[Autres Sports] Benjamin Kayser : " Faire table rase du passé "

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[Autres Sports] Benjamin Kayser : " Faire table rase du passé "
[Autres Sports] Benjamin Kayser : " Faire table rase du passé "
Placé sur le banc des remplaçants lors des deux premiers tests-matchs, Benjamin Kayser, talonneur du XV de France, est revenu pour nous sur la rencontre qui attend les Bleus, samedi au Stade de France, face à l'Argentine. Un match que le joueur de Clermont espère bien débuter en tant que titulaire.

Benjamin Kayser, comment avez-vous trouvé la dernière séance d'entraînement axée principalement sur la touche ?
C'est une séance de routine. On a l'habitude de travailler de la sorte en club. « Globus » (Aksventi Giorgadze, ancien talonneur) vient souvent nous rendre visite, cela se passe bien. C'est un échange de technicien, dans la mesure où il ne se prend pas pour un grand sorcier. Il amène sa méthode, ses conseils et après on en fait ce qu'on veut. Je pense que c'est très positif. Constructif même. Il est précis dans sa manière d'aborder la construction des entraînements. On bosse beaucoup mieux quand il est là pour nous donner ses petits conseils, donc pour l'instant ce n'est que du bon.

Peut-on parler de travail spécifique, basé sur la répétition, comme le fait le botteur ?
Voila, c'est la même chose. Pour le lancer en touche, il y a 30% de psychologique. Quand on parle de maturité au poste, c'est cela : la gestion du stress, la gestion du contre. Ensuite, c'est la répétition du geste parfait qui fait que, dans les moments difficiles, on peut se réfugier dans notre petite bulle. Et cette habitude, elle se travaille aux entraînements pendant la semaine.

« Dans la victoire, on peut vraiment devenir des potes »

Comment se passe la concurrence avec Guilhem Guirado pour le poste de talonneur ?
C'est une concurrence qui fait avancer tout le monde. Evidemment, j'aurais préféré avoir le numéro 2 dans le dos pour les deux premiers tests-matchs. Mais j'ai essayé de me concentrer sur mes entrées afin d'apporter un maximum. En étant tout à fait honnête et sans aucune langue de bois, le plus important est que l'équipe gagne. On est dans la construction d'un groupe. L'objectif est d'accrocher de belles victoires à notre tableau de chasse. Franchement, j'ai été tout aussi content de finir le match contre l'Australie et que nous gagnions. Après, cette semaine est une autre semaine et j'espère de tout c½ur avoir ma chance. Pour l'instant je ne sais pas ce qu'il en sera, mais je bosse dur pour cela. La concurrence avec Guilhem ne me pose aucun problème.

Devenir le numéro 1 au poste reste toutefois un objectif, non ?
Ce n'est pas être numéro 1, mais plutôt débuter les matchs. Je me base surtout sur le travail réalisé en une semaine. Il n'y a pas de statut définitif, j'espère juste entamer le match. C'est notre objectif à tout les deux, ce qui ne nous empêche pas de travailler en bonne intelligence.

Quelle saveur ont ces deux dernières victoires face aux Fidji et l'Australie ?
J'essaye surtout de me concentrer sur le groupe et pas seulement sur ce qui peut être dit autour. La vérité du groupe, c'est qu'on ne s'est jamais cachés derrière nos défaites dans les moments difficiles. Quand on a joué les Blacks ou les Sud-africains, on a été les premiers à dire qu'on était tombés sur meilleurs que nous, ou que la performance n'avait pas été à la hauteur. La boîte à excuses n'a jamais été sortie pour dire qu'il y avait des erreurs d'arbitrage, etc. Maintenant, on a aussi toujours été les premiers à croire en ce groupe parce que l'état d'esprit est bon. Cela peut paraître secondaire, mais pour nous c'était primordial. Si dans la défaite on ne se tirait pas des balles, dans la victoire on peut vraiment devenir des potes. Cette mentalité a créé une sorte de ciment dans le groupe et cela fait du bien. Je pense aussi que le discours tenu lors des stages préparatoires a été de faire table rase du passé. On était conscient de nos difficultés et on savait donc sur quoi travailler. Il faut désormais des victoires. De temps en temps, le manque d'automatisme est compensé par l'enthousiasme et l'envie. C'est ce qu'il s'est passé sur ces deux premiers matchs.

« L'Argentine, la quintessence de la mêlée à huit »

Craignez-vous les Argentins en mêlée fermée, secteur où ils sont particulièrement performants ?
En ce moment, l'Argentine c'est même clairement la meilleure mêlée au monde. Ils se frottent régulièrement aux meilleurs dans le Four Nations (Nouvelle-Zélande, Afrique du sud et Australie) et les mettent en difficulté. Ce n'est pas donné à tout le monde. Je connais très bien le pilier gauche Marcos Ayerza, pour avoir joué avec lui à Leicester. Un mec absolument excellent. Tous ensemble, ils ont su trouver la quintessence de la mêlée à huit. Leur effort collectif est magnifique. C'est un sérieux défi que de se confronter aux meilleurs, on va le prendre comme cela.

On a eu tendance à critiquer cette mêlée pour sa roublardise. Redoutez-vous cet aspect ?
Je pensais que ce mot était plutôt utilisé pour qualifier l'équipe de France... Non, ils ont toujours cette culture, cet amour fou pour la mêlée, mais c'est la base. Ils y mettent beaucoup de c½ur et d'importance. Sur les vidéos qu'on a pu voir, il n'y a pas d'histoire de roublardise, d'erreurs d'arbitrage. Il s'agit uniquement de puissance pure et de qualité de leur part. C'est un grand rendez-vous et il me tarde d'y être.

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