[Autres Sports] F. Rousseau : " Le potentiel pour décrocher six médailles "

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[Autres Sports] F. Rousseau : " Le potentiel pour décrocher six médailles "
[Autres Sports] F. Rousseau : " Le potentiel pour décrocher six médailles "
L'ancien cycliste Florian Rousseau, triple champion olympique et dix fois champion du monde sur piste, était l'invité d'Alexandre Delpérier, lundi, dans l'Access365. Désormais chargé de mission à l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), l'ex-entraîneur de l'équipe de France de cyclisme sur piste a parlé de son nouveau poste mais aussi des championnats du monde, qui se tiendront à Saint-Quentin-en-Yvelines à partir de mercredi.

Florian Rousseau, que vous reste-t-il de votre expérience en tant qu'entraîneur de l'équipe de France de cyclisme sur piste ?
J'ai adoré entraîner l'équipe de France, c'était quelque chose de différent pour moi. Même si je connaissais bien l'environnement de la piste, l'idée était de transmettre et d'apporter quelque chose à l'équipe, dans ce souci de continuer tout ce qui avait été fait auparavant. Il y a une histoire du cyclisme sur piste en France, avec beaucoup de champions olympiques. On m'a légué quelque chose et j'ai dû continuer. C'était une expérience extraordinaire, fantastique.

Après avoir été coureur, comment passe-t-on de l'autre côté ?
Je n'avais jamais entraîné auparavant, je suis tout de suite devenue entraîneur national mais il y a eu un passage de témoin entre Gérard Quintyn et moi, son expérience m'a beaucoup servi, il m'a beaucoup accompagné, il m'a aidé. C'était une sorte de compagnonnage. Alors forcément au début on est très imprégné par ce qu'on a vécu, ce qu'on a ressenti en tant que coureur, mais le but est d'essayer de prendre du recul, de se dire qu'ils ne sont pas différents de moi, qu'il faut adapter son discours et son langage pour que ce que j'ai vécu marche pour eux.

« Je souffrais du manque de communication entre politiques et techniciens »

Pourquoi êtes-vous parti, en 2013?
Après huit ans à la Fédération, je n'étais plus en phase et en accord avec le projet fédéral. Ce n'était pas un manque de moyens, il y avait une fracture entre le discours politique et celui des techniciens, sur la communication, sur la façon de partager les projets, sur la consultation pour construire des choses. On peut être opposé sur certains sujets mais la construction, portée par les politiques, doit se faire avec les techniciens, les gens de terrain. Et je souffrais de ce manque de communication. Pour Saint-Quentin par exemple, qui est une plus-value pour le cyclisme français, je ne partageais pas la même vision sur l'approche de la construction. Dans la transition entre l'Insep et Saint-Quentin, j'aurais souhaité une construction plus progressive. Le temps que tout se mette en place. Mais la Fédé a fait un autre choix et voilà. J'ai décidé de partir sur autre chose.

Ce Vélodrome de Saint-Quentin est un outil extraordinaire. Mais cela va-t-il suffire à combler le retard que la France a sur les Britanniques, comme on l'a vu aux JO de 2012 ?
Il y a d'autres choses forcément, mais le Vélodrome est important car il est au format olympique (250m) alors que l'Insep ne l'était pas (166m). Donc c'est une plus-value, on était obligé de faire des stages à l'extérieur pour travailler le côté technique. Ensuite il y a encore des choses à mettre en place. J'ai vu qu'ils ont signé un accord avec une soufflerie, mais la performance sportive dans un sport avec du matériel est de plus en plus complexe donc il y a de plus en plus de paramètres à prendre en compte.

François Pervis, qui avait remporté trois des quatre médailles d'or françaises aux derniers Mondiaux, n'est-il pas finalement l'élément performant d'une équipe plus faible ?
Sur le sprint, l'équipe de France est toujours performante. C'est en épreuve d'endurance que c'est plus compliqué. Thomas Boudat a été champion du monde de l'omnium qui est aussi l'épreuve olympique. Aujourd'hui, avec des Mondiaux en France, l'objectif du DTN est de 6 médailles. A domicile, le public pousse dans la dernière ligne droite donc il y a le potentiel pour décrocher ces six médailles. Et en endurance, Bryan Coquard, qui est vice-champion olympique, sera sur ces championnats du monde. C'est un leader dans l'équipe, il peut faire du bien.

La France n'a pas terminé première nation mondiale depuis 2004...
Ça fait plus de dix ans, ça fait mal. La domination écrasante des Anglais à Londres a été très difficile à vivre. Sept médailles d'or sur dix, c'était très difficile pour la France.

« La compétition fait partie de la vie d'une équipe »

Grégory Baugé peut-il retrouver son niveau, sa domination mondiale?
L'après-JO a été difficile pour lui, il a mis la compétition entre parenthèses pendant une année. Il est revenu en 2014, mais que sur le relai. Il a été bon, pas à son meilleur niveau, mais c'est un remarquable compétiteur qui a dans le viseur d'être champion olympique à Rio. Il a trois médailles d'argent aux Jeux, il a fait un bon début de saison avec un titre de champion d'Europe... Il a de la ressource, beaucoup d'expérience. Et des championnats du monde à domicile - il est des Yvelines-, c'est un bon test.

François Pervis peut-il le booster ?
Oui, au quotidien. François est champion du monde, Grégory l'a été plusieurs fois, ça créé de l'émulsion, ça crée une rivalité saine à l'entraînement. Il y a des tensions mais c'est normal, il n'y a de place que pour un seul numéro 1 et ils ont tous deux envie de porter ce maillot arc-en-ciel de champion du monde tout au long de l'année. Donc forcément, il y a des tensions dans le groupe, mais c'est la compétition, ça fait partie de la vie d'une équipe.

Et comment va François Pervis ?
Il a eu un hiver difficile. Il a été malade, il a chuté à Cali, mais ça va bien revenir. Il se connaît très bien et il a des objectifs pour ces championnats du monde en France. Des objectifs encore un peu plus forts qu'en championnats du monde traditionnel. Il aura du mal à aire mieux que la dernière fois puisqu'il avait décroché trois médailles d'or et deux records du monde - en altitude - et il ne court que sur ces trois mêmes épreuves. Mais je lui souhaite de confirmer ses trois médailles d'or, ce serait extraordinaire.

Laurent Gané comme nouvel entraîneur, est-ce un bon choix ? Pourquoi ?
C'est un bon choix, c'est quelqu'un de rigoureux qui ne laisse rien au hasard. Quand il était coureur aussi il était très pointilleux dans sa préparation. Et puis, il a la légitimité, il a été champion, il a une bonne connaissance aussi des aspects tactiques. Sur le sprint, sur les courses de vitesse c'était un grand tacticien. Je pense qu'il va vraiment apporter quelque chose à cette équipe.

Quels sont désormais vos axes de travail à l'Insep ?
Je travaille avec plusieurs fédérations, l'athlétisme, la natation et le pentathlon moderne notamment, et j'ai aussi un dossier où on identifie les médaillables potentiels pour Rio. Donc on veille aux conditions de préparation de ces champions identifiés. Et quand il y a besoin d'un coup de pouce, les services de l'Insep sont là.

« C'est avec les sportifs et les entraîneurs qu'il faut travailler »

Votre rôle de chargé de mission, en quoi consiste-t-il ?
Mon rôle est d'aller à la rencontre des gens, de faire le tour des déterminants de la performance car ce sont eux qui ont l'expertise de leur discipline. Mais nous, on est là pour les challenger un peu, voir où on peut les aider pour déplacer les curseurs vers des médailles d'or à Rio. Avec la MOP (mission d'optimisation de la performance des fédérations olympiques et paralympiques), nous sommes dix personnes avec un directeur, dont je suis l'adjoint. Et quand on est arrivés dans la mission, on s'est dit que la performance, ce sont les sportifs et les entraîneurs. Donc si on a un rôle à jouer, c'est avec eux qu'il faut travailler. Avec les directions techniques aussi, évidemment, mais on doit vraiment appuyer et aider les sportifs et entraîneurs qui le souhaitent.

A quand Florian Rousseau ministre des sports ?
Ce n'est pas dans mes plans (rires). J'ai toujours le contact avec le terrain, les entraîneurs, les sportifs, et c'est ce que j'aime. Une place au CIO non plus ne me tente pas. D'autant que je joue déjà un rôle à la Fédération internationale en étant président de la commission des athlètes à l'Union cycliste internationale (UCI). Le sport de haut niveau et notamment le cyclisme sur piste m'ont beaucoup apporté, donc si je peux faire profiter de mon expérience et donner un peu de tout ce que j'ai eu... J'aime ça.

Des JO 2024 à Paris, c'est important ?
C'est très, très important. Pour Paris, pour la France, pour le mouvement sportif. Je pense qu'on va y aller... Si on me demande de faire partie du projet, j'irai, bien sûr. Je l'avais fait savoir pour 2012, mais là on verra le moment venu.

 

L'Access365 est présenté par Alexandre Delpérier du lundi au jeudi de 18h à 19h30 et de 19h30 à 21h.

Sport365 est disponible sur Orange (canal 89), Free (canal 140), Numéricable (canal 157), Canal Sat (canal 124), SFR (canal 74) et Bouygues Telecom (canal 63).

 

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