Automobile : une rentrée encore sous le signe des bonnes affaires

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egd/shutterstock.com
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(AFP) - En dépit des espoirs de stabilisation, la crise qui frappe depuis plusieurs mois le secteur automobile européen n'a pas fini de faire des heureux parmi les consommateurs, qui profitent de généreuses ristournes consenties par les constructeurs.

Les bonnes affaires devraient notamment être au rendez-vous à la faveur du salon de l'automobile de Francfort, du 12 au 22 septembre, au cours duquel les constructeurs prévoient de présenter une kyrielle de nouveaux modèles, les incitant à casser leurs prix pour écouler leurs stocks anciens face à une demande toujours atone.

"Comme le marché est en situation de surcapacité et que les constructeurs essayent de maintenir leurs parts de marché, il y a énormément de rabais, ce qui fait que quasiment toutes les marques généralistes perdent de l'argent en Europe", explique Yves Lacroix, analyste chez l'assureur-crédit Euler Hermes.

Et "dans un contexte de marché encore déprimé en 2013, nous ne nous attendons pas à une baisse de la pression sur les prix", ajoute une porte-parole du groupe Renault.

Le constructeur français Citroën propose ainsi sa citadine C1 au prix de 7.990 euros, après déduction d'un "bonus écologique" de 200 euros auquel s'ajoute une "prime verte" de 3.710 euros pour la reprise d'un véhicule de plus de huit ans.

Du côté des routières, l'américain Ford met, lui, en avant un rabais de 4.110 euros sur son modèle Fiesta, incluant une prime de 1.000 euros en cas de reprise d'un ancien véhicule et 1.000 euros supplémentaires si ce véhicule a plus de 10 ans, ce qui mène à un total de 9.490 euros.

L'allemand Volkswagen, qui se défend régulièrement de casser ses prix, n'échappe pas à cette tendance. Pour l'achat de son modèle familial Passat, il reprend un ancien véhicule au prix de l'argus, assorti d'une prime de 1.500 euros et d'une remise supplémentaire de 1.000 euros, soit un prix de départ fixé à 22.030 euros.

Des offres parfois spectaculaires

En parallèle des traditionnels rabais, certains constructeurs n'hésitent pas à innover de manière parfois spectaculaire pour séduire la clientèle.

Le sud-coréen Kia propose ainsi la gratuité de l'entretien du véhicule pendant sept ans pour l'achat de son monospace Carens. Son compatriote Hyundai assure ses clients français contre une perte de travail, via une indemnisation mensuelle pouvant aller jusqu'à 300 euros et un service de conseil personnalisé pour retrouver un emploi.

Ces pratiques commerciales agressives restent difficiles à chiffrer car elles sont multiformes. Selon l'Observatoire Cetelem 2013 consacré au marché automobile européen, elles permettent aux ménages de réduire en moyenne de 11% le prix d'achat d'une voiture neuve.

Les difficultés économiques en zone euro et la montée du chômage dans plusieurs pays "impactent directement le moral des ménages qui, dans ce contexte, sont peu enclins à engager des dépenses importantes" avec pour effet de reléguer au second plan des critères tels que la sécurité, le design ou le confort, analyse Cetelem.

Selon les analystes, le marché européen devrait reculer de 5% en 2013.

Un recul qui frappe de plein fouet les véhicules de milieu de gamme, qui ont bénéficié de l'ajout de nombreuses innovations ces dernières années. Résultat: des modèles trop chers par rapport aux capacités financières de la clientèle.

Longtemps protégé, le haut de gamme a lui aussi moins bien résisté en 2013 et n'est plus immunisé contre une guerre des rabais. "Ce segment ne se tient plus aussi bien, il y a désormais différentes formes de remise, comme par exemple, l'introduction de modèles d'entrée de gamme beaucoup moins chers que par le passé", souligne Bernard Jullien, directeur du groupe d'étude Gerpisa.

En revanche, certaines branches du marché automobile restent épargnées par cette situation. "Les véhicules low-cost rencontrent une demande encore forte et dynamique chez les particuliers. On est plutôt en situation de sous-capacité, c'est donc un segment qui a moins besoin que d'autres de brader ses véhicules", remarque cet analyste.

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