Autolib? va devoir changer de nom

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Autolib? va devoir changer de nom
Autolib? va devoir changer de nom
Inauguré en décembre dernier, le système de location de voitures décarbonées en libre-service a été adopté par quarante-six communes d'Île-de-France. Mais à peine son nom commence-t-il à devenir familier des habitants qu'il va falloir le changer?

Un coup dur pour le groupe Bolloré et la Mairie de Paris, sans lesquels ce dispositif destiné à lutter contre la pollution atmosphérique en Île-de-France n'aurait jamais vu le jour, et a contrario une victoire pour l'entreprise Europcar, pour qui le nom « Autolib' » ressemble trop à celui de sa marque « Autoliberté ». Celle-ci a en conséquence déposé plainte en décembre 2009 pour « contrefaçon » et « concurrence déloyale », rappellent nos confrères du Figaro, mais fut déboutée par le Tribunal de grande instance de Paris (TGI), lequel a considéré en mars 2011, soit neuf mois avant le lancement du dispositif, que « la ville n'a fait que suivre une logique intellectuelle de rattachement au service proposé sous la marque Vélib' pour désigner des services similaires à ceux proposés pour les vélos aux utilisateurs d'automobiles ».

Un point de vue que la cour d'appel, qui s'est prononcée vendredi dernier, n'a pas partagé, estimant pour sa part recevable la requête d'Europcar. Elle a donc « fait interdiction à la Ville de Paris d'utiliser, à l'avenir, la marque Autolib' dans le délai d'un mois à compter de la signification de l'arrêt », rapporte un communiqué de presse de la municipalité cité par le quotidien.

Trois mille voitures électriquesBolloré en circulation d'ici la fin de l'année

Cette décision, la mairie refuse de s'y plier. Aussi va-t-elle se pourvoir en cassation et « examiner toutes les procédures d'urgence possibles pour que le service public d'Autolib' de voitures propres en libre-service ne subisse pas d'entraves majeures ». Un changement de nom impliquerait il est vrai des dépenses non négligeables sachant que le groupe Bolloré, qui fournit les Blue Cars électriques, mais aussi les bornes de recharge, a déjà consenti un investissement de deux cents millions d'euros, dont la moitié en coûts d'exploitation.

Cinq cents stations sont par ailleurs actuellement en service et cinq cents autres devraient être inaugurées d'ici octobre, tandis que trois mille voitures électriques Blue Cars seront mises à disposition des usagers franciliens avant le 31 décembre. Vu le précédent Vélib', l'autre grand pilier de la politique municipale de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports, la logique voudrait qu'Autolib', système qui ne fait pas l'unanimité, n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière, mais dont le succès va crescendo, conserve son nom.

Désormais, c'est cependant Europcar qui tient la corde.
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