Aurore Martin va être libérée sous caution à Madrid

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AURORE MARTIN VA ÊTRE LIBÉRÉE SOUS CAUTION À MADRIDonne
AURORE MARTIN VA ÊTRE LIBÉRÉE SOUS CAUTION À MADRIDonne

BORDEAUX (Reuters) - La militante basque française Aurore Martin, incarcérée en Espagne depuis début novembre, va être remise en liberté par les autorités judiciaires espagnoles contre le versement d'une caution de 15.000 euros, a déclaré vendredi son avocate.

La remise en liberté pourra être effectuée dès le versement de la caution que la famille et les soutiens tentent de réunir, "entre samedi et le 26 décembre", a précisé Me Amaia Recarte.

"Les banques ferment à 14h00 samedi, les tribunaux sont fermés, et rien ne dit que les magistrats de permanence pourront régler ce dossier", a-t-elle dit à Reuters.

La décision de remise en liberté a été prise vendredi par les magistrats de l'Audience nacional, la plus haute juridiction espagnole.

Me Recarte a précisé que la libération de sa cliente ne serait effective qu'après versement de la caution en espèces et enregistrement d'un domicile en Espagne.

"Il s'agit d'une adresse pour recevoir les convocations, ce qui ne lui fait pas obligation d'habiter en Espagne. Elle n'est pas interdite de franchir la frontière", a-t-elle expliqué.

"Elle aura également pour obligation de pointer chaque début du mois au tribunal le plus proche de son domicile officiel en Espagne", a-t-elle ajouté.

BATASUNA LANCE UNE COLLECTE DE DONS

Aurore Martin, 33 ans, a été interpellée le 1er novembre par la gendarmerie lors d'un contrôle routier qualifié de fortuit à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), en exécution d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne le 13 octobre 2010 et validé le 16 décembre suivant par la justice française.

Elle a été remise aux autorités judiciaires espagnoles qui l'ont placée en détention le lendemain. La justice espagnole lui reproche ses liens avec le parti indépendantiste Batasuna, illégal dans ce pays car considéré comme lié à l'organisation politico-militaire ETA, mais légal en France.

Les faits qui lui sont reprochés sont d'avoir participé à des réunions publiques de l'organisation et d'être l'auteur d'un article d'opinion qu'elle avait écrit pour le quotidien basque espagnol Gara et publié le 11 janvier 2008.

Cette arrestation a soulevé de nombreuses protestations au Pays basque et au-delà, le gouvernement français ayant été mis en cause dans sa volonté de remettre une ressortissante française à l'Espagne, ce que les autorités françaises n'ont cessé de nier, soulignant qu'il s'agissait d'une décision de justice.

Batasuna se réjouit dans un communiqué d'"une très heureuse nouvelle" mais dénonce une caution "qui s'apparente à une rançon de la part de l'Etat espagnol".

"Aurore sort mais il reste encore 600 prisonniers politiques basques éparpillés aux quatre coins des prisons françaises et espagnoles", ajoute l'organisation.

Batasuna a lancé une campagne de dons pour réunir la caution de la jeune femme le plus vite possible. Des points de collecte seront mis en place samedi matin à Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Claude Canellas, édité par Sophie Louet

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