[Autres Sports] Bilan : Les flops de la saison 2014

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[Autres Sports] Bilan : Les flops de la saison 2014
[Autres Sports] Bilan : Les flops de la saison 2014
De l'échec cuisant de Ferrari aux difficultés de Renault en passant par les mésaventures de Sauber, retour sur ceux qui ont marqué la saison 2014... et qui auraient sans doute préféré s'abstenir.

Renault, une transition ratée
Dominateur lors de la première ère du moteur turbo en F1 dans les années 1980, Renault espérait maintenir l'hégémonie vue ces quatre dernières saisons avec Red Bull Racing à l'occasion du retour de ce type de motorisation. Mais rien ne s'est passé comme prévu pour le motoriste français et ce, dès les premiers tours de roues des monoplaces équipées par l'Energy-F1 2014. A l'intersaison, Red Bull Racing, Toro Rosso ou Lotus avaient eu toutes les peines du monde à boucler un nombre significatif de tours pour aider l'usine de Viry-Châtillon à améliorer son moteur. Malgré les coups d'éclat de Daniel Ricciardo, 2014 restera une année manquée pour Renault qui a vu sa crédibilité sur le marché de la F1 remise lourdement en cause, au point de perdre à nouveau un client. AprèsWilliams, qui a préféré s'allier à Mercedes en raison du coût trop important du moteur Renault, c'est Lotus qui récupérera le bloc allemand en 2015, tant pour réduire la facture que pour retrouver de la performance. Combien de fois avons-nous entendu Romain Grosjean, pourtant proche de la marque française, se plaindre de son moteur à la radio ? Bien trop souvent ! 2015 sera une année cruciale pour Renault, qui s'est profondément remise en cause, acceptant de déléguer le développement des systèmes hybrides à Red Bull Technology, mais aussi en attirant un des spécialistes les plus renommés en ce qui concerne le moteur turbo, Mario Illien. Renault a du pain sur la planche, et 2015 pourrait être une nouvelle année de transition avant des lendemains meilleurs.

Ferrari, une saison manqué sur et en dehors de la piste
Un seul maigre podium pour Fernando Alonso, voilà le palmarès de Ferrari lors de cette saison 2014. Cela faisait des années qu'on n'avait pas vu une saison à tel point manquée du côté de Maranello. Un châssis plus que perfectible, un moteur insuffisamment performant, réputé trop « petit » et peut-être même trop gourmand en carburant, un pilote phare (Alonso) démotivé par des années d'échec(s) et un revenant (Raikkonen) au style de pilotage impossible à concilier avec la voiture... Il n'en fallait pas plus pour plonger Ferrari dans le marasme. Mais il a fallu ensuite que des dissensions internes éclatent au grand jour. A peine deux Grands Prix et le patron de la Scuderia, Stefano Domenicali, était poussé vers la sortie, remplacé par Marco Mattiacci, dont la connaissance de la F1 était infime, lui qui est plus habitué au business en tant qu'ancien patron de la branche nord-américaine de la marque italienne. Et on a ajouté à ça le départ précipité mais attendu de Luca di Montezemolo, le président de Ferrari ! Face à tant de remue-ménage, Fernando Alonso a préféré partir avant le terme de son contrat pour, sans doute, tenter le pari Honda avec McLaren. On se dit que Ferrari ne pourra pas faire pire et les tifosi veulent y croire. 2015 verra un nouveau cycle s'ouvrir à Maranello avec une refonte de l'ingéniérie, l'arrivée de Sebastian Vettel, qui se veut un Michael Schumacher bis, autour duquel la Scuderia va se reconstruire, presque renaître de ses cendres. Reste que cela devrait prendre du temps, les premiers échos sur la monoplace 2015 n'étant pas positifs, chose dont l'Allemand aurait été informé et qui n'aurait pas freiné son envie de suivre les traces de son idole d'enfance. Avec Kimi Raïkkönen, Sebastian Vettel formera un duo de pilotes assez particulier, mais sans une voiture performante, ils ne pourront sans doute pas aller bien loin.

Lotus, une saison à vite oublier
S'il y a une écurie qui a perdu ses illusions en 2014, c'est bien Lotus. Habituée depuis deux saisons à se battre pour des victoires et même à lutter pour le titre mondial, l'écurie d'Enstone a multiplié les mauvais choix, les décisions contraintes et les problèmes techniques. Le premier problème de Lotus a longtemps été d'ordre financier. En effet, la F1 coûte très cher et Genii Capital, propriétaire de l'écurie, a longtemps cherché un soutien financier supplémentaire... mais en vain. Avec le départ de Kimi Räikkönen vers Ferrari, Lotus en a profité pour prendre un « pilote payant » en la personne de Pastor Maldonado, certes vainqueur à la régulière d'un Grand Prix en 2012, mais qui est plus renommé dans le paddock pour ses accidents et sa valise de billets que pour ses talents de pilote. On l'a vu, et l'image fait partie des temps forts de la saison, à Bahreïn quand il a envoyé la Sauber d'Esteban Gutierrez faire un tonneau. En plus d'un moteur Renault anémique et peu fiable, le châssis de l'E22 a été complètement loupé par les ingénieurs d'Enstone, faisant de la monoplace un enfer à régler et à piloter pour Romain Grosjean, dont la démotivation était de plus en plus palpable en fin de saison. Bref, une saison 2014 à oublier pour Lotus qui compte se relancer en 2015 avec un châssis dont le développement prendra en compte les erreurs de la E22 et, surtout, le moteur Mercedes qui propulsera la monoplace avec plus de performance et de constance. En tout cas, on l'espère pour Romain Grosjean, qui mérite mieux que les maigres huit points qu'il a marqués cette saison.

Sauber, la descente aux enfers
Une des écuries installées dans le paddock de la F1 est de plus en plus en difficulté. Nous parlons de l'écurie suisse Sauber, qui se battait encore pour des victoires il y a deux saisons. Depuis, l'écurie dirigée par Monisha Kaltenborn est au bord du gouffre sur le plan financier et les résultats ne sont plus au rendez-vous. Dire que Marussia, qui n'a jamais été réputée pour ses performances en piste et qui ne sera pas au rendez-vous en 2015, a marqué plus de points que Sauber en 2014 ! C'est une chose que personne n'aurait pu prévoir au début de la saison. Cela vient d'un manque de financement pour assurer un développement continu de la monoplace, condition sine qua non pour briller et perdurer en F1. Pour survivre, Sauber compte attirer de généreux sponsors et, pour cela, la solution est simple : attirer des pilotes payants, mais pas forcément performants. Les titulaires la saison prochaine, Marcus Ericsson et Felipe Nasr, ont même dû payer leur volant en avance pour que Sauber paye ses factures, dont celles envers Ferrari, son motoriste. Ce qu'il va aussi falloir à Sauber dès 2015, c'est une monoplace performante pour marquer des points et exister au classement constructeurs, qui permet de toucher de l'argent venant de la FOM. Rien n'indique que Sauber ne soit pas au départ du Grand Prix d'Australie 2015 mais rien n'est sur au vu du climat économique qui règne sur les petites écuries de F1. Et Sauber devra aussi régler son problème de pilotes car en plus d'Ericsson et de Nasr, van der Garde et Sutil sont toujours sous contrat. Quatre pilotes pour deux baquets, c'est franchement trop !

Ecclestone et la FIA, pas toujours inspirés
Le dernier flop de cette saison, il sera pour « Mister E », Bernie Ecclestone en personne ! Le grand argentier de la F1 avait déjà des ennemis dans le paddock, et il s'en est fait de nouveau. Dès le début de la saison, il n'a cessé de critiquer la nouvelle motorisation en vigueur en F1, des V6 turbo hybrides, même si elle est une absolue nécessité pour assurer la pérennité du sport, les anciens V8 étant trop gourmands en carburant et trop polluants. Il est parvenu à rallier à sa cause certains promoteurs de Grands Prix, inquiets que le bruit plus feutré de ces nouvelles motorisations ne fasse fuir les fans. En fin de saison, face aux difficultés financières croissantes, « Mister E » s'est même permis de dire qu'il ne pouvait rien y faire alors que la redistribution des bénéfices liés à l'activité F1 est répartie de manière inéquitable, et que cela est lié aux Accords Concorde que la FOM, c'est à dire lui, signe avec l'ensemble des écuries. Bernie Ecclestone n'a pas connu une belle saison 2014, et on l'entend déjà se plaindre de nouveau des moteurs version 2015 ! On en profitera aussi pour critiquer le « Groupe Stratégique » de la F1 mis en place par la FOM et la FIA, composé de représentants de certaines écuries et autres parties prenantes du sport, qui a eu bien des idées fumeuses depuis plus d'un an. Si l'idée de doubler les points de la dernière manche était louable pour tenter de conserver un semblant de suspense jusqu'au bout de la saison, d'autres étaient à la limite d'être dangereuses. Que ce soit l'idée de faire des départs arrêtés après l'intervention de la voiture de sécurité ou d'interdire les couvertures chauffantes du jour au lendemain pour des pneus qui ne sont pas fait pour... On ne peut que se réjouir que ces idées soient finalement retoquées en vue de la saison 2015 !

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