Automobile-Le Pakistan tente de séduire les investisseurs

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 (Actualisé avec la déclaration de Suzuki) 
    par Drazen Jorgic 
    ISLAMABAD, 6 mai (Reuters) - Le Pakistan tente d'attirer des 
constructeurs automobiles tels que Renault et Nissan par le 
biais de droits à l'importation attrayants mais les convaincre 
de bâtir des usines sur place est une autre paire de manches au 
vu des sérieux doutes planant sur la stabilité politique et la 
sécurité du pays sur le long terme. 
    Le Pakistan veut remodeler un marché de l'automobile dominé 
par des constructeurs japonais tels que Toyota  7203.T , Honda 
 7267.T  et Suzuki  7269.T , dont les voitures montées sur place 
sont vendues à un prix relativement élevé tout en étant 
dépassées techniquement par les véhicules importés. 
    Pour ce faire, le gouvernement doit convaincre les 
industriels que le pays a tourné la page d'une décennie de 
troubles économiques et des attaques en série des taliban 
pakistanais. 
    Le Pakistan jouit de sa plus forte croissance économique 
depuis huit ans, sa monnaie stable face au dollar et les taux 
d'intérêt n'ont jamais été aussi bas depuis 42 ans, autant 
d'arguments à présenter aux investisseurs internationaux pour 
les dirigeants d'un pays de près de 200 millions d'habitants. 
    "Nous pensons qu'un ou deux investisseurs étrangers 
viendront au Pakistan", a dit à Reuters Miftah Ismail, président 
du Board of Investment du Pakistan. 
    Il a précisé qu'il avait eu des discussions avec Renault 
 RENA.PA  et avec Nissan  7201.T . Il a également rencontré des 
responsables de Fiat Chrysler Automobiles  FCHA.MI  en avril et 
a eu des entretiens avec Volkswagen  VOWG_p.DE . 
    Une source proche de Renault a dit que le Pakistan, entre 
autres pays, était à l'étude pour un nouvel investissement dans 
la production, ajoutant que les discussions avaient tout juste 
commencé. Renault, dans un courriel, précise qu'il n'y a aucune 
annonce à faire pour le moment. 
    Jonathan Adashek, porte-parole de Nissan, a déclaré: "Le 
Pakistan est certainement un marché intéressant pour nous", 
ajoutant que rien n'avait encore été décidé.    
    Malgré tous les avantages proposés, le Pakistan aura du mal 
à sceller des accords en raison d'une stabilité politique remise 
en question par des putschs en série, réussis ou avortés, depuis 
l'indépendance du pays. 
    En outre, la menace d'attaques d'insurgés, les taliban en 
particulier, opposés au gouvernement d'Islamabad, reste élevée, 
en dépit de l'engagement de l'armée depuis des années. 
    "Il y a du potentiel au Pakistan, c'est indubitable", dit 
Puneet Gupta, associé du consultant IHS Automotive. "Mais nous 
avons vraiment le sentiment que, sur une perspective de moyen à 
long terme, le Pakistan n'est pas dans une condition de relative 
stabilité." 
    Les investisseurs risquent aussi d'être dissuadés par un 
marché de l'automobile pakistanais qui n'a représenté que 
180.000 véhicules vendus durant l'exercice 2014-2015, alors que 
l'Inde absorbe plus de deux millions de voitures de tourisme par 
an. 
    "Le marché pakistanais n'est pas assez grand", résume 
Mumshad Ali, président de la Pakistan Association of Automotive 
Parts. 
    Selon lui, la nouvelle politique du gouvernement n'est pas 
assez énergique pour attirer de nouveaux constructeurs et elle 
ne propose pas de moyens d'augmenter la demande, par le biais de 
la fiscalité indirecte par exemple. 
    Pour Mumshad Ali, les constructeurs déjà présents dans le 
pays n'apprécient guère qu'Islamabad courtisent d'éventuels 
nouveaux venus, estimant qu'ils pourraient être pareillement 
encouragés à construire de nouveaux sites et à moderniser les 
usines existantes. 
    Les associés locaux de Toyota et Honda n'ont pas répondu aux 
sollicitations de Reuters. Suzuki s'est dit prêt à investir 460 
millions de dollars au Pakistan, en créant notamment un nouveau 
site, si Islamabad proposait les bonnes incitations.  
    Miftah Ismail a dit que les nouveaux investisseurs 
pourraient importer les machines destinées aux usines sans 
droits de douane. Les droits sur les pièces détachées importées 
seraient fixés à 10%, alors qu'ils sont de 30% pour les 
constructeurs déjà implantés. 
    Certains Pakistanais se plaignent des prix élevés et de la 
qualité des voitures produites localement qui souvent sont 
dépourvues d'airbags, de système anti-blocage ABS et d'autres 
caractéristiques devenues la norme ailleurs. 
    La voiture la moins chère, la Suzuki Mehran, vaut 650.000 
roupies pakistanaises (5.437 euros), soit le double environ du 
prix du modèle comparable vendu en Inde.     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 

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