[Autres Sports] Bleus / C.Huet : " J'aimerais aller jusqu'au Mondial 2017 "

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[Autres Sports] Bleus / C.Huet : " J'aimerais aller jusqu'au Mondial 2017 "
[Autres Sports] Bleus / C.Huet : " J'aimerais aller jusqu'au Mondial 2017 "
A 39 ans, Cristobal Huet est le joueur le plus âgé du groupe France dévoilé mercredi matin par Dave Henderson pour le championnat du monde en République tchèque. En conférence de presse, le dernier rempart de Lausanne, en Suisse, est revenu sur sa longévité mais aussi sur l'avenir des Bleus.

Cristobal Huet, vous étiez quart de finaliste l’an dernier, est-ce que vous sentez que vous êtes capable de le refaire ?
Oui, mais on ne se projette pas trop sur le quart de finale. On essaye de se concentrer sur le début du tournoi et le premier match contre l’Allemagne. On a trois matchs important dès le début qui vont déterminer la suite de la compétition. Si on arrive à bien gérer ces trois matchs couperets, on sera en bonne position pour se qualifier. Si on ne le fait pas, il va falloir qu’on lutte jusqu’au bout contre les grosses nations pour prendre des points et, là, ça va être plus compliqué pour nous. Ça peut donc être vite déterminant dans le tournoi.

Est-ce que ça rajoute du stress d’avoir des matchs importants dès le début ?
Non, parce qu’on est bien préparé. C’est la même chose pour les autres équipes. On sait que, chaque année, on joue un match couperet. L’année dernière, c’était le deuxième match contre l’Italie. Après, on peut louper un match et quand même jouer les quarts de finale. Enfin, quoi qu’il arrive, il va falloir qu’on batte les autres équipes. Mais plus de points on aura après ces trois matchs, mieux on sera classé.

Vous qui jouez en Suisse où les Français ont souvent été pris de haut, est-ce que vous trouvez qu’il y a plus de respect accordé à cette équipe de France ?
Oui, franchement, il y a plus de respect. Je pense qu’ils savent qu’ils ont plus de profondeur et de talent que nous. Mais avec des joueurs comme Antoine Roussel ou Stéphane Da Costa, ils ont vu qu’on était capable de jouer contre eux. Ça peut venir de différents endroits, donc je pense qu’ils se méfient de nous. Ça va être à nous de faire croire que c’est les meilleurs.

« Les jeunes ont le talent en plus »

Vous avez longtemps été le deuxième joueur français à évoluer en NHL. Aujourd’hui, il y a toute une nouvelle génération en Amérique du Nord. Est-ce que cela signifie que le hockey français s’améliore ?
Ce sont des joueurs qui ont grandi en France, qui ont fait leurs premiers pas en France. Pour nous, c’est très important d’avoir des vitrines, comme Antoine Roussel ou Pierre-Édouard Bellemare, pour nos jeunes joueurs. De savoir qu’on peut y arriver par le travail. On a pas mal de licenciés, on a de bons petits jeunes en France. Après tout dépend à quel point on veut y arriver. Mais c’est important d’avoir des exemples pour les jeunes.

Travailler très dur, ça signifie quoi pour vous ?
Antoine Roussel est parti à l’âge de 15 ans au Canada. Pierre-Édouard Bellemare est parti à 20 ans en Suède, ce n’est pas si jeune que ça. A la fin Pierre-Édouard, c’était un Suédois ou lui qui jouait, et bien il a travaillé plus dur pour que ce soit lui qui soit pris. Il s’est installé là-bas pendant un ou deux ans et quand il est arrivé en NHL, c’était le même combat mais contre un Russe, un Canadien ou un Américain. Il n’y a pas de place gratuite en NHL. Antoine, quant à lui, avait peut-être moins de talent à la base, mais son parcours est assez exceptionnel. Il a poussé pas mal de portes qui étaient fermées.

Arrivez-vous à brider le côté « chien fou » d’Antoine Roussel ou bien y arrive-t-il par lui-même ?
Son rôle n’est pas le même avec nous qu’en NHL, où il aura plus ce rôle de chien fou. Ça ne veut pas dire qu’il va se laisser marcher sur les pieds. Il sait se faire respecter et provoquer l’autre équipe. C’est un peu le joueur qu’on déteste, mais qu’on aime avoir dans son équipe. Je pense qu’il connaît bien les limites parce qu’il a appris à faire attention.

« Je suis le grand-père ! »

Comment jugez-vous l’évolution du hockey français ?
Au cours des quatre ou cinq dernières années, c’est vraiment allé dans la bonne direction. Avant, on faisait des championnats du monde où on avait du mal à trouver huit défenseurs et huit attaquants capables de jouer. Aujourd’hui, c’est dur pour les entraîneurs de faire leur équipe, parce qu’il y a plus de choix. Ça devient intéressant pour eux. Les locomotives du hockey français, on les connaît. Ce sont Laurent Meunier et Yorick Treille qui ont lancé la machine. Derrière, les plus jeunes ont repris l’état d’esprit du groupe avec le talent en plus. Maintenant, on est capable de marquer des buts, on a un bon équilibre entre l’attaque et la défense. Ça commence à devenir intéressant.

Est-ce que cette année l’absence de Pierre-Édouard Bellemare peut être préjudiciable ?
On ne peut pas dire qu’on peut se passer d’un joueur comme lui. D’autres nations peuvent se le permettre, pas nous. Mais, est-ce que ça veut dire qu’on sera en difficulté pour autant ? Je ne pense pas parce que quelqu’un prendra sa place. C’est sur qu’il est très, très bon sur les engagements. Il travaille dans les deux sens de la glace. On ne le remplace pas mais on va essayer de faire sans.

Comment vous vous situez dans cette équipe, quel est votre rôle ?
Le grand-père ! Je n’essaye pas de prendre un rôle. Je me suis toujours concentré sur mon but, qui est d’arrêter les palets. J’amène mon expérience, ma tranquillité. J’ai peut-être un petit rôle de leader. Après, on a beaucoup de leader dans cette équipe. Le principal, c’est Laurent Meunier, le capitaine.

«  Je continuerai le plus longtemps possible »

En France quand on parle de hockey, votre nom revient régulièrement. D’un point de vue médiatique,  est-ce que ça peut être utile en vue du Mondial 2017 ?
J’ai toujours dit que j’aimerais bien aller jusqu’au Mondial en France. Pour nous, c’est une chance incroyable de pouvoir montrer notre sport dans notre pays. Ça sera intéressant pour tous les supporters d’Europe et même d’Amérique du Nord de pouvoir faire les championnats du monde à Paris. A nous maintenant d’avoir les résultats pour avoir un peu d’attrait populaire, médiatique pour que ça se passe encore mieux. C’est excitant de pouvoir montrer notre sport chez nous.

Qu’est-ce qui vous donne envie de continuer ?
J’ai toujours du plaisir à jouer. Si ça avait été plus difficile pour moi je me poserais la question, mais je suis encore compétitif, donc je continuerai le plus longtemps possible. J’ai fait ça pendant une bonne moitié de ma vie, le jour où je n’ai plus envie de me lever pour aller m’entraîner, ce jour-là j’arrêterai. 

Vous commencez la compétition par l’Allemagne samedi, contre qui vous avez perdu deux fois lors de la préparation. Est-ce que ça joue sur le mental ?
Je n’étais pas en Allemagne, mais je sais que c’était assez compliqué. On avait travaillé très fort pendant deux semaines, on était à plat physiquement. Ce n’était pas nos meilleurs matchs. Mais je pense qu’ils y sont sûrement pour quelque chose. Ils sont assez gros, bien structurés, assez dur à jouer, donc j’espère qu’on aura un esprit de revanche.

 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Maître

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