Australie-BHP et Rio Tinto mis en cause sur leur fiscalité

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MELBOURNE, 10 avril (Reuters) - BHP Billiton BHP.AX BLT.L a dû s'expliquer vendredi au Sénat australien sur son refus de dévoiler le montant des profits qu'il a réalisés à Singapour et celui des impôts qu'il y paie, dans le cadre d'une vaste enquête sur les pratiques fiscales des multinationales. BHP et Rio Tinto RIO.AX RIO.L , les deux plus grands groupes miniers d'Australie, s'emploient actuellement à défendre le recours à des filiales commerciales à Singapour, soupçonnées de leur permettre de réduire leur impôt dans leur pays d'origine. Ils justifient l'existence de ces sociétés par la proximité avec leurs grands clients asiatiques et l'accès à une main d'oeuvre qualifiée. L'Australian Financial Review avait rapporté mardi que les deux groupes parvenaient chaque année à économiser plus de 750 millions de dollars australiens (528 millions d'euros) en impôts en transférant une partie de leurs bénéfices vers des filiales commerciales à Singapour. "Le fait est que le travail réalisé à Singapour ne pourrait pas raisonnablement l'être ailleurs", a déclaré le directeur général de Rio Tinto Australia, Phil Edmands, devant une commission sénatoriale vendredi. "Singapour est considéré comme une place neutre entre l'acheteur et le vendeur." BHP a refusé de préciser le montant des profits réalisés à Singapour et de dire si le fisc australien lui réclamait des impôts liés à ces bénéfices. "Il s'agit d'un dossier en cours, nous ne souhaitons pas faire de commentaire", a dit Jane Michie, la directrice de la fiscalité de BHP Billiton, ajoutant que BHP était en discussion avec le fisc au sujet des prix de transfert pratiqués pour les transactions impliquant Singapour. De son côté, Rio Tinto a précisé qu'il n'était pas visé par un redressement fiscal et que ses activités commerciales et de courtage basées à Singapour avaient réalisé 719 millions de dollars de profits, imposées à 5% par le fisc singapourien. BHP a expliqué que ses comptes n'étaient pas organisés sur le même modèle et que ce type d'informations était commercialement sensible, des arguments visiblement peu appréciés par les sénateurs. "Si c'est commercialement sensible pour vous mais pas pour votre concurrent assis à côté de vous, est-ce que cela ne rend pas vos arguments ridicules?", a ainsi demandé l'élu Nick Xenophon, à Tony Cudmore, le directeur des affaires générales de BHP. (Sonali Paul, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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