Australie : Pocock, le sérial gratteur

le
0
Australie : Pocock, le sérial gratteur
Australie : Pocock, le sérial gratteur

Dans le sillage de son troisième ligne David Pocock, l'Australie réalise jusque-là une Coupe du monde parfaite. Samedi, le flanker repositionné numéro 8 sera l'un des facteurs clés de la finale contre les All Blacks.

David Pocock est avant tout un miraculé. Avec deux graves blessures au genou en 2013 et 2014, la Coupe du monde ne semblait être qu’un rêve lointain. Quand il est rappelé par le nouveau sélectionneur Michael Cheika pour préparer le Rugby Championship l’été dernier, le joueur des Brumbies a vu la concurrence lui passer devant, que ce soit Michael Hooper, Scott Fardy ou Ben McCalman.

Mais après seulement quatre matchs dont deux titularisations, le voici indiscutable pour le Mondial anglais lors duquel il inscrit un doublé face aux Fidji pour l’entrée en lice des Wallabies dans la compétition. Et ce n'est pas le contretemps écossais qui l'a ralenti. « Après la blessure qu’il a eue (ndlr : touché à un mollet, il a manqué le quart de finale contre l’Écosse), on n’imaginait pas qu’il pourrait jouer 80 minutes à ce niveau, s’est réjoui le sélectionneur australien après la demi-finale victorieuse face à l’Argentine. Il est très fort sur les ballons au sol, en défense, dans ce type de jeu-là. Et on veut l’utiliser comme ça. »

Il ne joue pas à son poste avec les Wallabies…

Avec quatorze ballons grattés depuis le début de la compétition, David Pocock est le meilleur dans ce domaine, si précieux dans le rugby moderne. Et pourtant, il ne joue pas à son poste habituel. Flanker de formation, il évolue au poste de numéro 8 avec les Wallabies. Un poste où il pourrait faire figure d’intrus sur la scène internationale, tant les autres 8 de haut niveau (Read, Parisse, Picamoles) ont davantage un profil de coureur ultra-physique. Avec 115 kg sur la balance, Pocock (27 ans, 1,87m) n’a pourtant pas à rougir de ses performances. Bien au contraire. Avec Fardy et Hooper à ses côtés, l’Australie dispose peut-être de la meilleure troisième ligne du monde.

Quand on demande au gaillard ses souvenirs de Coupe du monde, il évoque immédiatement 1995. « J’ai des souvenirs de grands moments passés à regarder du rugby. Je pense à la finale de 1995 (où l’Afrique du Sud avait battu la Nouvelle-Zélande). Enfant, ça m’avait marqué. » Nul doute que depuis dimanche soir il doit rêver de se trouver à la place de François Pienaar soulevant le Trophée Webb Ellis, et pour parvenir à ses fins il jettera toutes les armes dans la bataille : « En tant que joueur, on n’a pas envie de se laisser submerger par l’émotion. On reste concentrés sur le fait que c’est simplement le match suivant sur la liste. On ne pense à rien d’autre. C’est le genre de choses sur lequel on revient après, c’est là qu’on réalise le moment spécial que c’a été. » « Spécial », également un bon terme pour décrire Pocock.

Cyril Camacho (avec JFP à Londres)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant