[Autres Sports] Bleus / A.Roussel : " On joue notre peau "

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[Autres Sports] Bleus / A.Roussel : " On joue notre peau "
[Autres Sports] Bleus / A.Roussel : " On joue notre peau "
Depuis deux saisons, Antoine Roussel marque la NHL par son impact chez les Dallas Stars. Il est également devenu un pilier de l'effectif de Dave Henderson en équipe de France. Mardi, à quelques jours du coup d'envoi du Mondial, le joueur de 25 ans a évoqué le groupe France ainsi que sa réputation de bagarreur.

Antoine Roussel, vous avez rejoint l’équipe de France dimanche dernier pour le match amical contre la Suisse, quelles sont vos impressions ?
Je trouve qu’on a été très bon. J’étais vraiment excité d’arriver, de rejoindre l’équipe. Habituellement, j’arrivais juste pour le Mondial, je suis content de pouvoir être là en avance cette année, d’avoir fait un match amical. Ça nous permet de créer des automatismes avec certains joueurs. Habituellement, j’ai toujours du mal à commencer mais je finis en force les tournois. Là, j’espère être au top tout de suite, surtout que nos trois matchs sont très importants (ndlr : Allemagne, Suisse et Autriche).

Avez-vous l’impression d’avoir pris plus de responsabilités dans cette équipe ?
Oui, un petit peu. Je joue sur la première ligne, chose que je ne fais pas forcément à Dallas. C’est d’autres responsabilités, elles sont plus offensives. Quand je viens en équipe de France, j’ai surtout du plaisir, et c’est ça qui est important. J’essaye de garder cette philosophie, car ça fonctionne bien. Ici j’ai un rôle différent par rapport à la NHL, mais après ça ne change pas ma façon de jouer. Je reste un joueur agressif qui marque des buts, qui n’est pas forcément en finesse. Même si je change de rôle, c’est important que je reste le même joueur, sans ça je ne performe pas.

Vous avez la réputation d’être un bagarreur, est-ce que c’est une image qui vous dérange ?
Ce sont les gens qui ne connaissent pas le hockey qui considèrent que je suis juste un bagarreur. C’est pour ça que je suis content de jouer en équipe de France et de montrer autre chose. Montrer que je suis quelqu’un qui en veut surtout, qui peut marquer des buts. Pour moi c’est important de changer cette image.

Est-ce que le style bagarreur, c’était une façon de décrocher votre contrat avec Dallas ?
Ce n’était pas pour me montrer, c’est ma façon de jouer. C’est ce qui m’a permis d’atteindre le niveau pour jouer dans la meilleure ligue au monde, d’avoir un rôle assez important à Dallas. Ce n’était pas du cinéma, c’est vraiment mon style de jeu d’avoir une bonne agressivité. Cette saison, j’ai l’impression d’avoir trop souvent franchi la limite. Vis-à-vis de mon coup de crosse (ndlr : geste sur Adam McQuaid qui lui avait valu deux matchs de suspension), c’est plus de la malchance, je ne voulais pas du tout faire ça. Je voulais surtout me protéger. Je suis vraiment content qu’il ne se soit pas blessé.

Comment jugez-vous votre évolution depuis votre arrivée à Dallas ?
J’ai l’impression que cette année, le bilan de ma saison est mitigé. L’année dernière, j’avais la position de l’outsider, cette année c’était à confirmer. On dit qu’il y a souvent un syndrome de la deuxième année, je m’y étais préparé, c’est pour ça que j’ai l’impression d’avoir fait un très bon début de saison. Mais en janvier, je me suis un peu écarté de mon style de jeu et ça m’a frappé de plein fouet. Pour le moment je suis encore jeune, j’ai seulement 25 ans. J’ai encore toute ma carrière pour apprendre de mes erreurs.

« J’ai toujours voulu montrer l’exemple »

Pour revenir sur votre arrivée en équipe de France, comment avez-vous trouvé vos partenaires physiquement ?
Les gars ont hâte que ça commence. Ils sont anxieux, ils en ont marre de la préparation. Ils ont envie de jouer pour de l’enjeu, de marquer des buts, acquérir des victoires qui ont de la valeur. L’absence de Pierre-Édouard Bellemare peut nous porter préjudice. C’est un gros joueur pour notre équipe, des joueurs de sa qualité sont extrêmement rares. Il apporte beaucoup à cette équipe. C’est un leader incontesté, il a des attributs techniques que peu de joueurs ont dans le groupe. Il joue aussi en NHL (ndlr : à Philadelphie), où il s’y est établi comme un très bon joueur défensif. Je vais jouer en première ligne avec Julien Desrosiers qui est aussi un très bon joueur. Il domine le championnat de France, année après année. C’est un joueur très technique, je pense qu’on va bien se compléter tous les trois avec Stéphane Da Costa

Est-ce que vous avez le sentiment d’être davantage attendus cette année ?
J’espère qu’on n’aura pas le syndrome de la deuxième année. Les bonnes performances amènent plus de compétitivité, maintenant c’est à nous de faire face à ces équipes. Mais pour faire aussi bien que l’année dernière (ndlr : quart de finale), on aura besoin de la même attitude, de la même hargne et de la même combativité.

Vous avez l’impression d’avoir un rôle à jouer pour conserver cette même attitude ?
J’ai toujours voulu montrer l’exemple sur la glace, sans forcément être quelqu’un de vocal. Certains ont déjà ce rôle de leader, comme Laurent Meunier ou Yorick Treille qui ont eu des très belles carrières. De mon côté, je veux juste travailler fort, et montrer ce que je suis capable de faire. Cette année les attentes sont plus élevées, ce qui est normal. L’année dernière, on a fait un Mondial assez exceptionnel. Cette année il faut qu’on arrive avec la bonne attitude, avoir le couteau entre les dents pour avoir le destin entre nos mains.

« Je suis fier de dire que je suis Français »

La plupart des joueurs parlent du maintien...
C’est exactement ça, on va jouer le maintien. Nos deux, trois premiers matchs vont être déterminants. Le défi pour nous c’est de faire de bonnes performances, c’est ancré dans les esprits, et c’est normal car on joue notre peau à chaque Mondial. Le but de notre équipe c’est de progresser chaque année, pour pouvoir un jour jouer le haut du tableau, tout en restant humble, et en travaillant.

Vous mesurez le chemin que vous avez parcouru depuis quelques années ?
J’essaye de ne pas regarder en arrière. Je pense que la retraite est faite pour ça. Pour l’instant, je veux continuer à m’améliorer, à gagner des coupes le plus rapidement possible. J’ai faim de ça. Par contre, je suis fier de dire que je suis Français. On n’est que deux en NHL avec Pierre-Édouard Bellemare qui nous représente très bien. D’ailleurs c’était agréable de jouer contre lui, on avait mangé ensemble la veille, je lui avais dit : « il n’y aura pas d’amis sur la glace ». C’est le business.

La provocation verbale fait partie de votre jeu, est-ce que c’est quelque chose que vous pratiquez au niveau international ?
Ça fait partie de mon jeu, quand j’arrive en équipe de France, je ne change pas. Je ne cherche pas à devenir quelqu’un d’autre. Alors oui, je parle. En anglais, parce que c’est la langue internationale, donc quand je joue c’est en anglais que je m’exprime. Après, parler aux adversaires, ça vient naturellement, je ne dépasse pas les limites non plus.

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