaque acteur. Chaque détail. Même le soupçon de polémique qui donne une saveur particulière aux grands rendez-vous. Tout, absolument tout, aurait été imaginé de cette manière. Jusqu'à ce vendredi 21 novembre au matin...

Trop beau pour être vrai
13 septembre 2014. Dans son antre de Roland-Garros, l'équipe de France de Coupe Davis étrille le double tenant du titre tchèque et décroche son ticket pour la finale de la plus prestigieuse des compétitions par équipes de la petite balle jaune. Gasquet et Tsonga remportent à eux seuls les trois points nécessaires, le tout en ne concédant qu'une seule manche. Quatre ans après la désillusion de Belgrade, les Bleus ont ainsi l'opportunité de décrocher une dixième victoire dans cette compétition.

Tous les observateurs français, joueurs, journalistes et supporters se mettent alors à rêver d'une finale contre le voisin suisse. Avec, dans un coin de la tête, la certitude de la satisfaction. Soit celle de voir les Bleus soulever le Saladier d'argent. Soit celle d'observer « Maître Rodgeur », si apprécié dans l'Hexagone, remporter l'un des seuls titres majeurs qui manquent encore à son palmarès. Rêve qui prend forme un jour plus tard, quand l'équipe helvète vient à bout de l'Italie (3-2). Cerise sur le gâteau de cette finale de prestige : la rencontre se déroulera dans l'enceinte du stade Pierre-Mauroy, à Lille, sous les yeux de plus de 27 000 spectateurs. La France du tennis s'en frotte déjà les mains.

Passés les deux longs mois d'attente, à épier les performances des joueurs sélectionnables, l'heure du rendez-vous approche à grands pas. Nous sommes à cinq jours du début de cette finale et le zest de piment vient d'être ajouté de l'autre côté des Alpes, ou plutôt de l'autre côté de la Manche. Alors qu'ils viennent tout juste de s'affronter en demi-finales du Masters, les deux cadors de la sélection suisse, Federer et Stan Wawrinka, font naître la polémique : un soi-disant conflit autour de l'attitude de la femme du numéro deux mondial lors du match. Polémique très vite remplacée par un coup de théâtre : le forfait de Federer pour la finale du Masters. C'est l'inquiétude du côté suisse et le début du doute côté français. Calfeutrés à Bordeaux, pour leur stage de préparation, les hommes d'Arnaud Clément ignorent si Federer sera apte. Et dans le reste du pays plane un excès d'optimisme : l'équipe suisse est déstabilisée, Federer est blessé, Wawrinka n'a pas de mental et les deux sont en froid. Bluff ou pas, la France est tombée dans le panneau !

Tsonga - Gasquet, les déceptions
A eux seuls ils avaient remporté la demi-finale contre la République Tchèque. Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet sont passés complètement au travers de leur finale. Le premier affichait pourtant une grande motivation à l'idée de disputer cette finale, après celle de Belgrade manquée pour cause de blessure. « C'est LE moment le plus important de ma carrière » disait-il la veille d'affronter Stan Wawrinka en ouverture. Et le moment le plus important s'est peut-être transformé en moment le plus difficile. « Jo » a été surclassé par un Wawrinka, il est vrai, dans une forme éblouissante. Gêné par des douleurs (au coude ?), le Manceau, indiscutable numéro un français, a même été écarté de la journée de dimanche au profit de Richard Gasquet. L'inattendu Gasquet. En balance avec Monfils pour être le deuxième joueur de simple, le Biterrois aura finalement été le seul joueur à disputer deux matchs pour les Bleus ce week-end. Le double avec Julien Benneteau samedi et le simple de l'espoir ce dimanche. Et par deux fois, il s'est lourdement incliné en trois manches, laissant entrevoir un cruel manque de caractère.

Monfils, la seule satisfaction
Du caractère, lui seul semble en avoir réellement eu dans le Nord. Joueur idéal de Coupe Davis, de part son esprit d'équipe, sa rage de vaincre et son côté « showman », Gaël Monfils est le seul à avoir été à la hauteur. Impressionnant contre Federer lors du deuxième simple, « La Monf » a donné raison à son capitaine Arnaud Clément et a réinsufflé de l'espoir. Les supporters français se sont alors mis à espérer voir « Sliderman » disputer le cinquième match décisif dimanche contre Wawrinka, le tout dans une ambiance tonitruante... Que nenni !

Une ambiance moins chaude que prévue
Les supporters français attendaient peut-être le cinquième match. Ils attendaient peut-être le match décisif pour jouer leur important rôle dans cette compétition. Car mis à part les ambiances pré-matchs et lors de la démonstration de force de Monfils vendredi, le public tricolore du stade Pierre-Mauroy (qui a accueilli plus de 27 000 personnes pour chaque rencontre), est resté plutôt mesuré. Vite refroidi il est vrai par la domination suisse. Au bord du terrain, les supporters helvètes eux ne boudaient pas leur plaisir.

Un capitaine dépassé
Difficile de remettre en cause les choix d'un capitaine de Coupe Davis qui a mené son équipe jusqu'en finale. Mais durant cette semaine, la ligne directrice du capitaine des Bleus n'a pas fait l'unanimité. Dans sa sélection d'abord. Clément a préféré se passer d'un deuxième joueur de double alors que la paire Benneteau-Roger Vasselin (vainqueurs à Roland-Garros et demi-finalistes du Masters il y a deux semaines) semblaient avoir fait ses preuves. Dans sa communication ensuite. Le capitaine est resté dans une forme de langue de bois, notamment sur le cas Tsonga. Dans son attitude sur le terrain enfin. On a vu un Arnaud Clément davantage persuasif au moment de contester une décision arbitrale qu'au moment de remobiliser un de ses joueurs en totale perdition. Un cauchemar on vous dit !

Matthieu Mendolia

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant