[Autres Sports] JO 2024 : Atouts et faiblesses d'une candidature parisienne

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[Autres Sports] JO 2024 : Atouts et faiblesses d'une candidature parisienne
[Autres Sports] JO 2024 : Atouts et faiblesses d'une candidature parisienne
Alors qu'un pas vers une candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques 2024 semble avoir été franchi, premier tour d'horizon des atouts et des faiblesses du dossier français.Les atouts de Paris 2024 

Un rayonnement international assuré
Paris, ville glamour et destination favorite des touristes du monde entier. En 2013, la capitale française a encore accueilli 32,3 millions de touristes. Face à des candidatures plus exotiques venant potentiellement de Bakou ou du Qatar, nul doute que des Jeux Olympiques organisés à Paris offriraient au CIO le rayonnement international nécessaire. Dans le même genre, de l'avis de tous, les JO 2012 de Londres ont été un franc succès. 

Des installations déjà existantes
Ces dernières années, qu'il s'agisse de Jeux Olympiques ou de Coupe du Monde de football, le sujet des travaux en retard est devenu récurrent. A Paris, ce problème ne se posera assurément pas puisque la quasi-totalité des installations existent déjà. Le stade olympique trouverait refuge au Stade de France, qui va déjà subir un léger lifting à l'occasion de l'Euro 2016. Pour le reste, le tennis serait organisé à Roland-Garros, et les épreuves collectives en salle (basket, hand, volley) pourraient se tenir dans le tout nouveau Bercy et à l'Arena 92. Seule construction à prévoir : une piscine olympique, ainsi qu'un village olympique (la Seine-Saint-Denis est évoquée) et un centre des médias. 

Un budget raisonnable
Ce jeudi, Bernard Lapasset a annoncé un budget prévisionnel n'excédant pas les 4,5 milliards d'euros. Si dans les faits, le budget de départ est rarement respecté et explose au fur et à mesure de l'avancement des travaux, Paris semble avoir tiré les leçons des échecs du Comité International Olympique ces dernières années. En présentant un budget prévisionnel plus élevé que les derniers organisateurs (2,6 milliards pour Tokyo 2020, 2,1 milliards pour Rio 2016), les responsables de l'éventuelle candidature parisienne espèrent convaincre le CIO que celui-ci sera respecté. Ce qui n'a pas été le cas de Londres (2,8 milliards de prévu contre 10,5 milliards de dépenses réelles) et surtout Pékin (10,6 milliards de prévu contre 30,3 milliards de coût final). En outre, avec les polémiques liées à l'attribution des Coupes du Monde 2018 et 2022 àla Russieet au Qatar, le monde olympique pourrait être tenté de revenir à des sommes plus raisonnables, dans un monde frappé de plein fouet par la crise ces dernières années, et davantage sensible aux problématiques écologiques et environnementales. 

Un calendrier favorable à une organisation en Europe
Comme pour toutes les compétitions sportives de grande envergure, le calendrier est fixé de sorte à ce que l'ensemble de la planète soit équitablement servi. Après les Jeux de Londres, direction l'Amérique latine avec le Brésil et Rio de Janeiro l'année prochaine. En 2020, les JO mettront le cap sur l'Asie et Tokyo. Une organisation dans ces continents est donc exclue. L'Europe et l'Amérique du Nord semblent en première ligne pour accueillir les Jeux Olympiques. Et les Etats-Unis l'ont bien compris avec la candidature de Boston, dont le dossier semble très sérieux.

Les faiblesses de la candidature parisienne 

Une concurrence très élevée
Si Paris décide de se lancer dans l'aventure, le rêve d'accueillir enfin les Jeux Olympiques sera partagé par d'autres candidats dont la plupart semblent très sérieux. A ce jour, seules deux villes sont officiellement candidates : Boston (Etats-Unis) et Rome (Italie). Le rival américain parait être le plus sérieux rival pourla Franceen raison de l'importante présence de personnalités américaines dans les rangs du CIO et des moyens dont dispose la ville de la côte est. Côté italien, Rome est à surveiller, avec à la tête du dossier de candidature, l'ancien patron de Ferrari, Luca di Montezemolo. Pour le reste, comme Paris, Berlin hésite. Des candidatures venant d'Afrique du Sud, mais aussi et surtout de Bakou (Azerbaïdjan) et du Qatar sont également évoquées. 

Un budget trop raisonnable
Atout d'un certain point de vue, le budget a priori raisonnable fixé par Paris pourrait aussi s'avérer insuffisant, et le CIO se laisserai tenter par les sirènes venues du Moyen-Orient ou de Bakou. Plus à même de poser plusieurs milliards de dollars sur la table comme l'avait fait Pékin en 2008, ces destinations exotiques seraient alors en pole pour décrocher le jackpot. Car Paris, bien que déterminé à remporter le gros lot, ne pourra pas promettre un budget illimité en raison des difficultés économiques auxquelles le pays fait face.

Le poids des échecs
Après deux ratés en 2008 et 2012, les organisateurs parisiens ont-ils vraiment tiré les leçons de leurs échecs passés ? L'absence de lobbying, souvent citée comme explication principale à nos échecs, semble cette fois compensée par la figure de Bernard Lapasset, président de l'International Rugby Board, dont la voix est très écoutée dans les milieux sportifs et politiques. Mais plus récemment,la France a encore montré ses limites pour remporter l'organisation de Jeux Olympiques avec le fiasco de la candidature d'Annecy 2018, pour les JO d'hiver, où la représentation du monde sportif était quasi inexistante.

Un soutien politique timide
Alors qu'une éventuelle candidature semblait en sommeil depuis plusieurs mois, c'est François Hollande en personne qui a remis au goût du jour le dossier Paris 2024, en évoquant en direct à la télévision, devant plusieurs millions de Français, son intention de voirla Franceorganiser le plus grand événement sportif au monde. La machine enclenchée, les partisans d'un dossier parisien ont cependant vite réalisé qu'une candidature ne faisait pas consensus dans le monde politique.La Mairede Paris Anne Hidalgo, qui semble enfin se laisser tenter, a toujours publiquement affiché ses craintes et ses limites. En 2024, François Hollande ne sera plus président dela République, celui-ci ne pouvant effectuer plus de deux mandats consécutifs. En revanche, à l'heure du choix de la ville organisatrice, à Lima, pendant l'été 2017, le chef de l'Etat pourrait encore être au pouvoir s'il est réélu quelques mois plus tôt. Une élection présidentielle qui viendrait perturber le calendrier fixé par le CIO. Car à peine élu, le nouveau chef de l'Etat - si changement il y a - devra aller en personne, au Pérou, plaider la cause de Paris.

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