[Autres Sports] Bernard Lapasset : " Ce vote est une consécration, un encouragement "

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[Autres Sports] Bernard Lapasset : " Ce vote est une consécration, un encouragement "
[Autres Sports] Bernard Lapasset : " Ce vote est une consécration, un encouragement "
Président du Comité français du sport international et de World Rugby, Bernard Lapasset se réjouit du vote favorable du Conseil de Paris ce lundi pour la candidature aux JO 2024. Reste désormais à convaincre un plus grand nombre de Français... et bien sûr le CIO.

Bernard Lapasset, quelle est votre réaction après ce vote du Conseil de Paris favorable à la candidature de la capitale aux JO 2024 ?
C’est une consécration, une façon de reconnaitre le travail qui a été fait pendant presque un an autour de la pré-candidature. Les acteurs du monde sportif se sont mis en évidence sur le rapport qui a été proposé et les élus de la Ville de Paris reconnaissent ce travail comme un élément de participation active à un projet qui engage Paris et l’ensemble de la France. Ce vote-là est extrêmement fort, c’est un encouragement pour entrer dans la deuxième phase de façon encore plus active et déterminée.

Ce vote change quoi concrètement ?
C’est d’abord une façon claire de dire au CIO : Paris a marqué son attachement fort à la candidature. On est aujourd’hui dans un lien direct entre Paris et le CIO. Il y avait un certain nombre de communications qui avaient peut-être un peu faussé cette relation. Aujourd’hui, on a le sentiment que Paris est de nature à rentrer complètement dans la phase de prospective et de pré-candidature, pour arriver à l’accord final qui permettra, avec l’accord du gouvernement, de faire cet acte de candidature de façon officiel.

E si le Conseil de Paris avait dit non ?
Je crois qu’à partir du moment où la Ville refuse, il aurait été difficile d’aller plus loin. On était conscient que c’était un acte politique, mais on avait vraiment beaucoup travaillé avec Anne Hidalgo sur ce dispositif. Le fait de solliciter les Parisiens dans chaque arrondissement était un élément fort de première consultation. Ça a été très significatif, car une très large majorité des Franciliens avaient soutenu la candidature de Paris. Ce vote confirme de façon très officielle l’adhésion des Parisiens.

Pourquoi les Verts ont-ils voté contre cette candidature ?
J’ai expliqué notre position en matière de dossier technique, que ce soit à l’Assemblé nationale ou au Sénat. Et les Verts ont toujours pris le principe de dire : sur la façon de procéder, nous sommes contre les grandes organisations, nous ne souhaitons pas soutenir les grandes organisations qui sont de nature à être extrêmement complexes pour pouvoir aborder les problèmes liés à l’environnement. Par contre, ils nous ont dit : « Si, dossier par dossier, au cours de vos différentes études, vous avez des approches à nous proposer, nous serons très heureux d’y participer pour amener notre soutien à votre approche qui vise à l’amélioration de l’environnement des Franciliens et des Parisiens. »

« Les Jeux paient les Jeux, c’est un principe qui ne coûte pas un sou au contribuable »

Anne Hidalgo veut organiser une grande consultation des Parisiens, y êtes-vous favorable également ?
Nous sommes en concertation depuis un an, avec notamment douze ateliers de travail, et on souhaite l’approfondir. Pour gagner une candidature, trois éléments jouent : la cohésion du projet, la forme d’expression et de participation des acteurs sportifs, et l’unité et la force d’approbation des Français. La Ville aura sa forme de communication, d’ouverture de discussions, nous aurons la nôtre également. Nous participons conjointement à la Ville à des tours de table très complets, en Île-de-France, mais aussi sur la façade maritime puisque nous aurons des compétitions sur la mer. La consultation est permanente, ça fait partie vraiment de notre ADN. Un dossier de candidature ne peut pas se faire s’il n’y a pas l’adhésion des Français. Il faut qu’on crée cette force nécessaire pour donner à ce dossier une force qui sera peut-être déterminante dans le vote final du CIO.

61% des Parisiens se disaient favorables aux JO 2024 dans un dernier sondage, c’est assez peu…
C’est déjà beaucoup. Vous savez, Tokyo, à deux ans de la décision (ndlr : pour les JO d’été 2020), ils étaient à 10%, mais ils ont continué. Nous sommes en avance sur le planning. A nous de convaincre, lors de cette deuxième phase. Nous avons les acteurs sportifs, territoriaux et économiques avec nous.  Il faut mener ce combat sur le plan du territoire, pour arriver de façon unie, solidaire et forte devant les membres du CIO et les convaincre un par un de voter pour Paris.

Les Français qui sont défavorables ont peur de devoir payer pour ces JO…
(sourires) On est sur une forme de communication sur ce sujet qui mérite encore beaucoup d’attention. Il faut éviter de simplifier, de schématiser, de globaliser. Il faut rester précis lorsqu’on parle d’argent, ce sont des sujets qui fâchent. Je le dis toujours : concernant les Jeux Olympiques eux-mêmes, les Jeux paient les Jeux, et je le répéterai tout au long de la campagne, car c’est le vrai message qu’il faut porter. Il restera ensuite tout ce qui est hors COJO (ndlr : Comité d’organisation des Jeux Olympiques), ce qui concerne l’aménagement des structures régionales. C’est ce qu’a fait Sotchi. Le président Poutine a décidé d’améliorer considérablement la zone pour en faire un site touristique pour l’ensemble des Russes. Ce n’était pas du tout lié aux Jeux, ça a coûté énormément d’argent, mais c’était un choix politique. Il faut bien se mettre en tête que les Jeux, dans leur application, la mise en route des compétitions, l’accueil des athlètes, des visiteurs, des partenaires..., ce sont des éléments qui sont pris totalement en charge par le CIO - qui donne beaucoup d’argent - par les spectateurs qui viennent au stade, et par les partenaires officiels de la compétition. Les Jeux paient les Jeux, c’est un principe qui ne coûte pas un sou au contribuable. Il y a une petite partie qu’il faut quand même signaler, c’est qu’il y aura des aménagements pour tout ce qui concerne les Paralympiques, car on a beaucoup de retard en France sur l’accueil et le mieux-vivre de toutes les personnes handicapées. Là-dessus, il y aura du budget de l’Etat et des villes.

« Ne comptez-pas sur moi pour dire du mal du voisin »

Quelle est la suite du programme désormais ?
D’abord, mercredi, je réunis la nouvelle association (ndlr : Ambition olympique) qui vient d’être formée, qui va préfigurer le Comité d’organisation que nous aurons la chance, j’espère, de mettre en œuvre assez rapidement après le mois de septembre. Avec Madame Hidalgo, Monsieur Kanner, Monsieur Huchon et Denis Masseglia, le président du CNOSF, et tous les membres de cette association, nous allons travailler sur l’agenda. Cet agenda porte sur trois domaines : la gouvernance, le contenu du projet en travaillant avec les maires pour savoir où on peut placer telle ou telle épreuve sportive, et la consultation et la communication pour entrer en contact avec tous les Français. On veut donner aux Français les éléments de référence de ce que sera ce projet, et ce que seront les années qui viennent, qui vont forger une nouvelle génération. On souhaite donner du sens à cette nouvelle génération. On parle encore des JO d’Albertville, et on parlera encore des JO 2024 si on a la chance de les gagner.

Il va désormais falloir mobiliser le monde sportif, ce qui n’avait pas vraiment été le cas pour Paris 2012…
J’ai toujours cette image de Jean-François Lamour, qui représentait les athlètes pour la campagne de 2012, mais il n’avait pas de soutien du monde sportif derrière. Il s’est retrouvé un peu isolé. Ce sont des hommes comme ça qu’il faut qu’on continue à trouver, à aider. On aura besoin de plus en plus d’athlètes pour porter ce projet. Mais il faut trouver de la disponibilité car ce sont deux ans de campagne.

Surveillez-vous les autres candidatures (ndlr : Rome, Boston, Hambourg notamment) ?
Un petit peu, pour ne pas dire beaucoup (sourires). Il faut être vigilant. Ne comptez pas sur moi pour dire du mal du voisin, ce n’est pas mon style, ma façon de faire. L’adversaire est toujours là pour gagner. Il ne faut pas se leurrer, se laisser emporter par la situation des uns ou des autres. Chacun sera déterminé, chacun aura ses atouts pour gagner. Il faut se concentrer sur ce qu’on peut faire de mieux, pour avoir le petit grain de folie qui fait la différence, l’idée qui germe et qui arrive à maturité au bon moment. Ce sont des éléments qui font la réalité du travail et c’est palpitant et passionnant.

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