Automobile : le prix des pièces détachées s'envole en France

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L'Autorité de la concurrence constate une hausse du coût des pièces de carrosserie en France. L'institution ouvre un débat public avant d'établir ses recommandations, attendues pour juillet prochain.

Le constat de l'Autorité de la concurrence est clair: depuis 1998, la France est le seul pays européen où le prix des pièces de rechange pour l'automobile a augmenté, en euros constants. La hausse dans l'Hexagone atteint 8%, quand le prix de ces pièces recule de 5% en Allemagne et en Espagne, et de près de 15% au Royaume-Uni et en Italie.

L'une des principales causes de cette envolée tient au monopole des constructeurs sur les pièces de carrosserie en raison d'une disposition législative ancienne relative au droit de propriété sur les dessins et modèles. Sur ces pièces, les prix en France sont supérieurs de 6 à 15% par rapport aux pays où ce monopole n'existe plus. «Cela représente un gain supplémentaire de 200 à 250 millions d'euros pour les constructeurs», précise Bruno Lasserre, président de l'Autorité de la concurrence.

En juillet dernier, cette autorité a décidé de mener une enquête sectorielle sur la réparation automobile. «L'objectif est de réaliser un diagnostic sur la situation concurrentielle d'un secteur, précise Bruno Lasserre. Il ne s'agit pas d'une procédure contentieuse, mais elle peut déboucher sur des recommandations.»

«Nous émettons des doutes»

Ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. En effet, l'autorité a décidé d'ouvrir une consultation publique sur ce sujet, afin de permettre à l'ensemble des acteurs de la filière de faire valoir leurs arguments. «Les constructeurs mettent en avant régulièrement la menace que ferait peser sur les emplois cette mise en concurrence», explique Bruno Lasserre. En clair: une invasion de pièces de carrosserie fabriquées dans les pays à faible coût de main-d'œuvre.

Problème: la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne et même l'Allemagne - même si dans ce pays il s'agit plus d'un engagement des constructeurs que d'un cadre légal -, ont mis en place une clause de concurrence portant sur ces pièces de carrosserie. Et l'impact sur l'emploi semble peu évident. «Nous émettons des doutes sur certains arguments avancés, détaille d'ailleurs Bruno Lasserre. Le but du débat public est précisément de faire le point sur les conséquences de cette clause de concurrence chez nos voisins.»

C'est maintenant aux constructeurs de prouver que leurs avertissements ne relèvent pas seulement d'un lobbying bien mené mais reposent sur des faits établis. L'Autorité de la concurrence ne voit pas cette décision comme une manière de botter en touche: «Modifier la situation actuelle nécessite des modifications législatives. Il est clair que le Parlement ne se réunira pas entre aujourd'hui et le mois de juillet, date à laquelle nous rendrons nos conclusions définitives et nos recommandations.» Ce sera alors au tour des parlementaires de se saisir du sujet.

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  • berco51 le mercredi 11 avr 2012 à 16:42

    Pour ma part j'ai décidé depuis quelques temps de me fournir ailleurs que chez les concessionnaires au grand bénéfice de mon portefeuille sur les pièces non captives

  • khmane08 le mercredi 11 avr 2012 à 15:48

    la France n'aura plus de constructeur auto dans 10 ans. Ils s'envoleront aussi.

  • rleonard le mercredi 11 avr 2012 à 15:25

    et qui dit augmentation anormale des prix de pieces détachées, surtout de carrosserie, dit automatiquement augmentation des assurances. Toujours de même cochon de payeur. Y en a marre...